Salut les passionnés ! Comme promis, le sujet de la semaine va porter sur l’antagoniste. Communément appelé le « Méchant »

Et comme toujours, vous allez voir qu’on peut réaliser des antagonistes extraordinaires avec des techniques simples.

La question qui tue !

Pourquoi vouloir le rendre extraordinaire ? Après tout, c’est le méchant ! Il est là pour pourrir la vie à notre héros adoré qui veut sauver le monde. Et puis mon histoire va finir bien donc l’antagoniste va être amené à perdre !

Je ne trouve aucun intérêt à le rendre trop classe ou trop fort ! Alors, pourquoi me fatiguer dans la réalisation de mon antagoniste ?

La réponse …

Si vous vous posez cette question, sachez que vous êtes à *ça* de commettre une erreur terriblement répandue. Celle de négliger son antagoniste.

Pourquoi se fatiguer à travailler l’antagoniste ? Parce que l’antagoniste est vital pour votre scénario. Sans lui, votre histoire n’aura aucune raison d’être lue.

Le rôle de l’antagoniste

Alors certes, si on s’intéresse simplement à son rôle dans l’histoire, il va uniquement représenter un obstacle. Il va menacer la vie du héros et de tous les personnages qu’on aime bien. Bref, il va être détestable et on a qu’une envie c’est de le voir être vaincu. Là-dessus, tout le monde s’accorde à peu près.

Mais du point de vue de l’écrivain, il a un rôle capital : celui d’intéresser le lecteur ! Alors certes, le lecteur ne s’intéressera pas directement à l’antagoniste.

(Et encore que ?)

Par contre, votre lecteur s’attachera à votre protagoniste lorsque celui-ci sera en danger ! Pour résumer les deux derniers articles portant sur l’importance des personnage et sur le protagoniste : plus vos personnages sont engagés dans un combat inégal, plus votre lecteur se demandera comment ils vont s’en sortir… Et donc, ils voudront connaître la fin de votre histoire.

(Voir l’article sur l’importance des personnages.)

(Voir l’article sur le protagoniste)

Avoir un antagoniste trop lisse

Pour en revenir à l’erreur à ne pas commettre, c’est justement de créer un antagoniste trop lisse. Un personnage sans âme qui n’est là que pour remplir le rôle du méchant voulant détruire le monde, conquérir l’univers ou autres projets loufoques. Ça n’a aucun crédit.

C’était valable pour les Bisounours ou Mario Bross, mais guère plus. Si vous désirez créer un roman inoubliable qui inspirera de l’émotion à votre lecteur, même des années après sa lecture … Vous avez besoin d’…

Un antagoniste démoniaque !

Réussir son antagoniste, c’est la garantie d’avoir un personnage angoissant et mémorable. Il sera autant préoccupant pour vos personnages que pour votre lecteur.
Vos personnages ont toutes les raisons de craindre ce sadique, maître de la manipulation dénué de toute forme de pitié …
Mais votre lecteur lui, qui connaît ses projets a encore plus de raisons de s’inquiéter pour vos personnages !
Pour ça, vous pouvez donner des informations à votre lecteur, l’informer des pièges que ce démon prévoit et dans lesquels l’antagoniste s’apprête à tomber …
En faisant les choses de cette manière-là, vous créez ce qui est vital d’avoir dans toute histoire : une tension dramatique.

(J’en profite pour faire un coucou à celles et ceux qui m’ont fait l’honneur de lire mon roman. Je vous remercie encore chaleureusement et j’aimerais vous demander : ai-je réussi à marquer votre âme au fer rouge avec mon antagoniste ? Son souvenir est-il impérissable ? Était-il démoniaque ? Mon histoire vous aurait-elle inspiré autant d’émotion sans ce personnage ?)

Encore une fois…

Je l’ai déjà dit, mais c’est tellement important que je me sens obligé de le répéter : avoir un méchant qui n’inspire pas la crainte empêche toute tension dramatique d’apparaître.

Et un roman sans tension dramatique n’a aucune âme, il se range au même niveau que le dictionnaire et les notices d’utilisation de l’aspirateur. En d’autres termes, rien ne nous pousse à le lire.

Comment créer un antagoniste réussi ?

Comment créer un antagoniste réussi ? Voilà la bonne question, et à ceci, vous avez déjà eu un élément de réponse dans l’article qui fait la distinction entre sadisme et cruauté.

Pour faire simple, un sadique, c’est un malade qui aime faire souffrir les gens gratuitement.
Un cruel c’est quelqu’un qui crée de la souffrance, mais jamais sans raison. En tant qu’auteur, vous devez être cruel envers vos personnages afin de les pousser à évoluer, mais jamais sadique à les faire souffrir pour rien.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Les personnages secondaires

Concrètement

Donc concrètement, pour réussir votre antagoniste, vous avez besoin de jouer entre les deux. Laissez croire à votre lecteur que votre antagoniste est sadique gratuitement, puis à d’autres moments, démontrez l’inverse. Montrez qu’il peut aussi agir d’une manière moins sadique, voire presque bienveillante.

Pour rendre tout ça crédible, vous avez besoin que votre antagoniste ait des raisons qui légitiment toutes les choses affreuses qu’il fait. S’il tue des gens, il doit le faire pour des raisons qui ont un sens tout à fait justifié. Alors évidemment on ne justifie jamais de commettre des meurtres, néanmoins, il faut essayer de percer la psychologie de votre antagoniste.

Même si c’est pour un motif totalement inadmissible d’un point de vue moral, pour votre antagoniste, ça doit être acceptable, même appréciable.

Quelques exemples

Voici quelques exemples qui démontrent qu’on peut « défendre l’indéfendable »

Votre antagoniste est un tyran ? Il tue quelqu’un ? Certes, tuer c’est mal, mais c’est pour qu’il puisse maintenir son gouvernement en place alors c’est justifié. Car son gouvernement sauve des vies tous les jours !

Votre antagoniste séduit une femme mariée ? Il détruit une union merveilleuse et en prime il se met à maltraiter la malheureuse qui lui a fait confiance ? Certes, il lui donne quelques corrections, mais c’est pour l’éduquer et faire d’elle une meilleure épouse ! Et puis elle est heureuse avec lui donc elle peut bien accepter ça.

Votre antagoniste est prêt à tuer des dizaines ou des centaines de personnes en sabotant des trains ou en incendiant des immeubles ? C’est vrai que les victimes n’avaient rien demandé, mais c’est pour trouver l’homme qui en sauvera plus !

La morale de l’antagoniste

Vous l’avez compris, on ne peut jamais légitimer des actions aussi graves, néanmoins, il faut que dans le point de vue de votre antagoniste, ça soit tout à fait normal, voire même légitime et glorieux.

C’est pour cette raison que vous avez besoin de bien définir votre antagoniste dans sa psychologie. Une fois que c’est fait, jouer entre sadisme et cruauté sera beaucoup plus facile à faire.

Pour couronner le tout …

Si vous désirez rendre votre antagoniste encore plus abominable, vous pouvez en plus faire de lui un type chanceux, voire carrément intuitif.

Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises : l’intuition est à bannir. Vous ne pouvez pas permettre à votre héros de retrouver la fille qu’il a perdue de vue simplement par l’intuition. Ça serait trop facile qu’il cherche directement au bon endroit sans explication logique.

Par contre, avec l’antagoniste, les règles du jeu changent !

Votre antagoniste s’apprête à monter dans son véhicule ? Celui-ci est piégé par votre héros qui y a placé une bombe afin de le tuer ?
Hé bien votre antagoniste peut tout à fait décider de ne plus prendre sa voiture, comme ça, sans aucune raison logique. Juste par intuition, il préfère prendre le bus et échapper à la mort.

Alors bien sûr, n’en abusez pas, mais lui donner une « deuxième vie » de cette manière-là peut être sensationnel !
Ça sera bien plus crédible que de dire qu’il a survécu à l’explosion et qu’il continue ses projets avec une petite cicatrice, je pense que vous serez d’accord avec moi.

Attention à la confusion

L’antagoniste est un personnage nuisible envers le héros et la plupart des personnages, il détruit tout sur son passage et ne laisse derrière lui qu’un champ de ruine, même si souvent il prétend le contraire.

Il ne faut pas le confondre avec l’antihéros, le rival ou l’ennemi juré, car même si eux aussi peuvent être opposés au héros, ils ne sont pas l’antagoniste pour autant.

Il y a aussi bien d’autres personnages intéressants à envisager : l’opposant, le mentor, l’adjuvant, le donneur de quête, etc.
Mais je reviendrai sur ces personnages un peu plus spécifiques dans les prochains articles. Vous allez voir qu’ils peuvent aussi déclencher des émotions extraordinaires à votre lecteur, et pourquoi pas … Le faire pleurer ?

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