Que se passe-t-il quand on accepte un contrat avec une maison d’édition à compte d’auteur ? Voyons ça en détail !
Avant de commencer, si vous n’avez aucune idée de la différence entre une maison d’édition à compte d’auteur ou à compte d’éditeur, je présente ça en détail :

Maison d’édition à compte d’éditeur

Maison d’édition à compte d’auteur

Vous l’avez remarqué, quand on se renseigne à propos des maisons d’édition à compte d’auteur, une réponse revient souvent :
« N’acceptez jamais un contrat qui vous demande de payer quoi que ce soit ! C’est forcément une arnaque ! »
Pas fou, je me suis renseigné auprès d’une amie auteure, éditée dans une maison d’édition à compte d’éditeur. Son opinion est catégorique : « Surtout pas ! »


Partie 1 : Se faire éditer.

Mais quand on termine son 1er roman, on est fier ! On a achevé ce marathon intellectuel ! On a qu’une envie c’est de le réaliser ! Le transformer en un livre édité !
Donc, se faire éditer, c’est l’étape qui suit ! Mais quand on ne reçoit pas de réponse, ou au mieux, des réponses négatives … On prend un coup à l’égo. Classique, on passe tous par là.
C’est là que se présentent les éditeurs à compte d’auteur. Contre « une petite somme de rien du tout » vous devenez ENFIN auteur ! Édité ! Célèbre ! Ça peut paraître tentant n’est-ce pas ?

Partie 2 : leur réputation.

C’est donc ici que les maisons d’édition à compte d’auteur trouvent leur place. En plus, pour une raison qui m’échappe, ils ont tendance à répondre très vite aux propositions de manuscrits.

(Cette curiosité sera expliquée plus tard dans l’article)

Vous recevez donc des réponses avec de jolies enveloppes, des dossiers cartonnés avec un contrat qui accepte votre manuscrit qu’ils ont trouvé exceptionnel ! Dont la plume raffinée a su émouvoir le comité de lecture le plus exigeant ! Bref, votre roman, il est magnifique !
Là où les maisons d’édition « traditionnelles » vous refusent, voire pire, ne daignent même pas vous répondre, eux n’hésitent pas à rajouter un petit post-it manuscrit pour vous remercier chaleureusement de leur avoir fait confiance. Ils sont même flattés que vous les ayez choisis !
Du gros cirage de bottes !

MAIS !

Bref, vous êtes flatté, l’égo reboosté … Jusqu’au moment où vous lisez le contrat. Et là, il y a une petite condition, celle de participer à la publication. Et quand ils disent participer, c’est financièrement. On parle donc d’argent.
Des réponses de ce genre-là, j’en ai eu quelques-unes, c’était pour mon premier roman « Dernier voyage en Haute-Savoie »
Certaines maisons d’édition demandent 2’000€, 3’000€ parfois même 3’450€ pour les plus chères dont j’ai connaissance. Mais ce n’est pas tout, ils attendent de l’auteur qu’il corrige lui-même son œuvre, ou bien qu’il sollicite -et paye- lui-même un correcteur professionnel.

Prises de contact

Ils n’omettent pas de laisser leur téléphone afin d’être recontactés, j’ai donc pris contact afin d’en savoir un peu plus.
Le questionnement tourne vite en rond :

⦁ Oui, votre roman est génial ! On veut l’éditer à tout prix !
⦁ Non, je n’ai pas lu moi-même votre roman.
⦁ Non, vous ne pouvez pas parler à la personne qui a lu votre roman.
⦁ Ah oui la somme c’est un risque à prendre, mais certains de nos auteurs deviennent célèbres ! On a des best-sellers ! Bon d’autres ne font presque aucune vente, c’est une possibilité, mais ça reste très rare rassurez-vous !
⦁ Oui, on veut l’éditer ! Par contre c’est à vous de payer.
⦁ Non, si vous ne payez pas, il n’y a aucun moyen qu’il soit édité, ceci n’est pas négociable.

Ça sent quand même assez mauvais tout ça, mais bon, je me dis que toutes ces personnes ne peuvent pas TOUTES être mal intentionnées. Il y en a bien qui font un travail acceptable, voire correct non ?


Je reconsulte mon entourage, ils ne sont pas schizophrènes : « Ils te demandent de l’argent ? Fuis ! »
Sage comme je suis, j’y suis allé quand même ! J’ai donc testé pour vous les éditions Saint-Honoré. Bon je ne vous cache pas que mon choix s’est porté sur le prix à payer au départ, à savoir 800€.

Partie 3 : Prise de contact « sérieuse »

Je leur téléphone et parviens à avoir le directeur. Décidément, le directeur lui-même s’occupe de renseigner les prospects…

(euuuh pardon, les futurs écrivains ? Admettons)

Alors le but de cet article n’est pas de dénigrer personnellement qui que ce soit. Simplement de vous informer sur mon expérience. Par conséquent, le nom du directeur ne sera pas évoqué, comme toutes les personnes dont j’ai pu être en contact.

Prise de contact téléphonique :

La personne que j’ai au téléphone m’informe que sa maison d’édition fait paraître 10 à 50 romans par mois.

(Whow, 10 à 50 romans par mois ?! C’est quand même beaucoup ! Non ? Petit auteur que je suis, j’avoue que je ne connais pas le marché, mais je trouve que ça fait beaucoup !)

Il m’informe également que la maison d’édition est très connue, qu’ils distribuent les libraires de toute la France !

(Ah bon ? Je vais souvent aux rayons livres de la Fnac et Cultura, je n’ai jamais vu cette maison d’édition. Peut-être suis-je passé à côté ? Admettons. Peut-être que je ne fréquente pas les bonnes librairies ? Allez savoir …)

Le directeur se vante de connaître personnellement Guillaume et de profiter de ses conseils en matière de vente de roman ! Il le connaît même très bien, car il l’évoque carrément en l’appelant « Guillaume »
C’est seulement quand je demande qui est ce mystérieux Guillaume qu’il évoque enfin son nom, « Guillaume Musso ».

(Whow, ça impressionne … Mais comment est-ce que je vérifie cette information moi ?
Personnellement je ne le connais pas, et je me vois mal aller lui serrer la main en lui
passant le bonjour de la part de ce fameux directeur, juste pour vérifier sa réaction…
Quoique ça serait intéressant !)

Ensuite le directeur m’explique qu’un budget publicitaire va être investi dans mon futur roman, un budget d’un montant de 13’000€ ! Whow, ça fait beaucoup !
À ceci je retente ma chance :
pourquoi ne pas investir que 12’200€ et ne pas me réclamer les 800€ ? Après tout, l’opération vous coûtera du coup la même chose ?
– Non, ça, ce n’est pas possible, on ne s’en sort pas financièrement si on fait comme ça.
Oui bon, voilà qui est curieux. Je n’ai pas fait math sup, mais pourtant, le calcul est pourtant évident …

Pour compléter son argumentation, le directeur m’explique qu’il travaille avec le réseau de distribution Hachette et que par conséquent, les clients reçoivent leurs romans dans un délai très rapide et que c’est traité avec beaucoup de sérieux.

Quand même, avec 10 à 50 romans par mois, comment faire en sorte que le mien se vende ?
– Woahhh rassurez vous, le budget publicitaire est fait pour ça ! On va faire de vous un grand auteur ! Ça marchera super bien ! Rassurez-vous !
Vous avez apprécié mon roman, est-ce qu’on peut en parler ?
– Non ce n’est pas moi qui l’ai lu. Mais j’ai confiance dans la personne qui l’a lue !
Est-ce que je peux parler à la personne qui l’a lu ?
– Ah non ça c’est impossible de parler au comité de lecture ! Ils sont très occupés.
Pour récupérer les 800€ investi, il faut parvenir à vendre entre 200 et 300 livres. Combien de vos auteurs parviennent à ce nombre de ventes ?
– Oh bah tous tous ! Tous ! Tous nos auteurs récupèrent leur somme investie ! Évidemment avec la publicité et nos stratégies de ventes, tous vendent très bien leurs romans !
Whow impressionnant, au bout de combien de temps ce retour sur investissement est atteint ?
– Oh bah tout de suite ! Tout de suite ! C’est immédiat ! Encore une fois on sait y faire !
Comment ça tout de suite ? Dès le premier jour des ventes vous réalisez plus de 200 ventes ?
– Écoutez monsieur, avec la publicité, nos stratégies notre réseau et les conseils de Guillaume qui est un ami personnel, oui ça marche très bien !
On va faire de vous un grand auteur ! Vous signerez des dédicaces. Mais pour ça il faut être prêt à vous donner les moyens.
– Je connais quelqu’un qui est youtubeur, il a plus de 200’000 abonnés. Il me propose de réaliser une vidéo afin de promouvoir mon roman. Alors c’est moyennant finance évidemment, mais ça peut être intéressant.
– On n’a pas besoin de lui !
Ce que je ne comprends pas c’est que si vous êtes prêt à investir un budget publicité à 13000€, pourquoi ne pas simplement mettre 12’200€ et ne pas me réclamer les 800€ pour le contrat ?
– Ah non ça c’est pas possible, financièrement on y arrive pas si les auteurs n’y mettent pas un peu du leur. Comprenez bien monsieur que les maisons qui ne vous demandent rien n’acceptent que 3 nouveaux auteurs par an, donc bon courage pour vous faire accepter !
Si vous voulez réussir dans ce milieu, il faut savoir vous donner les moyens ! Alors que là vous pouvez toucher des milliers de lecteurs avec votre roman et faire des séances de dédicaces !
Tiens d’ailleurs, les dédicaces, ça se passe comment ?
C’est simple, vous donnez les dates où vous êtes disponible, et nous on s’occupe de les organiser chez les libraires. Plus vous êtes disponible, plus vous pourrez faire des séances, et donc, plus vous vous ferez connaître et vous vendrez de livres.
On a les partenariats avec les libraires, on livre les romans sur le site, on récupère les invendus, bref on s’occupe de tout !
Whow, vraiment c’est pro cette affaire, il y a quand même pas mal de bons côtés. Néanmoins il y a beaucoup de choses qui ne sont pas vérifiables. Il y a surtout des informations qui invitent à me rassurer pour aller signer.
La seule chose garantie, c’est le retour sur investissement immédiat, dès le premier jour ! En plus des séances de dédicaces qui vont me permettre de vendre plein de romans ! Whow, ça promet. Pour conclure cet appel, toujours la même condition : pas de chèque : pas d’édition.
Le directeur termine son argumentation en disant que tout ce qu’il a dit sera noir sur blanc sur le contrat.

Voyons le contrat en détail :

Aucun budget pub évoqué.
Aucune garantie de vente.
Aucune information sur les séances de dédicaces.
Par contre, la condition d’envoyer un chèque est bien présente.

Bon, ça fait beaucoup d’indications qui sentent mauvais. Je sais que j’aurai de mauvaises surprises, mais j’suis décidé. Je sélectionne donc ce contrat qui me semble être le « moins pire » je signe, et j’envoie le chèque… Je lance la machine !

Correction

Je suis mis en contact avec une femme qui va s’occuper de corriger mon roman. Elle me contacte par email, les échanges sont bienveillants et on se donne RDV pour travailler par téléphone.

Celle-ci se révèle vraiment adorable. Au bout de deux jours, on se met à se tutoyer et on discute de plein d’autres sujets. Bref, très chaleureuse !
Son excellence dans l’orthographe, associé à ses suggestions d’amélioration de certaines de mes phrases ont fait de mon manuscrit un livre meilleur et je l’en remercie.

Je me dis, purée, les éditions Saint-Honoré, ils bossent bien ! En tout cas, le travail de cette correctrice leur fait une super réputation.

Illustration

Ensuite je suis mis en relation avec une illustratrice. Impossible de l’avoir au téléphone, tout se fait par email.
Suite à mes demandes d’un paysage montagneux avec une femme qui écrit sur un banc, je reçois deux photos, les deux me semblent assez loin de ma demande initiale.

Quand je demande des choses un peu plus spécifiques, l’illustratrice m’informe qu’elle ne travaille qu’avec des images libres de droits.
Après avoir tapé « montagne » sur Pixabay(Un site d’images libres de droit), je constate effectivement que les photos proposées se trouvent ici.

Quand je demande pourquoi est-ce qu’on n’achèterait pas les droits d’une image ? Après tout j’ai le souvenir d’avoir fait un chèque conséquent !
Bah parceque’on ne travaille qu’avec des images libres de droit ! Comprenons par là qu’on ne travaille qu’avec des images gratuites.

Bon, je n’aurai pas gain de cause sur l’image. Ça fait très « économies à tout prix, c’est comme ça et pas autrement ! » Mais bon, difficile de me plaindre.
Je surveille le travail réalisé et là, surprise !
Figurez-vous que je trouve synopsis de mon histoire (c’est-à-dire le texte qui résume toute l’histoire et qui révèle les secrets et les dénouements) se trouve au dos du livre !

En d’autres termes, lire ça, c’est n’avoir plus aucune utilité à lire le livre ! Comment peuvent-ils laisser passer ça ? Eux qui sont si professionnels …
Bref, je demande à ce que ça soit changé et remplacé par mon propre texte de 4e de couverture, celui qui donnera au lecteur d’ouvrir le livre.
Une fois l’histoire arrangée, j’attends la date de parution … Octobre 2019.

Octobre

À l’approche de la sortie du roman, je me prépare, j’envisage de poser des congés à mon travail, j’apprends ce qu’il est sympa d’écrire dans une dédicace, bref je me vois déjà en mode star de hard rock !
J’appelle donc la maison d’édition avec ma liste de dates disponibles, et là, grosse désillusion …

« Mais vous n’avez pas pris le contrat promotion ? »
Quel contrat promotion ? C’est la première fois que j’entends parler de ça …
« Sans contrat promotion c’est à vous de démarcher les libraires pour obtenir des séances de dédicaces. Mais on est prêt à vous aider quand même, on vous donne la liste des librairies partenaires et vous allez les voir pour leur demander. »
Bah bien sûr ! En voilà une douche froide … Trop tard pour regretter…
– Donc concrètement, c’est à moi de dépenser mon essence, mon temps et mon énergie à démarcher pour faire des dédicaces, alors que vous aviez promis de le faire ?
– Ah on n’a rien promis !
– Ah si vous l’avez fait ! C’était par téléphone.
– Peu importe ce qui a été dit par téléphone, ce qui compte, c’est ce qui est indiqué sur le contrat ! Or là, ce n’est pas indiqué… Donc … Niet.

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Douche froide ! Une première pour leur gestion, une deuxième douche froide pour leur mauvaise volonté.

31 octobre

Nous y voilà, le jour de la sortie de mon roman. 31 octobre 2019. Et qu’est-ce qu’il se passe ?
Bah, absolument rien.

Je vais à Carrefour, ils ne connaissent pas mon œuvre. Elle n’existe même pas en référence.
Je passe chez Cultura, là j’apparais en référence. L’œuvre est donc commandable, néanmoins ils ne l’ont pas dans les stocks, encore moins en rayon. C’est déjà quelque chose, néanmoins pour faire des séances de dédicaces, c’est autre chose … Quand je pose la question « Ouais on vous rappellera » (sans même prendre mon numéro)
Je tente ma chance chez la Fnac : « Non on ne fait pas les séances de dédicaces avec votre maison d’édition, car ils refusent de reprendre les livres invendus. »
Quoi ? Les invendus ne sont pas repris par la maison d’édition ? C’est quoi ce délire ?

(Ça fait la troisième douche froide ?)

J’appelle la maison d’édition, j’ai sérieusement le sentiment de passer pour un casse-pied, ils m’expliquent qu’ils reprennent les invendus et que la Fnac a dû se tromper …

Bon, j’y retournerai, on verra …

Amazon

Sur Amazon mon livre apparaît en référence, néanmoins il y a une mauvaise surprise … Le délai de livraison ! 3 mois !

Comme si un lecteur avait envie d’attendre trois mois pour recevoir le roman … Surtout sur Amazon ! Là où on est livrés moins de 24h après avoir acheté.
Là encore, je recontacte Saint-Honoré, je passe à nouveau pour l’emmerdeur de service …

Et ils m’informent qu’en fait, pour avoir un délai normal, il ne faut pas passer par l’acheteur classique d’Amazon. En d’autres termes, il faut aller sur mon livre, changer l’acheteur dans les petites options introuvables, sélectionner le bon vendeur (qui ne s’appelle même pas Saint-Honoré) et là seulement, la livraison se fait en seulement 10 à 15 jours.

Non, mais bien sûr ! Comme si chaque client potentiel allait s’embêter à faire ça.
Je demande de simplifier le schmilblick pour que le 1er vendeur suggéré soit le bon, histoire de ne pas décourager les acheteurs potentiels.

« Ah non ça c’est pas possible. »
Bon, ils ne brillent vraiment pas par leur bonne volonté … (4e douche froide)

Retour à la Fnac

Je retourne à la Fnac, après tout je suis peut-être tombé sur un employé qui ne connaissait pas bien le truc. Je demande le responsable du rayon livre, histoire d’avoir une réponse fiable.

Après quelques recherches sur son ordinateur, la réponse est la même : « houla, votre maison refuse de récupérer les invendus ? C’est la première fois que je vois ça. Donc non, on ne peut pas faire de séance de dédicaces dans ces circonstances. Vous vous doutez bien qu’on ne va pas encombrer nos stocks avec vos livres s’ils ne se vendent pas et si on ne peut pas les renvoyer à la maison d’édition. »

Je recontacte à nouveau mon éditeur, ils m’informent que ça va s’arranger la semaine prochaine … Qu’il suffit d’attendre un peu.

Admettons … Je laisse passer deux semaines pour être sûr et je retourne à la Fnac, je retombe sur le responsable du rayon livre qui me donne la même réponse.

Je re-re-re-recontacte l’éditeur qui m’informe que les employés de la Fnac sont vraiment incompétents et que je dois les engueuler pour qu’ils comprennent qu’ils reprennent les livres invendus.

Bien sûr, comme si j’allais moi-même engueuler le type pour lui faire comprendre que mon éditeur est sérieux. (Éditeur qui ne fait que s’illustrer par ses négligences jusqu’à maintenant)

Bref, j’évite ce scandale et je choisis de ne pas aller l’embêter. Je réalise que je ne signerai pas de séances de dédicaces contrairement à ce qui m’a été promis.

Et la pub dans tout ça ?

Au fait, elle est où la pub ? Chez les libraires… Dans les rues, sur Internet … Bizarrement je ne la vois nulle part. Pour un budget de 13’000€ c’est quand même bizarre de ne pas la voir.

Je n’ose même pas appeler la maison d’édition, tellement déçu par leurs innombrables mauvaises surprises qu’ils m’ont prévu. Toutes façons, c’est trop tard. On va aller au bout.

Ma chère maman !

J’ai presque oublié de le préciser, sur ces entre faits, ma bienveillante mère a évoqué à toute la famille, tous ses amis, son club de gym et même le voisinage que j’avais écrit un roman. Elle n’a pas manqué d’énergie pour vendre l’œuvre de son fils adoré dont elle est fière …

Je me demande si ma mère, par sa passion, n’a pas déclenché plus de ventes que la maison d’édition elle-même au passage. J’aurais bientôt la réponse.
Hélas, par retour de bâton, ma mère m’a aussi recontacté au moins une 20aine de fois pour me dire que des amies à elles, famille et copines du club de gym ont commandé le livre sans jamais ne l’avoir reçu.

Fort heureusement, les librairies ont fini par les rembourser, mais impossible d’avoir mon livre en main. Voilà qui est curieux …

6 mois passent

Six mois après la sortie du roman, je contacte l’éditeur et je demande le nombre de ventes.
Ils m’informent que c’est seulement au bout d’un an qu’ils pourront dire le nombre d’exemplaires vendus. Je vérifie le contrat, je constate que c’est bel et bien écrit ainsi. Pas le choix, j’attends.

1 an passe …

Nous y voilà, un an ! Je rappelle l’éditeur, alors ? Les ventes ?

Ah il faut attendre un an et deux mois !
Ah non, le contrat dit que c’était un an, alors j’aimerais bien savoir maintenant.
Oui, mais en raison du Covid-19 c’est très compliqué de tenir les délais, c’est un an et deux mois et c’est tout on ne pourra pas faire autrement. Rappelez dans deux mois.

Bon… J’attends. Je ne suis plus à ça près.

1 an et 3 mois passent …

J’attends volontairement un mois supplémentaire, afin de ne pas trop les bousculer, et je rappelle :
Salut ! C’est encore moi ! Alors combien de ventes ?

La personne tapote sur son ordinateur, puis me dit qu’effectivement je peux percevoir mes droits d’auteurs. Elle s’en occupe dans la semaine.
D’accord, mais vous connaissez le montant ?

Non impossible pour moi de savoir, vous verrez ça sur le courrier qui va vous être envoyé.
Donc là deux choses. D’une, la personne ne peut pas savoir le nombre de ventes ? C’est vraiment bizarre.
La deuxième chose, c’est que si je n’avais pas appelé, ils n’auraient pas pris l’initiative de m’envoyer le chèque. Encore une fois, c’est à moi de les pousser à faire leur travail.

Les fameux droits d’auteurs !

Je reçois finalement un courrier, comme promis, avec les droits d’auteurs… Je vous laisse apprécier ce qui se cache derrière cette promesse d’avoir au moins autant de revenus que le coût du contrat dès le premier chèque.

Je remarque qu’ils ne savent même pas écrire mon nom …

(On est à la 5e douche froide ? J’ai perdu le compte, je crois …)
Obtention du chèque : 37 ventes, soit un peu plus de 120€ gagnés.

Il est grand temps de partir…

Je contacte l’éditeur (qui n’est pas le directeur, celui-ci étant trop occupé pour prendre mes appels) pour l’informer que je romps le contrat, car la promesse n’a pas été tenue.

Celle-ci est très étonnée :
Quelle promesse ? Elle n’en a jamais entendu parler.
Celle de garantir au moins 800€ de profit à la réception du 1er chèque.
Elle est choquée, ne considérant pas possible qu’une telle promesse ait pu être faite … Et pourtant, elle l’a été. Mais les paroles s’envolent, les écrits restent, et dans le contrat il n’y a aucune garantie.

Je l’informe également qu’il n’est pas acceptable d’avoir eu autant de personnes qui ont commandé mon livre sans jamais l’avoir reçu.

À ceci, elle me demande pourquoi je ne l’ai pas prévenue. C’est vrai, j’aurais pu l’appeler pour l’inviter à presser les personnes qui traînent des pieds, mais en définitive, je crois que j’avais perdu espoir depuis un bon moment déjà.

Soudain elle m’informe : « Ahhh, mais Mr Gavoty, enfin ! Vous savez bien ce qu’il s’est passé en mars 2020 ? Vous étiez là quand même ? Vous n’avez pas pu passer à côté de ça ? »

Le ton condescendant ne m’a pas plu, j’ai donc répondu avec la même délicatesse :

« J’espère que vous ne comptez pas justifier le fait que les clients n’ont pas reçu leurs livres par la pandémie et le confinement, car j’ai été édité le 31 octobre 2019, et de novembre à mars 2020 il y a cinq mois, cinq mois pendant lesquels il y avait déjà une gestion catastrophique des commandes.
Donc pour vous répondre oui, je sais ce qu’il s’est passé en mars 2020, pourquoi ? »


« Ah alors ce n’est pas à cause de ça, bon je ne comprends pas d’où vient le problème, mais je suis désolée Mr Gavoty, vous auriez du me prévenir ! »

C’est vrai, et je ne l’ai pas fait. J’avais perdu espoir depuis longtemps déjà.

Rupture du contrat

J’envoie le recommandé avec accusé de réception avec la lettre de rupture de contrat.
Quelques jours plus tard, je reçois également un courrier m’informant que je récupère donc les droits sur l’œuvre et que le contrat prend donc fin.
Une bonne surprise !
Pour une raison qui m’échappe, je reçois un nouveau chèque avec une bonne nouvelle : 54 ventes, soit un peu plus de 180€ pour moi !

Ils ont réalisé qu’il n’y avait pas de H dans Gavoty au passage.

Quand ont-ils fait ces ventes ? Suite à quelles publicités ? Aucune idée. Je pense qu’avec une meilleure communication de leur part et un peu de bonne volonté, j’aurais pu rester chez eux.

Mais j’ai finalement laissé courir le recommandé pour mettre fin au contrat. Après tout je m’étais déjà résolu depuis longtemps de passer en auto-édition.

En conclusion, plusieurs choses.

Comme elle l’a dit, c’est vrai, j’aurais pu la prévenir, j’aurais pu la rappeler à l’ordre à chaque fois qu’il y avait un problème … Sauf qu’à un moment donné, si c’est à moi de payer l’édition du roman, si c’est à moi de le distribuer, à moi d’obtenir les séances de dédicaces, à moi de surveiller ce que fait l’illustrateur, tout ça pour n’avoir qu’une toute petite partie du gain …

Je pense qu’il vaut mieux choisir l’auto-édition. Là au moins, aucune promesse, on fait tout tout seul comme un grand, et on n’attend rien de personne.
Donc pour simplifier et conclure …

Les points positifs :

⦁ Date de parution respectée. (Prévu octobre 2019, parue 31 octobre 2019)
⦁ Mise en contact avec une correctrice qui a fait un excellent travail.
⦁ Mise en référence du livre en librairie. (Fnac, Cultura, librairies de quartier)
⦁ Un deuxième chèque inexpliqué.

En points négatifs :

⦁ Un retour sur investissement négatif (800€ investi, environ 300€ gagnés)
⦁ Une promesse(verbale) d’un retour sur investissement positif non tenue.
⦁ Promesse(verbale) de gestion des séances de dédicaces non tenue.
⦁ Nombreux acheteurs qui n’ont jamais reçu leur commande.
⦁ Délais de distribution par Amazon de 3 mois : inadmissible.
⦁ Gestion des retours des livres prétendue, mais jamais assumée (Fnac)
⦁ Absence de référencement dans certaines grandes surfaces. (Carrefour)
⦁ Illustratrice qui ne travaille qu’avec des images libres de droits.

Comment fonctionnent-ils ?

En définitive, si ce que le directeur de la maison disait est vrai, ils font paraître 10 à 50 livres par mois. Après un bref calcul, ça fait entre 10×800= 8000€ et 50×800= 40’000€ (Par mois!) ! Une sacrée somme, et intégralement payée par les auteurs, uniquement pour être édité.

Donc si on multiplie par 12 pour avoir la rentabilité annuelle de la société, nous arrivons à une somme se trouvant entre 96 000€ et 480 000€ par an ! Sacré chiffre d’affaires annuel ! Surtout sans vendre un seul roman !

Alors bien sûr ils ont certainement des frais, comme payer des employés et tout ce qui va avec.

Néanmoins je n’ai pas l’impression que l’effort qu’ils sont prêts à fournir pour obtenir un contrat est le même quand il s’agit de vendre les livres.
En d’autres termes, j’ai surtout l’impression qu’ils gagent de l’argent sur les écrivains qui rêvent de percer dans le milieu plutôt qu’en se décarcassant à promouvoir et vendre leurs romans.

Mais bon, ça c’est surtout mon opinion personnelle qui ne fait absolument pas référence. Ce qui est sûr, c’est que si je dois recommander une maison d’édition à un proche, ou à mes élèves qui terminent leur romans, ça ne sera pas les éditions Saint-Honoré, c’est une certitude.

Voilà chers passionnés, j’espère que mon retour d’expérience vous sera utile et qu’il vous éclaircira sur ce qui vous attend en signant avec les maisons d’éditions à compte d’auteur. Encore une fois, Saint-Honoré n’est pas la seule maison d’édition à compte d’auteur donc je n’ai aucune idée du système des autres maisons. Si vous avez un retour d’expérience à faire, n’hésitez pas à laisser un commentaire, ça m’intéresse !

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