La distribution de son livre est sans doute la seule vraie différence entre le mode d’édition traditionnel et l’autoédition. Le travail d’écriture est similaire et, malgré ce que beaucoup croient encore, la charge de vendre son livre et d’appliquer une stratégie marketing revient majoritairement à l’auteur dans les deux cas.

En ce qui concerne la distribution cependant, c’est une autre affaire. Les maisons d’édition bénéficient de réseaux, de distributeurs, de transporteurs et de commerciaux qui font du porte-à-porte dans les librairies pour placer des commandes. L’auto-édité, quant à lui, dispose d’un ordinateur, d’une connexion internet et du C15 de son papy André.

Autant dire que les moyens ne sont pas comparables et l’auto-édité doit faire preuve d’ingéniosité s’il veut que son livre soit visible pour ses lecteurs.

Mais d’abord, je me présente…

Car non, ce n’est pas Thibault qui écrit ces lignes. Mon nom est Jérôme Vialleton et, comme Thibault, je suis écrivain et blogueur.

Auteur de romans pour enfants et de nouvelles fantastiques, j’ai décidé d’autoéditer mes livres pour rester libre de mes choix et garder le contrôle sur mes œuvres de l’écriture jusqu’à la vente.

Passionné d’histoires et de marketing digital, je donne chaque semaine des conseils pour écrire, publier et vendre son livre sur mon blog ecrire-et-etre-lu.com.

Ma devise ? « On n’est jamais mieux servi que par soi-même »

Je la mets en application à chaque étape de la création de mes livres, y compris pour leur distribution.

Dans ce qui suit, je vous donne toutes les pistes à connaître pour distribuer son livre quand on est autoédité.

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Distribuer son ebook

Je commence avec le plus simple lorsqu’on est auto-édité : le format numérique.

Le plus simple parce que, lorsque vous disposez de votre livre sous la forme d’un fichier au bon format (epub ou mobi) et d’une couverture qui accroche, vous avez tout ce dont vous avez besoin pour mettre votre livre en ligne.

Pas besoin de contrat avec un imprimeur, de lieu de stockage, de politique de retour et de visite à la Poste du quartier pour expédier votre bébé dans une enveloppe matelassée. Une fois qu’il est en ligne, vous n’avez plus à vous occuper de sa distribution.

Les marketplace

Les marketplace (ou place de marché en bon français) sont des sites commerciaux qui fournissent, via des tiers, des produits ou des services. En d’autres termes, ils servent d’intermédiaire entre le producteur (vous) et le client (le lecteur).

Le plus connu de ces marketplace est, bien sûr, Amazon. Première librairie de France, le géant américain représente à lui seul 50 % du marché du livre dans l’hexagone et 80 % aux États-unis. Autant dire que, si vous voulez distribuer votre livre, la plate-forme de Jeff Bezos est un incontournable.

(Lisez l’article de Thibaut : « L’édition chez Amazon KDP »)

Bien sûr, Amazon n’est pas le seul marketplace en France. Il existe d’autres géants comme Kobo (filière de la Fnac), iBook (la plate-forme Apple) ou Lulu qui offrentpresque la même visibilité pour peu que votre communication soit efficace.

KDP Select

« Presque », car Amazon garde un atout dans sa manche. Il s’agit du programme KDP Select.

KDP Select est un contrat de trois mois totalement optionnel sur lequel vous pouvez vous engager à n’importe quel moment. Ce programme vous offre la possibilité de :

1 — Organiser une opération de promotion sur votre livre pour booster vos ventes.

Très utile après le lancement de votre livre. Organiser une petite promo de temps en temps vous permet de relancer vos ventes à rythme régulier.

2 — Organiser une opération de gratuité sur 5 jours maximum.

Cela peut paraître contre-productif aux premiers abords, mais le jeu peut en valoir la chandelle si vous écrivez une série. Offrir le premier tome pour permettre aux lecteurs de découvrir la série et les inciter à acheter les volumes suivants est une opération très rentable.

3 — Enfin, et c’est là que je voulais en venir, votre roman fera partie des livres empruntables par les abonnés de Kindle Unlimited.

Chaque mois, les abonnés KU payent un abonnement de 10 euros pour pouvoir lire autant de livres qu’ils veulent. Ces livres disponibles pour les abonnés sont empruntables sur la boutique Kindle d’Amazon qui reverse ensuite une commission aux auteurs sous la forme d’une redevance pour chaque page lue.

Il faut savoir que les abonnés Kindle Unlimited sont des gloutons de lecture. Ce sont des consommateurs féroces qui lisent plusieurs livres par semaine. Être « empruntable » sur Amazon est donc une bonne façon d’être distribué directement auprès de ces lecteurs insatiables.

La contrepartie à tout cela ? L’exclusivité. Pendant les trois mois de votre partenariat avec KDP Select, vous ne devrez distribuer votre ebook nulle part ailleurs que sur Amazon. À la fin des trois mois, vous pouvez rester dans le programme ou décider de le quitter.

Mots-clés et catégories

Le challenge, lorsque vous distribuez votre livre sur une marketplace, c’est de ne pas vous retrouver noyé au milieu des milliers d’autres romans qui sont publiés chaque jour.

Pour cela, vous devez optimiser le référencement de votre livre, c’est-à-dire faire en sorte qu’il fasse partie des premiers résultats qui apparaîtront à l’écran lorsque quelqu’un tape un mot dans la barre de recherche.

Un bon référencement s’obtient en choisissant minutieusement les mots-clés et les catégories liés à votre roman.

Ce n’est pas le sujet de cet article, aussi je m’arrêterai là. Si vous voulez en savoir plus vous pouvez lire « Mots-clés et catégories Amazon : comment les choisir »

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Publishdrive Distribution.

Si passer du temps à publier votre livre sur des marketplace vous ennuie, il existe une solution pour vous simplifier la vie : Publishdrive Distribution.

Ce site (en anglais) vous propose de lancer toutes vos publications depuis un seul endroit, vous évitant ainsi de passer du temps sur chaque plate-forme.

Téléchargez votre roman avec sa couverture, choisissez les marketplace sur lesquels vous voulez voir apparaître votre roman et Publishdrive se charge de le mettre en ligne pour vous. Amazon, Kobo, iBook, Googleplay, Libri, Bookline, Lira… vous pouvez être présent sur toutes ces plateformes en un seul clic.

Évidemment, on n’a rien sans rien et Publishdrive est bien une société commerciale. L’accès à ce service vous coûtera une commission de 10 % sur toutes vos ventes.

Distribuer son livre papier

« C’est bien tout ça, mais moi je veux aussi voir mon livre dans les rayons des librairies »

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Défi - Treizième histoire - Jessica l'infidèle.

Bien sûr, c’est le rêve de beaucoup d’auteurs que de pouvoir toucher leur roman et de faire défiler les pages sous leur doigt en se disant « C’est moi qui l’ai fait ». Je vous rassure, je suis pareil. 😉

De plus, beaucoup de lecteurs sont encore très attachés au format papier. Les Français sont collectionneurs, et ils aiment voir les tranches de livre s’aligner les unes à côté des autres sur les rayonnages de leurs étagères.

Alors, comment faire pour distribuer son livre papier quand on est auto-édité ?

Les marketplace

Eh oui, encore eux !

Je commence à nouveau par cette méthode, car, pour les ebooks comme pour les livres papier, cela reste le moyen le plus simple et le plus économique de publier et de distribuer son roman.

Pourquoi ? Parce que les marketplace vous donnent un accès simple et rapide à un service d’impression à la demande.

L’impression à la demande est une petite révolution dans le monde de l’édition. Cela consiste tout simplement à imprimer l’exemplaire d’un livre après qu’il ait été commandé par le lecteur.

L’avantage pour vous ? Il est énorme.

Avec un imprimeur traditionnel, vous devez lancer la commande de plusieurs centaines d’exemplaires de votre roman pour bénéficier de tarif intéressant. Vous devez donc faire une avance financière importante. Il vous faut ensuite trouver l’endroit pour stocker tous ces livres, puis choisir un expéditeur (La Poste par exemple) et le payer à chaque fois que quelqu’un vous commande un exemplaire. Tout cela sans parler du risque que vous prenez si vous n’arrivez pas à vendre votre stock.

C’est très cher, risqué et incroyablement lourd à gérer.

En passant par un marketplace comme Kobo ou Amazon, vous n’avez rien à faire. Le client clique sur le bouton « Acheter », le prestataire imprime l’exemplaire commandé et l’envoi via son service de transport.

Pas d’avance financière. Pas de stock. Pas de stress.

Vous avez même la possibilité de commander des « exemplaires auteur ». Ces copies, strictement identiques à celles commandées par les acheteurs, sont facturées à prix coûtant et sont à l’usage unique de l’auteur.

Vous pouvez en faire l’acquisition pour les offrir à votre entourage ou pour démarcher…

Les librairies

C’est ici que l’autoédition montre encore des limites par rapport à l’édition traditionnelle. Ne disposant pas de réseaux de distribution et de légitimité commerciale, l’auteur auto-édité doit lui-même démarcher les libraires afin de leur proposer de laisser son livre en dépôt-vente.

Le dépôt-vente est, d’après moi, une offre des plus honnêtes, car le libraire ne prend aucun risque. Vous laissez un certain nombre d’exemplaires qu’il met en rayon dans sa boutique. À chaque fois qu’il vend votre roman, le libraire encaisse une commission variant de 30 à 40 %. Au bout d’une période préalablement définie, vous récupérez les invendus et le montant des ventes (moins la commission évidemment).

Le libraire a encaissé un chiffre d’affaires sans rien débourser et sans prendre le risque d’avoir des invendus. De votre côté, vous avez le plaisir de voir votre livre en librairie et vous avez réalisé quelques ventes.

Sur le papier tout est parfait, malheureusement ce n’est pas toujours aussi simple…

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Les 3 types de libraires

Pour moi, il existe trois types de libraires :

D’abord, il y a les grands groupes commerciaux (Fnac, Cultura, Espace culturel). Ils sont là pour faire du chiffre et se moquent totalement que vous soyez auto-édité, à compte d’auteur ou que vous ayez imprimé votre livre dans la cave de papy André.

Toutes les grandes enseignes ne font pas de dépôt-vente, mais quand c’est le cas, les choses sont généralement carrées et tout se passe bien.

Ensuite, il y a les libraires indépendants ouverts et souriants qui comprennent où est leur intérêt. Les auteurs locaux font généralement venir du monde en boutique (les amis, la famille). Ils le savent et ils vous accueillent chaleureusement.

Un petit problème comptable est toujours à craindre au moment de vous reverser l’argent de vos ventes, mais c’est plutôt rare.

Enfin, il y a ceux qui n’ont pas compris que le monde change et qui considèrent qu’un auteur auto-édité n’est pas un « vrai » auteur. Ils vous lancent un regard méprisant quand vous prononcez le mot « autoédition » et vous répondent qu’ils ne mangent pas de ce pain-là.

Fort heureusement, la 3e espèce est en voie d’extinction, mais il en existe encore. Si vous avez une âme sensible, soyez-y préparé.

Les séances de dédicace

C’est probablement ce que je préfère dans la vente de mes livres.

Que cela se passe en librairie, pendant un salon ou dans la galerie d’un centre commercial, les séances de dédicace représentent une occasion en or pour rencontrer des personnes incroyables et avoir un vrai contact avec ses lecteurs.

Je ne peux que vous conseiller de faire une dédicace au moins une fois dans votre vie. Vous ne le regretterez pas.

Bien sûr, cela demande un certain savoir-faire et un minimum de technique. Les auteurs qui passent la journée assise sur une chaise à regarder les gens passer en gardent rarement un bon souvenir. J’imagine qu’ils voient ça comme un mal nécessaire, pour moi c’est un vrai plaisir.

Si vous allez vers les gens et cherchez leur contact, vous vivrez une expérience incroyable tout en vendant quelques dizaines de livres.

Si vous êtes en quête de conseils pour préparer une séance de dédicace et connaître mes trucs pour vendre un maximum de livres en une journée, lisez les articles « Réussir sa séance de dédicace »

La boutique en ligne

Ceux qui connaissent mon blog le savent, je pense qu’un auteur DOIT avoir son site internet. C’est un outil indispensable pour créer son lectorat et se construire une communauté de fans qui vous suivront quoique vous fassiez.

L’une des nombreuses possibilités d’un site auteur est d’installer une boutique en ligne. En faisant ainsi vous devenez totalement autonome dans la distribution de vos romans. Vous supprimez les intermédiaires comme Amazon ou Publishdrive et vous vendez directement vos livres à vos lecteurs.

Cette méthode a des inconvénients. Vous devez gérer toute la logistique en termes d’approvisionnement et d’expédition et vous vous privez de l’énorme trafic dont bénéficient les marketplace (votre site n’aura jamais autant de visiteurs qu’Amazon).

D’un autre côté, cela vous permet de fédérer vos lecteurs autour de la vitrine qu’est votre site auteur en leur proposant des prestations qu’ils ne trouveraient pas ailleurs : une dédicace personnalisée, un marque-page. Vous êtes également libre d’organiser autant de promotion que vous le souhaitez et vous n’avez pas de commission à payer à un quelconque intermédiaire.

Pour finir, j’ajouterai qu’aucune des méthodes citées ci-dessus n’est exclusive (à part la promesse d’exclusivité de KDP Select). Rien ne vous empêche d’avoir une boutique en ligne en plus d’une page de vente sur Amazon et de faire des dédicaces les week-ends.

Le plus important est sans doute de ne pas vous forcer à aller sur une voie qui ne vous correspond pas. Les grands timides détesteront sans doute les bains de foule dans les librairies et les allergiques aux nouvelles technologies ont des poussées d’urticaires en entendant les mots « référencement » ou « boutique en ligne ».

Ce n’est pas grave. Spécialisez-vous dans ce que vous aimez le plus et prenez du plaisir à le faire. Après tout, c’est pour cela que nous écrivons, non ? Pour se faire plaisir.

Je remercie Thibault pour son invitation et j’espère que vous aurez apprécié cet article, un peu long certes, mais que j’ai voulu aussi complet que possible.

Avant de partir, dites-moi quelle méthode vous plairait le mieux d’après vous et pourquoi ? Nous sommes tous différents, c’est le moment pour vous de nous montrer en quoi. Dites-le-nous dans les commentaires.

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