Salut les passionnés ! Bienvenus sur Vaincre la page blanche ! Aujourd’hui j’aimerais aborder les scènes extraordinaires. Celles dont on se souvient même des années plus tard.

Vous l’avez certainement remarqué en lisant des romans mais même en regardant des films, certaines scènes accrochent notre attention beaucoup plus que les autres. Impossible de quitter roman (ou l’écran) des yeux, on est comme hypnotisés ! Il nous faut la suite c’est presque vital ! Vous voyez de quoi je parle ?

En revanche, d’autres scènes nous laissent une impression plutôt tiédasse. On subit les minutes, on soupire, on attend qu’il se passe quelque chose. Bref, on s’ennuie. Là encore, je pense que vous voyez de quoi je parle.

Ce n’est pas lié à l’action !

Contrairement à une idée trop répandue, Et ça n’a rien à voir avec l’action. L’ennui peut se présenter pendant une scène d’action, de combat ou même pendant une guerre ouverte avec des explosions de partout. Donc comme ici on est entre créateurs ! Entre écrivains stylés, on ne veut surtout pas faire ça ! On veut faire vivre à nos lecteurs des émotions fortes ! Donc la question que j’aborde aujourd’hui, c’est comment créer des scènes captivantes qui vont marquer votre lecteur.

La maladresse …

À cette question, de nombreux écrivains ou réalisateurs tentent d’intéresser leurs spectateurs avec des enjeux excessifs. Ils espèrent que plus c’est gros, plus ça marche … En réalité pas du tout.

Exemple :
« Le pays entier est asservi par un tyran et toute la population est malheureuse ! »
« L’humanité tout entière va être anéantie par une gigantesque explosion ! »

Franchement, vous trouvez ça crédible ? Vous êtes captivé ? Moi pas vraiment …
Une autre erreur répandue consiste à faire vivre une émotion à un personnage en espérant que le lecteur vivra la même émotion.

« Ce personnage a perdu un proche et il est extrêmement malheureux. »
« Ce personnage est très ému en contemplant cette merveilleuse montagne »

Êtes-vous triste ou en proie à la contemplation ?

Je ne sais pas pour vous, mais ces approches ne créent pas chez moi l’envie de connaître la suite. Savoir qu’un tyran malmène son peuple ou que l’univers va être détruit, ça me fait mollement hausser les épaules. Quant au personnage malheureux ou en admiration devant une montagne, ce n’est pas très différent.

Pourtant, encore aujourd’hui au XXIe siècle, on continue de voir des romans qui offrent ce genre d’approches. Des films sortent au cinéma et ils ont pour fer-de-lance cette unique technique. Alors peut-être qu’auprès de certains lecteurs ou cinéphiles, ça marche, mais très honnêtement moi je ne trouve que ça ne marche pas.

Pourquoi ça ne marche pas ?

Pourquoi serions-nous touchés par ce personnage endeuillé alors qu’on ne le connaît même pas ? On ne connaît pas non plus la personne qu’il a perdue. D’accord il est certainement triste, mais à moins d’être hypersensible, dans le fond on s’en fout.

L’émotion ressentie par le personnage qui observe cette montagne n’est pas communicative et c’est normal. Même si on a une superbe description, ça reste beaucoup trop plat pour être saisi.

Donc si comme moi ces mises en scène ne vous font aucun effet, je pense que c’est à cause du fait qu’il manque un élément important :

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L’attachement à l’enjeu.

Sauver l’humanité est un enjeu, certes. Mais sommes-nous attachés à cet enjeu si c’est présenté de but-en-blanc comme ça ? Bien sûr que non.

Par contre, si votre personnage se trouve sur un lieu symbolique. Par exemple l’endroit où il a trouvé l’amour, ou encore le lieu où est enterré l’un de ses proches qui a été un personnage important de votre histoire, là oui ! Là le fait qu’il regarde la montagne ça transmet une émotion forte chez votre lecteur. Mais tout ceci se prépare. Il faut donc attacher votre lecteur à l’enjeu.

Donc comment attacher votre lecteur à l’enjeu ?

Pour que votre lecteur soit attaché à votre enjeu, il y a une méthode simple et efficace qui consiste à cacher certaines informations. Le fameux « Pourquoi ? » Vous pouvez par exemple, commencez une histoire par « Ce personnage ne le sait pas encore, mais c’est la dernière fois qu’il voit sa maison. »

(Ça s’appelle un prolepse, c’est peu utilisé et pourtant tellement fort je trouve !)

Votre lecteur sait qu’il va se passer quelque chose. Va-t-il mourir ? Va-t-il se faire emmener dans un pays lointain ? Sa maison va-t-elle être détruite ? Ça il ne le sait pas, mais il sait qu’il va se passer quelque chose.

Du coup, toutes les scènes prennent une tension. On s’attend à tout et tout le temps ! Quand le personnage entre dans une boutique pour acheter du pain. Lorsqu’il démarre sa voiture. Quand il quitte son travail et qu’il traverse un parking obscur … Le spectateur s’attend à chaque fois à une catastrophe ! Sans savoir laquelle.

Ça marche aussi à l’envers …

Cette méthode s’applique aussi à l’envers : Donnez au personnage une information que vous n’offrez pas à votre lecteur.

Par exemple : Votre héros reçoit un SMS, il est très surpris par une information qui n’est pas présentée au lecteur. Il se lève en trombe et court jusqu’à sa voiture. Dans sa voiture, il conduit comme un fou furieux à travers toute la ville tout en téléphonant à quelqu’un qui ne décroche pas. Il est agacé de tomber sur le répondeur et recommence au risque de provoquer un accident.

Là encore, le lecteur se dit « Mais enfin, qu’est-ce qui se passe?! » on a très envie de savoir pourquoi il s’agite soudainement. Là vous créez de l’intrigue.
Cette méthode est simple à utiliser et pourtant très efficace. Et sachez qu’il est possible d’aller encore plus loin. Créez des personnages qui prétendent connaître l’avenir. Des voyants, des prophètes ou encore des stratèges.

Game of Thrones

Dans Game of Throne c’est utilisé avec brio ! Lorsque la « Dame en rouge » promet continuellement à Stannis Barathéon qu’il règnera bientôt sur le Trône de Fer. À condition qu’il accepte des sacrifices car c’est la volonté divine, on a envie d’y croire. Surtout quand il accepte justement des sacrifices abominables en échange de la promesse du pouvoir.

En tout cas, on a envie de voir si ça va marcher ou non.


Et ce qui rend ça encore plus captivant c’est que Stannis Barathéon est loin d’être le seul à convoiter le Trône et à faire de lourds sacrifices pour l’obtenir. D’autres sont certains d’avoir gain de cause par la stratégie militaire et la force d’une grande armée accompagnée de dragons …

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Bref, pour cet enjeu unique, il y a beaucoup de prétendants mais il ne peut y avoir qu’un seul élu. Le lecteur le sait et c’est ce qui rend ça intéressant. Surtout quand les personnages sont tous persuadés de leur réussite. On en revient à l’élément vital de tout scénario : Le conflit. On est hypnotisés par une scène pour la simple et bonne raison qu’elle crée de l’intrigue autour du conflit. Ça crée du mystère.

Daenerys Targaryen

Fin de l’histoire du conducteur

Pour reprendre le cas du personnage qui se met à conduire comme une furie après un SMS, on constate bien qu’il lutte contre quelque chose d’urgent. Quelque chose qui est intentionnellement caché au lecteur. Lorsqu’il se gare enfin devant un hôpital, il laisse sa voiture en travers la route pour courir à l’intérieur, on voit le dénouement arriver.

Et là oui, si quelques scènes plus tard il se retrouve endeuillé, d’accord, là l’émotion est transmise. Car on a accompagné ce personnage pendant son combat. On a eu le temps de s’attacher à lui. Donc là ça marche.

Dans Fondations d’Isaac Asimov

Si on s’intéresse au livre Fondations d’Isaac Asimov, l’humanité toute entière est en danger et on observe toutes les stratégies mises en œuvre par un mathématicien de génie pour sauver la civilisation. On traverse toutes les difficultés de ce sauvetage jusqu’au point d’avoir envie de nous-mêmes nous battre pour aider le héros… Alors là, l’enjeu de sauver la civilisation prend du sens. C’est pas envoyé comme ça, c’est préparé à l’avance.

Dans Breaking Bad

Frères Salamanca

Si vous avez vu la série « Breaking Bad » jusqu’à la fin, vous n’avez pas pu manquer les frères Salamanca. Ces deux personnages qui ne parlent presque pas. Pourtant ils ont un désir brûlant : Assassiner le héros. Toutes les scènes où ces deux personnages sont là, à observer, à attendre sans dire un mot, rappellent au spectateur le danger qui plane sur Walter White.

Pourtant, sortie de son contexte, cette scène n’a rien de captivant, on voit seulement deux personnages installés dans un fast-food qui regardent le directeur. Mais avec l’attachement à l’enjeu qui est clairement expliqué au préalable, cette scène prend une tournure dramatique. Elle offre une tension presque terrifiante.


Mais attention, pour que ça marche bien, il faut justement que les enjeux soient clairs et que les personnages poursuivent un but précis. Tous les chefs veulent régner sur le Thône de Fer. Voilà, le ton est donné immédiatement. C’est clair et précis, et ça marche.




Donc pour répondre à la question initiale, comment rendre une scène captivante : Liez-la au reste du scénario qui doit avoir un enjeu clair pour le lecteur. Ensuite, donnez à votre scène l’imminence d’une révélation. Avec ça, vous allez empêcher votre lecteur de quitter votre histoire des yeux. 

Que pensez-vous de cette méthode ?
Quelle est votre manière de créer des scènes plus fortes que les autres ?

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