Dans nos scénarios, il peut nous arriver d’avoir besoin de faire mourir nos personnages. Par accident, lors d’un combat ou suite à une maladie, tous les moyens sont valables. Le tout, c’est de ne pas oublier l’essentiel : l’émotion.

La cruauté

Salut les passionnés ! On a pas mal parlé des personnages dernièrement, on va rester dans le thème, mais cette fois-ci on va aller un peu plus loin dans la cruauté … Car il va s’agir de les faire mourir ! Oh la cruauté !

Vous vous en souvenez, la cruauté est vitale pour que votre lecteur s’intéresse à vos personnages et donc à votre histoire.
Pour ceux qui n’ont pas lu l’article qui traite du sujet, je vous invite vivement à aller le lire.

(cliquez ici pour lire l’article)

Mais pour ceux qui ont la flemme, je vais être sympa et je vous fais un résumé :

Le premier excès :

Pas de souffrance = pas d’intérêt

Deuxième excès :

Souffrance inutile = pas d’intérêt (Bonus sadisme)

L’équilibre :

Épreuves cruelles et difficiles = Intérêt

En tant qu’écrivain, il nous est donc nécessaire de faire preuve de cruauté envers nos personnages, nous devons les confronter à la souffrance pour leur permettre d’apprendre, de s’adapter et d’évoluer. Attention à ne pas faire souffrir pour rien ! Car c’est du sadisme justement.

Et s’ils ne souffrent pas, alors il n’y a pas d’intérêt à lire l’histoire, car il n’y a rien à raconter.
Bref vous avez compris l’idée j’en suis sûr.

Mais pour rendre ces épreuves crédibles, il peut arriver qu’un personnage connaisse une fin tragique. Oui ! Nous pouvons faire mourir nos personnages, on est dans la fiction, il n’y a pas de règlement pour vous l’interdire.

Je vous le recommande

Tuer certains de vos personnages, si votre histoire s’y prête, c’est quelque chose que je recommande de faire. Particulièrement pour vos personnages gentils, en faisant ça, vous insufflez la crainte à votre lecteur.

C’est important que la personne qui lit votre histoire ne puisse pas se dire « Bof, même pas peur, de toute façon les gentils vont forcément s’en sortir »

Détruisez cette croyance

Détruisez cette croyance purement et simplement en exécutant un personnage auquel votre lecteur est sentimentalement lié. Lorsque c’est fait avec cruauté vous vous garantissez qu’à chaque situation dangereuse, votre lecteur ressentira de la crainte. Car il sait que dans votre univers, les gentils peuvent mourir.

En faisant ça, votre œuvre devient immédiatement inoubliable. Car votre lecteur aura ressenti une émotion importante : la peur.

L’erreur à ne pas commettre

La terrible erreur que je vous suggère d’éviter est de faire revenir un personnage à la vie. « Non, mais finalement il a survécu ! En fait tout le monde le croyait mort, mais il a pu s’échapper de justesse ! »

Catastrophe… Crédibilité zéro.
C’est pourtant très répandu, mais c’est pour moi une terrible erreur.

Pourquoi ?

Pourquoi ? Parce que vous décrédibilisez votre narrateur. Vous décrédibilisez les émotions que votre lecteur a ressenties quand il a appris la mort de ce personnage. Vous décrédibilisez votre intrigue … Bref, même si c’est tentant, ça a des conséquences catastrophiques sur l’intérêt que porte votre lecteur à votre histoire.

Le lecteur aura raison de douter, il se dira « Tiens, tel personnage est mort ? Boarf, il va revenir dans quelques chapitres. »
« Tiens, le héros est en danger ? Bof, il va s’en sortir »

Vous auriez envie de lire un roman qui vous fait bâiller d’ennui ? Probablement pas. Et ressusciter vos personnages est le meilleur moyen de détruire votre tension dramatique.

Parlons de Blizzard !

Sarah Kerrigan dans Starcraft 2

Pour ceux qui ne sont pas versés dans l’univers des jeux vidéos, sachez simplement que Blizzard est une compagnie de jeux vidéos qui fait office de référence dans l’univers vidéoludique. La société existe depuis près de 30ans et elle est tout simplement incontournable.

Pourtant leurs scénaristes souffrent eux aussi du syndrome du héros immortel. En effet, leurs personnages importants ne meurent à proprement parler JAMAIS.

Ils ont beau être au front depuis plus de 20ans, ils passent toujours entre les balles ! Et quand bien même il leur arrive malheur … Du genre ils se font se font cribler de projectiles, transpercer par des aliens, découper par des créatures célestes dotées de lames affûtées, voire plus radicalement s’ils se font souffler par des explosions supersoniques ou des bombes nucléaires, les personnages s’en sortent quand même…

Une plaie à l’arcade et deux jours de repos, les revoilà sur pied ! C’est pas magnifique ça ?

Hé bien justement, pas du tout !

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Pourquoi est-ce mauvais ?

Comme je l’ai expliqué avec le filet de sécurité, sauvez un personnage trop souvent et vous empêcherez votre lecteur d’avoir peur pour lui.
Mais ce n’est pas tout ! C’est aussi terriblement mauvais parce que toute la surprise de la disparition, toute la peine, la tristesse, le deuil … Toutes ces émotions que vous aurez réussi à créer n’auront plus aucun sens …

D’une certaine manière, ça en revient à dire à votre lecteur « bon vous avez bien été triste pendant 20 pages, mais ça n’a servi à rien, car en fait je n’ai pas envie qu’il meure mon héros, je trouve un prétexte et hop, il réapparait. »

Décrédibiliser les émotions

Comme je l’ai déjà dit, en faisant ça, vous décrédibilisez toutes les émotions par lesquelles votre lecteur est passé lorsqu’il était triste pour ce personnage.
En d’autres termes, vous aurez raconté des évènements pour rien…

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Comment faire si …

Hé oui, bonne question ! Merci de l’avoir posée. Comment faire si dans votre scénario vous avez besoin de faire passer un personnage pour mort ?
Parce que c’est une situation qui peut arriver, pourtant on veut éviter le cliché du héros immortel, alors comment faire ?

Dans ce cas-là, je vous suggère trois possibilités.

La première : Informer le lecteur

Vous pouvez informer le lecteur que ce personnage a survécu, mais pas vos personnages.
Ce décalage va créer un lien fort entre les personnages qui agissent dans l’erreur et le lecteur qui a conscience de ce qu’il se passe réellement.

La deuxième : informer les personnages, mais pas le lecteur.

Autre possibilité, l’inverse. Informez les personnages de sa survie, mais laissez croire l’inverse au lecteur. De cette manière-là, votre lecteur ne comprendra pas pourquoi vos personnages agissent d’une certaine manière à certains moments.

Ce mystère gagnera en puissance au fil des pages et sera renversant lorsqu’il sera révélé. Avec un plan bien établi, le lecteur dira « Ah ben ça ! Je ne l’avais pas vu venir ! Pourtant c’était sous mes yeux ! »

La troisième : informer le lecteur et un seul personnage.

La troisième possibilité consiste à informer le lecteur et un seul personnage. Donnez un motif légitime pour que le personnage informé tienne le secret qu’il cherche à le conserver.

Ensuite, laissez les autres dans l’ignorance. Contraignez le personnage informé à mentir pour tenir le secret. Sa lutte pour éviter que la vérité n’éclate attachera votre lecteur à ce personnage.

À vous la parole

Voilà chers passionnés, comme chaque semaine j’espère vous avoir donné l’envie d’écrire, ou au moins inspiré.

Est-ce que vous êtes d’accord avec moi sur le fait de ne pas ressusciter vos personnages ? Ou bien au contraire vous considérez que je suis trop catégorique et que des exceptions peuvent être viables ?

Laissez un commentaire ci-dessous, votre avis m’intéresse.

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