Salut les passionnés ! Cette semaine on va parler du protagoniste. Plus communément appelé le « héros ».

Vous allez voir que là encore, il est possible de créer des protagonistes formidables assez simplement, tout comme il est possible de se planter dans les grandes largeurs en voulant en faire trop.

On va faire le tour du sujet, ce qu’il est indispensable d’avoir et ce qui est sage d’éviter.

Le protagoniste, qui est-il ?

Quelle est la définition du « protagoniste » ? C’est une question importante, car si on veut les réussir, c’est bien de savoir précisément de quoi on parle.
Protagoniste vient du Grec « πρωταγωνιστής » « protagonistís »

C’est le personnage qui joue le rôle principal, celui qui est sur le devant de la scène. Je suis assez d’accord avec cette définition. Mais être au premier plan ne suffit pas à faire de son personnage un protagoniste intéressant. C’est un début, mais ça ne le rend pas inoubliable pour autant.

Voyons déjà l’erreur la plus répandue en matière de création de protagonistes.

L’exemple le plus frappant : Avengers !

Si vous avez vu les films Avengers, vous avez une idée précise de ce qui ne marche pas avec les protagonistes.

(Je ne vous parle pas des histoires individuelles de chaque super héros comme Iron Man, Thor, Hulk, Captain America et tout le reste de la clique, non. Je vous parle bien de Avengers, le film où ils sont tous réunis.)

Le héros indestructible

Un héros indestructible, ça ne fait pas un bon protagoniste. S’il y a une chose à retenir de cet article, c’est bien ça. Un héros indestructible ne fait pas un bon protagoniste, bien au contraire !

Voici comment se planter jusqu’au bout : il s’agit d’avoir un personnage, prêt à affronter mille dangers. Il a un passé de tueur à gages ? De superhéros ? De maître de kung-fu ou il possède d’autres performances martiales ? C’est fait, vous avez perdu l’opportunité d’avoir un protagoniste inoubliable.

Je le répète, ça ne peut pas marcher comme ça.

La technique du « Prince charmant » de Disney qui affronte sans peur le dragon pour sauver la princesse, c’est une méthode répandue, et pourtant, elle ne marche pas.

Pourquoi ça ne marche pas ?

Le fait d’avoir un héros qui tabasse joyeusement tout le casting sans jamais lui-même se faire blesser pose un problème de réalisme, mais ce n’est pas ça le problème majeur. C’est surtout qu’en faisant ça, vous créez un personnage indestructible. Et votre lecteur ne peut pas avoir peur pour un personnage indestructible, c’est logique après tout, il n’y a aucune raison d’avoir peur.

J’en reviens aux Avengers, ce n’est vraiment pas pour critiquer, je ne suis pas moi-même capable de réaliser une œuvre rencontrant autant de succès, pourtant je maintiens mon point de vue : les superhéros indestructibles ne font pas de bons protagonistes.

Dans Avengers, nous avons des personnages qui font des démonstrations de puissance pendant 2h. Tout le casting passe sur scène et s’affrontent à coup de marteau nommé Mjöllnir, d’armures volantes qui font des boules de feu supersoniques, des missiles de croisière qui pulvérisent des buildings entiers…

Et on n’a pas un seul blessé !

Alors certes, ce sont des super héros, d’accord, mais au final, on n’a aucune crainte pour eux pendant les combats. C’est quand même navrant de passer 2h devant un film sans avoir une once d’émotion pour nos personnages vous ne trouvez pas ?

Alors vous me direz que Avengers c’est surtout pour le côté effets spécial qu’on y va. Dans ce cas, c’est réussi il n’y a rien à dire, c’est super beau.
Mais si on s’intéresse à la tension dramatique pour en faire un roman, ça ne marchera pas. Tout simplement puisqu’on n’aura pas peur pour lui.

J’en parle longuement dans mon premier article, mais pour attacher votre lecteur à votre personnage, celui-ci doit souffrir.

(Voir l’article en question)

Comment faire un bon protagoniste ?

Dans ma manière de voir les choses, un héros réussi n’a pas besoin d’être super fort, super intelligent, blindé de testostérone et muni d’une armure volante de gadgets ou de missiles en tout genre.

Pas du tout ! Figurez-vous que pour qu’un protagoniste soit réussi, il a besoin d’être normal ! Un simple type normal qui n’a rien de particulier.
Il peut être timide et introverti, il peut ne pas savoir se battre ni même savoir parler aux dames, il fera un protagoniste tout à fait intéressant …

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… à condition qu’il souffre !

Prenons un personnage sans histoire, il n’a aucun talent particulier en apparence. Disons un jeune homme de 17ans. Confrontez-le ensuite à de la souffrance et obligez-le à réagir pour survivre. S’il souffre, il va devenir intéressant pour votre lecteur qui sera curieux de savoir comment il va s’en sortir. Dès que c’est fait, votre lecteur voudra connaître la fin de votre histoire.

À partir de là, vous n’avez plus qu’à dérouler les évènements. Lorsqu’il n’a plus d’autres choix, votre personnage fera preuve de courage pour surmonter les difficultés, et là il devient un véritable héros. C’est à ce moment-là qu’il va observer, apprendre et évoluer.

Cette évolution va lui permettre alors de surmonter les difficultés de plus en plus grandes d’une manière … Héroïque.

Non pas grâce à ces 20ans de kung-fu pratiqué dès son plus jeune âge, non ! Il va devenir héroïque en utilisant ce qu’il a appris pendant votre histoire.

Pourquoi un personnage qui évolue intéresse ?

Le fait d’avoir un personnage qui découvre le monde, qui apprend et qui évolue pousse le lecteur à s’identifier à lui.

Personne n’aime apprendre inutilement, pourtant tout le monde aime tirer profit de l’expérience acquise. Dans les films d’arts martiaux, il y a très souvent une scène où le personnage encore jeune et inexpérimenté se confronte à des personnages secondaires.

Des bandits qui attaquent une épicerie ? Un gang de délinquants qui s’en prennent à une femme en détresse ? C’est l’occasion de tester ses nouvelles compétences martiales ! Pourquoi cette scène revient tout le temps ? Simplement pour montrer que l’apprentissage porte ses fruits ! Et ça fait plaisir à voir il faut bien l’avouer !

Mettre en scène un personnage ouvert, prêt à apprendre et qui exploite cet apprentissage pour surmonter la difficulté force le respect.

Le héros montre l’exemple. C’est en ça qu’il est héroïque.

Bien entendu, il faut rester cohérent. Si votre méchant est un kickboxeur triple champion du monde, il faut savoir s’adapter.

Notre adolescent de 17ans qui n’a jamais fait de sport n’aura aucune raison de gagner contre un homme de 40 ans qui a pratiqué le Muai Thai pendant 30ans.

Par contre, en connaissant son adversaire, peut-être réussira-t-il à lui dire le mot qui fera changer d’avis son rival ? Peut-être deviendront-ils amis ?
En agissant avec courage et en le regardant dans les yeux, votre personnage de 17ans ne peut-il pas réussir à faire la paix avec cet ennemi ? Un moyen d’apporter à votre histoire une touche de valeur et de morale, en montrant qu’être le plus fort n’est pas la seule quête. Pourquoi pas, tout est possible.

Maintenant, si votre souhait est réellement d’avoir un héros qui parvient à vaincre ce maître de Muai Thaï, il va falloir raconter tout son apprentissage. Jean Claude Van Damme fait ça très bien dans le film « KickBoxer » et ce film n’aurait aucun intérêt si le héros pouvait vaincre son ennemi juré dès la première scène.

Encore une fois, tout est question de tension dramatique, et pour qu’une tension dramatique soit réussie, il faut créer un enjeu fort.

Comment créer un enjeu fort ? Il vous faut travailler votre antagoniste, votre « méchant ».
Un méchant réussi, c’est une histoire réussie. Mais arrêtons-nous là pour cette semaine. Le sujet c’est le protagoniste et nous avons déjà vu pas mal de choses.

Pour conclure simplement, je dirais qu’un personnage indestructible impressionnera, mais il sera vite oublié, alors qu’un personnage plus faible qui évolue et qui surmonte la difficulté deviendra inoubliable.

La semaine prochaine nous parlerons de l’antagoniste, car il y a beaucoup à dire.
D’ici là, est-ce que ces astuces vous seront utiles pour vos futurs personnages ?
Préférez-vous les héros des Avengers ou préférez-vous ceux qui évoluent ?
Donnez-moi votre avis, laissez un commentaire ci-dessous.

Pour terminer d’illustrer mon propos, j’aime citer Bruce Lee :

« La personne la plus dangereuse est celle qui écoute, qui pense et observe. »

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