***

Salut les passionnés ! Pour cette huitième histoire, j’ai sorti une très vieille idée poussiéreuse que j’ai au fin fond de ma mémoire depuis vraiment longtemps (Plus de 10ans je pense)
Je suis vraiment content de l’avoir incluse dans ce défi. J’espère qu’elle vous plaira ! Bonne lecture.

***

La légende raconte que le Démon viendra et reviendra dans le cycle infernal de l’immortalité.

À chaque nouvelle vie, le monde d’Atal verra ses civilisations divisées. Certaines créeront des cultes d’adorateurs en son honneur pendant que d’autres résisteront à sa tyrannie. Mais une chose est sûre, c’est qu’à chaque nouvelle vie, la guerre reprendra.

Les textes anciens racontent que le démon est une créature qu’il n’est pas aisé de vaincre. Tous ceux qui ont essayé y ont laissé leur vie, les plus vaillants ont réussi à le blesser. Et seul l’élu des prophéties parvient à mourir avec lui. Mais pour le Démon, mourir n’est pas éternel. Lorsqu’il est vaincu, celui-ci se retrouve exilé dans les entrailles du monde pour cinq cents ans.

Pendant ces trêves, le monde d’Atal redevient optimiste. Trop optimiste pour se souvenir que tôt ou tard, le Mal réapparaît inéluctablement. À chaque nouvelle vie, celui-ci est plus fort, plus rusé. Une fois encore, ses ailes noires survolent les villes et les villages, inspirant la haine dans le cœur des hommes pour diviser… Diviser, pour mieux régner.

Terre Natale

Arkus Nileim est né d’un parent elfe, et d’un parent humain. Il profite ainsi de la capacité d’apprentissage des Humains, tout en ayant la patience et la sagesse des Elfes. Il a la grâce et l’agilité des Sylvains associé à la force et de la robustesse des Hommes.
Un demi-elfe vit entre deux cents et trois cents ans. Le plus vieux a réussi à atteindre trois cent vingt cinq ans, mais c’est le fruit d’une vie sage et mesurée.
Pas le genre de vie promise à ce jeune adulte. Lui est un combattant, un chasseur, un guerrier. Il est d’ailleurs taillé pour ça : Fort, rapide et équilibré.

Mais avant de devenir le bretteur hors pair qu’il est destiné à devenir, il reste cloué au sol par son passé et par ses croyances limitantes.

Autrefois, son père Elijah Nileim avait été une force de la nature. Il s’était battu aux côtés des Elfes pour repousser les assauts répétés des orques. Là où les Elfes usaient de technique pour vaincre leurs adversaires, Elijah n’avait pas peur d’user de sa force ! Le hurlement de l’acier contre l’acier !
Pendant sa glorieuse vie, une fois les hordes des Orques repoussées, il avait ensuite su conquérir le cœur de l’une des Elfes qui s’était battu à ses côtés. Celui de la belle Kardryar. Il était très rare d’avoir un homme parmi les cités Elfes. Mais il était encore plus rare de voir un mariage unissant ces peuples.

Ces jeunes mariés vivaient le parfait amour. Un bonheur sincère, intense et profond. Malheureusement, ce fut une joie de courte durée.
Elle s’arrêta le jour où ils eurent un enfant. Kardryar la offrit sa vie pour donner naissance à Arkus. Le chagrin d’Elijah fut tel qu’il prit le pas sur son courage. Il abandonna son épée pour s’emparer de la bouteille et plongea dans une longue descente aux enfers.

Enfance

Arkus ne reçut aucune bienveillance de la part de son père. Celui-ci, autant anéantit par le chagrin que par l’alcool, était incapable d’assumer son rôle paternel. Il lui reprochait d’être né. Son arrivée avait couté la vie à son épouse Elfe qu’il avait tant aimé. Son mariage au gout de miel lui laissait maintenant un gout de cendre.
Cette rancœur ne le quitta jamais, et entre deux crises de colère, il retournait boire pour noyer son chagrin. Ainsi, l’enfant demi-elfe était libre de faire tout ce qu’il voulait. Mais il souffrait du manque d’amour. Un amour indispensable à tout enfant.

Faute de trouver l’affection dont avait besoin, il s’était découvert une satisfaction dans la violence. Se battre pour évacuer toute cette haine qu’il recevait gratuitement. Il n’avait rien demandé à personne, il n’avait même pas demandé à venir au monde ! Pourtant il était là, et il était tenu pour responsable de tous les malheurs du monde.

D’adolescent bagarreur et indiscipliné, il est devenu un jeune adulte tout aussi tumultueux. Mais contrairement à de nombreux hommes restant dans des pensées négatives sans chercher à en sortir, Arkus est aussi un elfe, conscient de sa longue vie et de sa capacité d’évolution. Plutôt que de répéter l’histoire et de devenir lui aussi l’origine de la frustration de quelqu’un d’autre, il préfère changer le cours des choses. Il chercha à se transcender et à évoluer plutôt que de se laisser porter par le courant.

Car s’il passe son temps à se battre dans les rues autant que dans les tavernes, au plus profond de son cœur, quelque chose d’indescriptible l’appelle. C’est le même sentiment que ressent un oiseau migrateur quand vient l’automne. Il sent qu’il doit partir. Il quitta ses habitudes d’humain et commença à voyager. Il désirait que la partie de lui qui avait besoin de s’exprimer puisse le faire. Il voulait ressentir des choses plus belles de la négativité.

Il en avait de toute façon avait assez vu des villes et de la stérilité des rêves des humains. La gloire, l’argent et les femmes. Voilà les seules quêtes auxquelles il pouvait prétendre ici. Et rien de tout ceci ne l’intéressait.

Il partit sans même saluer son père qu’il méprisait. À la rencontre de son héritage Elfe qui bouillonnait au fond de lui.

Terre promise.

Les cité Elfiques sont des endroits merveilleux. Harmonieuses et calmes, il y règne une profonde joie de vivre. Dans ces lieux féériques, il y a toujours une voix flottant dans les airs, une voix douce et mélodique venant d’une maison ou d’une colline créant une atmosphère apaisante.

Chaque habitant apporte sa joie de vivre à ce lieu. Certains en chantant, d’autres en sculptant des statues. Et d’autres encore par leur générosité spontanée.

Dans les cité Elfiques, chacun était le gardien de son frère : non seulement ils se vouaient un amour fraternel fort et désintéressé. Mais en plus, ils se souciaient autant des blessures du corps que de l’âme. Ce fut donc une évidence pour Arkus que la cité elfique de Kementari devint son nouveau foyer. Sa terre promise.

À leur contact, il apprit beaucoup plus que dans la maison familiale. Il étudia les cultures des autres races et trouva systématiquement du bon en chacune d’elles. Il apprit à lire et écrire. Son esprit tourmenté s’apaisa, mais son attirance pour le combat resta.

Lorsqu’il s’entraine parmi les Elfes, il analyse leurs techniques martiales. Leurs attaques équilibrées, leurs stratégies redoutables et leur sens de la dissimulation. D’une curiosité insatiable, il progresse vite, tant par la théorie que par la pratique, car il pratique avec entrain. Même s’il n’est pas encore capable de rivaliser avec les meilleurs guerriers Elfes, sa progression remarquable ne laissa pas indifférent. D’après les Elfes, il deviendrait rapidement le meilleur bretteur de Kementari et ce détail était lourd de signification…

Présages.

L’espérance de vie d’un elfe est de quatre cents à cinq cents ans. Les plus sages d’entre eux vivent jusqu’à huit cents ans. Ceux-là sont de véritables puits de connaissances, des maîtres d’arme exceptionnels et des mentors extraordinaires.

Les Elfes vénérables apprirent à Arkus la nature du monde et le rôle qu’il était prédisposé à jouer dans celui-ci. L’existence du Démon et de ses retours sur le monde d’Atal. Très rares étaient les elfes devenant vénérables. Encore plus rares étaient ceux qui avaient survécu à la guerre contre celui-ci pour avertir les jeunes générations cinq cent ans plus tard.

Les légendes des Elfes vénérables sur le démon ne sont pas réjouissantes. Le démon vient et revient, et à chaque nouvelle vie il apprend de sa défaite avec l’avidité d’un humain. Le rendant plus redoutable. C’est pour cette raison que les Elfes sont attentifs aux écrits et à la prophétie. C’est également pour cette raison que les Elfes, d’habitude méfiants s’ouvrent aux humains afin de trouver parmi eux, l’élu.

Un élu prêt à sacrifier sa vie dans ce combat diabolique pour apporter la paix à des milliers d’anonymes innocents. En acceptant ce rôle, Arkus connaîtrait une gloire éternelle. Une gloire cent fois plus grande que celle à laquelle n’importe quel guerrier ne pourrait prétendre.

Aidé de ses alliés les Elfes, il allait devoir vaincre le démon, pour ensuite poser sa main sur le cœur de son ennemi afin de le bannir. Pour cinq cents ans.
Mais au fond de lui, était-il prêt à une telle abnégation ?

Les personnes qui ont lu cet article on aussi lu :  Défi - Sixième histoire. Alexor l'astucieux.

Terre d’Exil.

Partagé entre le sens du devoir de la prophétie et l’égoïsme de son côté humain, Arkus ne savait pas où se positionner. Faute de trouver de réponse claire à cette question dramatique, il continua de s’entraîner. Avec encore plus d’ardeur. Imaginant qu’en étant suffisamment fort, il pourrait peut-être réussir à vaincre tout en gardant la vie sauve ?

Il nourrissait ce faux espoir. Car sans le sacrifice de l’élu, le Démon ne pouvait être vaincu. Au plus profond de lui, Arkus le savait. Mais le déni est un mécanisme de défense qui est légitime, surtout face à une inquiétude aussi grande.

Faute de trouver des adversaires assez diversifiés au sein de la cité de Kementari, Arkus repartit arpenter le monde. Allant de villages en villages pour rencontrer les meilleurs guerriers de toutes les civilisations afin de parfaire ses compétences.

Mais mieux que d’appliquer les techniques des Elfes, adaptées à leurs gabarits sveltes, il les améliora pour les faire siennes. Des techniques que des hommes furent alors capables d’utiliser avec une puissance remarquable. Mieux encore, lorsqu’il s’entraînait avec les autres gabarits, comme les orques ou les nains, ces techniques étaient une nouvelle fois adaptées à leurs morphologies.

Mais le meilleur de tous les entraînements reste celui dans lequel l’adversaire joue sa vie. Fort de la connaissance de la prophétie et sachant comment il allait mourir, il n’avait aucune raison de craindre les adversaires les plus redoutables du monde d’Atal. Au pire, il prenait une raclée. Mais il ne pouvait pas mourir.

Il voyagea vers les sommets pour se confronter aux puissants géants des montagnes. Ce sont des adversaires qui n’avaient pas volé leur réputation. Ils misent tout sur la force et la robustesse. Des coups dévastateurs associés à une peau aussi résistante que le cuir d’un sanglier. Et sous celle-ci, coulent des muscles aussi dur que le bois.

Mais aussi forts que soient ces terribles géants, ils n’avaient pas reçu l’enseignement des Elfes de Kementari
L’équilibre des frappes, la bonne dose entre force et agilité, le sens de l’esquive. La bonne mesure entre attaque et défense … Ces géants sont de toute façon incapables de comprendre ça. C’est pour cette raison qu’aucun d’eux ne pouvait vaincre Arkus Nileim au combat.
Le demi-elfe le sentait, ici, à l’affut des prédateurs et des créatures hostiles, il se sentait vivant. Pleinement vivant et en harmonie dans ce monde. La violence qu’il avait en lui devenait justifiée, nécessaire même.

Mais un guerrier solitaire qui défait des géants à lui seul, ça ne passe pas inaperçu. Des aventuriers se mirent en quête de trouver le « Tueur de géants ».

Alliances

Arkus malgré sa solide réputation de guerrier implacable conserva une bienveillance et une générosité spontanée. Les aventuriers venus le trouver dans ces zones dangereuses, il devint le mentor et le maître d’armes. Progressivement, ses élèves devinrent des amis, en plus de combattants hors pair.

Dans ce groupe, ces aventuriers d’origines et de races diverses n’emmenaient pas avec eux leurs vieilles rancœurs. Il était possible de voir un nain apprendre des techniques au bouclier avec un elfe, tout comme ils pouvaient s’initier au tir à l’arc ensemble.
Les Orques et les Nains, habituellement très enclin à se raccourcir à grands coups de hache étaient ici capables de faire des combats amicaux dans le but de progresser ensemble. Ils se donnaient les avantages et les inconvénients de leurs gabarits et expliquaient comment en profiter au maximum.

Les Géants des montagnes habitués à être les maîtres incontestés de ces lieux finirent par s’en aller rejoindre des collines, là où ils auraient de nouveau le meilleur rôle.

Ce qui n’était qu’un petit groupe de guerriers au départ devint un véritable escadron de combat … Plus de trente hommes et femmes, toutes races confondues étaient là, à mener une vie d’aventure, d’entraînements et de dangers.

Arkus le savait. La prophétie était en train de s’accomplir.
« L’élu unira les peuples pour faire front commun face au Démon. »

Guerre

Lorsqu’il arpenta les chemins non loin de sa terre natale, Arkus et son groupe constata que les forces du Démon avaient sévi en son absence. Chaque soir, dès que l’obscurité s’abat, des troupes d’animaux enragés rôdent pour attaquer les cibles isolées. Les villes fermaient leurs pont-levis pour empêcher les assauts répétés de géants, de gobelins et d’abominations qui venaient pour massacrer tout le monde.

Ces créatures sauvages avaient pour habitude de s’entretuer loin des villes dans des guerres intestines. Mais désormais, elles œuvraient ensemble. Elles étaient unies par les promesses du Démon. Leur but était de trouver l’élu et le tuer avant qu’il ne représente une menace pour lui.
Fort heureusement, Arkus s’était exilé, et il était à présent prêt à se confronter à son plus puissant rival.

Confrontation.

Ce soir encore, les armées du Démon attaquaient la ville de tous les côtés. Mais les murailles et le pont-levis ne tiendraient pas éternellement. Plutôt que de plonger dans le chaos de la mêlée, l’escadron d’Arkus prit l’initiative. Le sens de la stratégie des Elfes portait ses fruits.
Ajouter des soldats à ce combat n’aurait fait qu’ajouter des morts. Et ce qu’Arkus voulait, ce n’était pas de tuer des adversaires. Ce qu’Arkus voulait, c’était de gagner la guerre.

La discrétion des elfes fut là encore utilisée par le groupe d’élite. Ils restaient à bonne distance, observant les troupes et cherchant le donneur d’ordre démoniaque.

Celui-ci n’était pas difficile à repérer, car tous les sens étaient sollicités en même temps ! Son visage hideux et difforme donnait des cauchemars. Son hurlement guttural perforait les tympans. L’odeur de la mort agressait les narines et laissait ensuite un gout de viande avariée dans la bouche. Et pour ceux qui parvenaient à le toucher, sa chair était molle et il était possible d’y plonger son poing… Par contre il n’était plus possible de le retirer ensuite.

Cette créature tout droit venue des enfers avait un cœur qui battait. Ce cœur se trouvait sur sa cage thoracique, à porté de n’importe quelle lame réussissant à passer sa garde.

L’escadron fonça sur ordre de leur chef, persuadé qu’en l’attaquant de toute part, ils parviendraient à surpasser la créature en nombre comme en technique.
Une flèche survola le groupe pour atteindre la créature dans l’œil, l’incapacitant immédiatement. Mais le Démon ne craignait aucun ennemi et aucune blessure. Il arracha la flèche de son orifice et son œil se reconstitua en moins de cinq secondes.

D’un simple sortilège, le Démon provoqua un séisme qui surprit et désorganisa la charge avant même qu’il n’ait reçu le moindre estoc. La secousse était tellement puissante que la plupart des guerriers se retrouvèrent par terre. Seuls les puissants guerriers Nains, dont le centre de gravité était bas purent tenir sur leurs jambes au prix d’un effort.

Le démon en profita pour frapper. Et il frappa fort de sa main griffue. En un seul balayage, il tua trois guerriers. Ses attaques mortelles furent arrêtés par les Nains et leurs boucliers. Ces véritables forteresses vivantes étaient non seulement capables de résister mais aussi de rendre les coups. Un coup de marteau brisa la dangereuse griffe pendant que l’autre se heurta encore à l’implacable défense de ces solides guerriers.

Alors qu’il subissait des coups de tous les côtés, le Maître-Nain ayant réussi à arrêter les attaques bondit pour frapper dans le cœur du démon, le considérant comme son point faible. Et à juste titre !

Immédiatement, le monstre recula d’un pas déséquilibré sous l’effet du choc. Il résista un instant puis s’écroula au sol.

Victoire

Des cris de victoire retentirent et chaque guerrier leva les poings pour exprimer sa joie.
Arkus, fier de son groupe savait qu’il avait réussi à dépasser la prophétie. Il avait créé un groupe assez fort pour vaincre le démon sans avoir à y laisser sa vie. Il fut porté par ses frères d’armes dans ce moment d’extase qui signifiait la fin de la guerre.

Mais la victoire fut de courte durée. Le démon n’était pas devenu la créature la plus à craindre du monde d’Atal pour périr si facilement. De la même manière que son œil s’est reconstitué, son cœur fit de même.

Sa cage thoracique se gonfla, trahissant sa respiration et l’instant d’après, il était de nouveau debout à attaquer en traitre ses adversaires. À chaque nouvelle vie, le démon apprend. Et cette fois-ci, il assassina les nains qui se révélaient être un obstacle pour lui.

Arkus ne pouvait rester spectateur de ce combat. Il prit son arc pour viser son adversaire pendant que vingt de ses alliés chargeaient avec courage. Il voulut atteindre une nouvelle fois son point faible, mais celui-ci était à présent renforcé par une coquille. Ses flèches, même si elles faisaient mouche ne pouvaient le perforer. Il allait devoir s’approcher…

Les personnes qui ont lu cet article on aussi lu :  Défi - Deuxieme histoire. Alrik Reckless l'Exorciste. (Kelkalor VI)

Durant cette nouvelle confrontation, un orque fit directement face au monstre. Il était armé d’un « bâton » plutôt semblable à un tronc d’arbre. Avec à sa force prodigieuse, il maniait son arme avec une facilité déconcertante. Il frappait, bloquait et contre-attaquait avec l’agilité d’un elfe, mais avec la puissance de cent hommes !

Et le démon subit ses coups puissants les uns après les autres. Il perdait des morceaux de chair, des os, des dents et des organes. Mais il ne tombait pas. Un ultime coup de bâton plongeant lui défonça le crâne, permettant alors à l’orque de frapper le cœur du monstre une nouvelle fois et sa coquille ne put résister à l’impact.

Le démon était de nouveau vaincu. Mais à présent, les guerriers savaient à quoi s’en tenir. Ou plus exactement, ils pensaient savoir à quoi s’en tenir. Car un démon est un esprit imprévisible et astucieux.
Son corps explosa telle une boule de feu, projetant de l’acide dans toutes les directions. Les guerriers les plus proches du monstre furent démembrés instantanément. Ceux à une distance raisonnable virent leurs armures et leurs chairs fondre.
Seul Arkus et deux autres guerriers furent épargnés par cette glu mortelle.
Le corps du démon gisait au sol, mais il ne tarderait pas à se relever. À présent, le Demi-Elfe le savait, la prophétie l’avait dit, il allait devoir assumer son rôle. De toute façon, il savait qu’il allait mourir ici, face à cet adversaire. Autant ne pas mourir pour rien !

Comme le voulait la prédiction des Elfes, Arkus s’approcha du monstre encore au sol pour l’emporter dans la mort. Il ne prit pas le temps de saluer ses amis car le temps était compté, mais eux n’oublieraient jamais son sacrifice.
Ils feraient construire des statues en son honneur. Les chansons de tous les troubadours clameraient sa gloire et vanteraient le courage d’Arkus Nileim. L’élu posa sa main …

Prophétie

Et il ne se passa rien.
Le cœur continuait de se reconstituer, annonçant l’imminent retour au combat du Démon immortel. Arkus ne comprenait pas comment la prophétie ne pouvait pas s’accomplir ! Dans un cri de rage, il plongea sa main jusqu’au coude dans le cœur visqueux de la bête et il se retrouva piégé. Le monstre commençant à se relever. Il frappa et frappa encore afin de se libérer. Mais c’était en vain, il s’était fait prendre au piège !

Face à un grand péril, l’audace est une sagesse. Il leva sa lame elfique et frappa de toute sa puissance, mais pas vers le monstre. Il orienta sa frappe vers son propre membre prit au piège. Entre mutilé et mort, le choix était vite fait.

La douleur était insoutenable pour le demi-elfe. Mais l’adrénaline l’empêchait de perdre connaissance. Il devait vaincre ! Vaincre à tout prix ! Il était à bout de souffle, hurlant de douleur et pourtant il était encore debout, aidé de ses deux amis qui attaquèrent de concert pour laisser à Arkus le temps de se remettre.

Mais le Démon était beaucoup trop fort à présent. Le premier guerrier fut déchiqueté par un nouveau coup de griffe, pendant que le deuxième fut surpris par un os en forme de pointe sortir du ventre de la créature. Cette attaque imprévisible ne pouvait être évitée, et elle l’éviscéra d’une manière sanglante.

Arkus chercha parmi ses alliés au sol s’il y en avait encore capable de lutter, mais la réponse était claire. Il était seul à présent, seul et gravement blessé. Incapable de se battre.
Il allait mourir ici face à cet adversaire qu’il avait sous-estimé. Les légendes des elfes s’étaient elles trompées ? Le démon ne pouvait être tué par l’élu ? S’y prenait-il de la mauvaise manière ? C’était trop tard pour réfléchir. De sa main faible il ramassa une épée et dans un ultime effort, il chargea le vers monstre.

Il fut projeté sur dix mètres par un violent coup de griffe. L’armure l’avait protégé, mais celle-ci était à présent hors d’usage. Le prochain coup allait lui être mortel. Il n’eut pas le temps de se relever, le visage du démon se plaça au-dessus et révéla son sourire malveillant.

La pointe osseuse servant d’arme se plaça au-dessus du guerrier, prêt à le transpercer. Puis elle plongea sur lui avec une puissance démoniaque.

Mort.

Un bruit retentit. Était-ce la mort ? Lorsqu’Arkus ouvrit les yeux, il vit la pointe mortelle plantée dans le sol, juste à quelques centimètres de son ventre. Le Démon l’avait manqué ?

Avant qu’il ne comprenne quoi que ce soit, une lame énorme le survola et brisa cette pointe osseuse appartenant au démon. Dans un cri guttural de douleur, la créature recula d’un pas.
Restait-il un de ses allié encore capable de se battre ? Ce guerrier tenait le démon en respect à lui tout seul ! Arkus se releva et observa cet intervenant qui frappait son adversaire d’une manière impitoyable. Qui était-il ? Ses techniques de combat étaient admirables, mais ce n’étaient pas celles qu’il avait enseignées !

Son gabarit ne lui disait rien, mais il était clair que ce combattant était cents fois plus fort qu’il ne le serait jamais, surtout à présent qu’il lui manquait un membre.

Il voulut revenir pour lui prêter main-forte, mais il risquait de le gêner. Ce n’était de toute façon pas nécessaire, car en un rien de temps, le démon s’écroula à nouveau, une hache plantée en plein dans son cœur.
À bout de souffle, le guerrier retira son casque et le lança au loin. Il s’approcha du monstre et une lumière divine commença à s’illuminer de sa main. Il s’agissait de l’élu. Ça ne faisait plus aucun doute. Lorsqu’il poserait sa main, le démon serait banni pour cinq cent ans. Les légendes elfes disaient vrai. C’étaient les elfes eux-même qui s’étaient trompés sur le compte d’Arkus qui n’avait finalement aucun rôle dans cette prophétie.

Mais avant de disparaitre, l’élu lança un regard vers Arkus, un prononça quelques mots qui avaient l’accent d’un adieu.

« Je suis très fier de toi.
Cette fois, il la connaissait…
– Papa ?! »

Lumière.

L’éclair de lumière illumina la plaine comme s’il faisait jour. Pendant une vingtaine de secondes, tout le monde pouvait clairement voir ce qui se passait. Le Démon se faisait engloutir dans les entrailles du monde avec l’élu. La bataille qui faisait rage aux portes de la ville s’arrêta brutalement et tous les assaillants et tous les défenseurs de la cité observaient ce spectacle.

Lorsque l’obscurité revint, tout le monde pu sentir que la présence du Démon avait disparu. Instinctivement, les envahisseurs savaient qu’ils ne trouveraient rien d’autre que la mort en attaquant cette ville. Ils partirent dans toutes les directions d’une manière désorganisée.

Trois jours plus tard, Arkus se réveilla dans un lit. Il avait manifestement été soigné. Sa main ne reviendrait jamais, mais ce n’était pas ça qui allait le plus lui manquer. Il aurait aimé parler à son père. Ce véritable héros.
Il aurait aimé lui dire qu’il avait cru être l’élu de la prophétie. Qu’il avait pris d’énormes risques en se croyant être hors de danger. Malheureusement, il allait devoir garder ses interrogations pour lui. Car il était trop tard. Son père n’était plus, et son sacrifice apportait avait apporté la paix sur le monde d’Atal …

Pour les cinq cents prochaines années en tout cas.

*** Fin ***

Voilà chers lecteurs, encore une fois, j’espère que la fin de l’histoire vous a laissé sur le Q ! Un grand merci à ceux qui donnent des noms régulièrement, ça me fait très plaisir.

Merci à Nath qui a proposé le nom d’« Elijah » qui était vraiment parfaitement adapté au rôle du personnage sans même que je ne lui donne la moindre information !

Encore une fois, si vous voulez m’aider à faire un pas de plus vers le métier d’écrivain, laissez un commentaire, un pouce vert, un partage (ou les trois). Vous connaissez la chanson : c’est bon pour mon référencement et ma visibilité. Ça ne vous prend que quelques secondes mais pour moi ça m’aide énormément.

Alors n’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de cette histoire. Vous pouvez aussi retourner sur la page du défi et proposer un nom pour l’histoire de la semaine prochaine. Pour ce faire, cliquez ici !

  •  
  •  
  •