Ma femme, celle qu’autrefois j’aimais tant … Ça j’ose le dire ! Je l’ai aimé ! Quand je l’ai rencontré, je suis tombé amoureux très vite. C’était magique car elle aussi nourrissait des sentiments pour moi. Nous étions persuadés que notre Amour serait éternel.

Nous avions la certitude que la passion déplacerait des montagnes et que jamais nous ne serions confrontés aux problèmes des autres couples. Une certitude tellement grande que trois mois plus tard, nous étions mariés.

Maintenant je le sais, c’était une erreur. C’est une croyance commune à tous les jeunes couples que de s’imaginer indestructible. Je n’ai pas vu comment on a pu passer d’une telle complicité à une telle aversion. Néanmoins, je sais exactement à quel moment mon paradis est devenu un enfer. Nous avions deux ans de mariage quand c’est arrivé.

Les choses ont changé le jour où j’ai commis l’irréparable. Oui, c’est la vérité, j’ai été infidèle. Un soir alors qu’elle n’était pas là, j’ai ri, j’ai bu, et je me suis réveillé aux côtés d’une inconnue. Une femme dont j’ignorais même le prénom.

Mais au lieu de me demander comment c’est arrivé, j’ai préféré me demander comment réparer cette erreur ? J’ai tout avoué à mon épouse, et elle a explosé. À ses yeux, le mari extraordinaire que j’étais s’est transformé en coureur de jupons. Un infidèle qui fait du mal aux femmes ! Un monstre …

Mais je l’aimais ! J’aimais mon épouse alors j’ai tout fait pour gravir la montagne de rancœur qu’elle avait contre moi. C’est là que mon paradis est devenu enfer. Au moment où je me suis mis en quête de son pardon.

J’ai accepté des torts qui n’étaient pas les miens. J’ai endossé le mauvais rôle. Par amour pour elle, pour notre couple, j’ai affronté mille tourments. J’espérais vraiment obtenir son pardon … Mais elle ne me pardonnait jamais. Elle était encore blessée. D’après elle, ça prendra le temps que ça prendra et c’était à moi d’assumer tout ça, car j’avais tout provoqué.

Nous sommes mariés depuis presque sept ans. Ça fait cinq ans… Cinq d’années que je lutte pour me faire pardonner ! Mon mariage compte bien plus d’années de souffrances que d’années de bonheur ! Tout ça à cause de mon erreur.

Mais attention, cette fois-ci quand je dis mon erreur, je ne parle pas de mon infidélité. Non. Mon erreur c’est de m’être posé la mauvaise question. Comment me faire pardonner, c’est la mauvaise question.

Ce que j’aurais mieux fait de me demander, c’est pourquoi ai-je été infidèle ? Comment est-ce arrivé ? Si j’avais réfléchi à ça plutôt que de m’entêter à chercher un pardon que je n’obtiendrais jamais, j’aurais pu ne pas perdre cinq années de ma vie.

En me posant ces questions, j’aurais pu comprendre que quelque chose ne tournait pas rond dans mon couple. Ça m’aurait permis d’envisager une séparation plutôt que de m’entêter comme l’excessif que je suis … Depuis tout petit, j’ai toujours été excessif, je n’ai jamais réussi à changer ça.

« Il n’est jamais trop tard pour arrêter d’être excessif »
Voilà ce que j’entends souvent. Je dois devenir mesuré ? Me séparer d’elle et refaire ma vie avec une autre fille, ensuite tout le monde sera heureux ? Non, tout ça c’est valable dans les romances à l’eau de rose, dans les histoires qu’on raconte sur Internet … Dans la réalité, ça ne se passe pas comme ça. Dans la réalité je rends les coups …


Car oui ! J’ai des coups à rendre ! Aujourd’hui mon patron se sentait mal et il est rentré chez lui. Du coup il a fermé la boutique et tous les employés ont pu avoir leur après-midi. Plutôt que de rentrer directement chez moi, j’ai préféré me promener en ville. Je suis tombé sur elle… Et elle ne m’a pas vu.

Maintenant je comprends pourquoi elle ne veut pas me pardonner, elle est infidèle elle aussi. Sauf qu’elle ne m’a jamais rien avoué ! Elle me fait passer pour le mari abominable alors qu’elle fait bien pire ! Je suis rentré chez nous et pour la première fois, j’ai fouillé sur son ordinateur. Je n’imaginais pas quelles trouvailles j’allais découvrir…

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Des sites de rencontres, des faux noms, des faux profils, mais toujours avec ses photos… Bien sûr elle a pris soin d’effacer les historiques, mais je ne suis pas né de la dernière pluie.

J’ai cru au départ qu’elle faisait tout ça pour me faire payer, mais non ! Les dates d’inscriptions ne peuvent pas mentir … Elle a toujours été sur ces sites. Elle n’a jamais été fidèle, même pas pendant les trois mois où nous n’étions pas encore mariés ! Aujourd’hui je comprends. Elle est bien contente d’avoir quelque chose à me reprocher pour que je rampe à ses pieds.

Donc j’ose le dire, j’ai des coups à rendre. Elle a réussi à gâcher ma vie et à détruire mon estime de moi ? Très bien. Un à zéro. Balle au centre, sauf que maintenant c’est moi qui mène …

Demain c’est son anniversaire. Je compte bien lui faire passer une soirée qu’elle n’oubliera jamais. Ça va vraiment la surprendre, car jamais je ne me suis rebellé. Pour elle je suis toujours le bouc émissaire bien servile… Elle ne verra rien venir.

Mille épées dans la lumière sont moins à craindre qu’un poignard dans l’ombre… C’est ma citation préférée … Et c’est de circonstance.

Donc demain, c’est moi qui organise. Une réservation dans un grand restaurant en ville pour un diné romantique. Après ça, on rentre chez nous. À vingt-trois heures trente précises, elle mourra. C’est l’heure à laquelle elle est née, c’est l’heure à laquelle elle doit mourir. Elle aura vécu très exactement trente-sept ans, et pas une minute de plus.

À vingt-trois heures trente, quand on sera chez nous, je viendrai dans son dos, contre elle, je l’enlacerai et même si elle tente de me repousser, je la tiendrai. Je l’empêcherai de crier. Et je la poignarderai avec mon couteau. Je viserai le cœur mais pas pour le premier coup, car je veux qu’elle souffre avant de mourir !

Ensuite je laisserai son corps là, au milieu du salon. J’irai me changer et je partirai … Très loin. L’Asie me tente bien … On peut y vivre pour pas cher. Surtout que j’aurais toutes ses économies en plus des miennes …

Bien sûr son corps finira par être retrouvé et je n’ai aucune idée de comment échapper à l’enquête. Tout ce que je sais, c’est que j’irai vivre là où aucune justice ne viendra me retrouver … Et je serai libre ! Enfin libre ! Ma victoire sera totale, j’aurai à la fois ma vengeance, la richesse et la liberté. Je n’ai jamais été aussi enthousiaste !


Aujourd’hui c’est le jour J, je me suis rendu au travail et tout s’est bien passé. Aucun de mes collègues n’imagine que c’était la dernière fois qu’ils me voient. Avant la fin de la journée, j’ai acheté un billet d’avion… Un aller simple, pour une seule personne, depuis mon ordinateur du travail. Ce soir je m’envole !

Après ça, je suis passé à la banque. Comme prévu avec le banquier, j’ai récupéré tout ce que j’ai pu sur nos économies respectives. Oui j’ose le dire, j’ai osé prendre dans l’épargne de mon épouse ! Elle me doit bien ça ! Et puis elle n’en aura bientôt plus besoin …

Je suis rentré chez moi, je me suis préparé, douché, habillé et désormais je l’emmène en ville pour son ultime diner. Nous allons être à l’heure …

Bizarrement, durant le diner, j’apprécie discuter avec elle. Je m’intéresse presque réellement à ce qu’elle raconte ! Même si je sais que derrière ses apparences se trouve une femme qui me ment et qui me trompe depuis tout ce temps. J’ai en face de moi une personne démoniaque ! Et je vais débarrasser ce monde de cette créature !

Je suis sûr qu’à mesure qu’elle parle, elle compte. Elle fait une sorte d’addition. Est-ce que le prix du restaurant, plus tous les efforts de préparation, plus mon écoute active pour ses histoires débiles suffisent à avoir une relation ce soir ? Est-elle oui ou non disposée à s’offrir à moi ? Je suis un petit chien qui mérite peut-être une récompense dans son esprit …

Peu importe sa décision, ce soir j’aurais son corps ! Elle se couchera sur le tapis du salon ! Mais pas pour un but sexuel !

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Le diner se termine dans les temps, je me lève et je vais payer la note. Pas question de m’éloigner du plan ! Elle doit mourir à l’heure prévue, trente-sept ans, c’est le nombre d’années que ce monde doit supporter cette créature. Surtout pas plus.

Malheureusement, aucun plan de bataille ne tient face à la réalité. Elle a trop bu et elle est lente à se lever. Un tour aux toilettes avant de quitter le restaurant. Elle met du temps à marcher jusqu’à la voiture garée au centre-ville. Pire, elle flâne devant les vitrines de vêtements et me demande de lui acheter offrir plein de vêtements.

Je l’informe que son cadeau se trouve à la maison pour la motiver un peu. J’essaye de la presser à rejoindre la voiture mais rien n’y fait : elle retarde mon plan ! Je fini par lui promettre de revenir dans cette boutique quand elle sera ouverte pour lui acheter tout ce qu’elle a repéré. À ceci elle se montre ravie et m’embrasse … Elle considère peut-être que l’addition est désormais suffisante et la voilà prête à s’offrir à moi ? Ce baiser ne me plait pas ! J’ai quelque chose de bien plus gratifiant à accomplir ! Elle me retarde encore !

On rejoint enfin la voiture. Elle me demande pourquoi je conduis si vite, elle est à moitié ivre, je ne lui répond même pas. L’heure tourne, je me demande si je vais réussir à rentrer à temps… Nous arrivons enfin. J’actionne le frein à main. Il est vingt-trois heures vingt-huit. Vite ! Je bondis hors de la voiture et elle perd encore du temps. Rapidement je fais le tour, je lui ouvre la portière et elle sort enfin, comme si j’étais son chauffeur !

Je regarde ma montre … Il est l’heure, vingt-trois heures trente. Nous sommes encore devant la porte d’entrée. C’est l’heure ! C’est maintenant ! Elle retarde mes plans encore une fois ! On devrait être dans le salon !

Pas question de la laisser me contrarier. Je regarde dans la rue, il n’y a personne. Et puis nous sommes dans l’obscurité, personne ne pourrait nous voir même en regardant dans notre direction. Je décide de la tuer ici.

Elle tourne sa clé dans le verrou et je l’attrape avant qu’elle n’actionne la poignée. Une main sur sa bouche pour l’empêcher de crier, l’autre main s’empare de mon couteau.

La lame passe à travers son manteau et transperce sa peau, sa chair et ses organes. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive et elle gesticule dans tous les sens sous la douleur. Mais je la tiens sans ménagement. Son énergie du désespoir est grande, mais elle n’arrive pas à la cheville de ma haine. Je la poignarde à cinq reprises, un coup par année de souffrance.
À son oreille, je lui murmure … Crève … Crève … Crève !

Elle meurt ainsi et je l’empêche de s’écrouler par terre. Je la soutiens d’un bras pendant que j’ouvre la porte de l’autre. J’entre dans la maison avec son corps sans vie et ses pieds qui traînent par terre. Encore quelques mètres et j’atteins le tapis du salon !

Je referme la porte, j’actionne l’interrupteur. La lumière ne s’allume pas. J’actionne à nouveau l’interrupteur et toujours rien. C’est bien ma veine, les plombs ont sauté ?

Soudain la lumière s’allume sans raison. Devant moi, ma belle-famille et ses amis qui crient …


« Joyeux anniversaire ! »


Fin


Voilà chers lecteurs, fin de la seizième histoire ! Je pense que la fin est assez prévisible mais bon, pas sûr ! Difficile à dire. Est-ce que vous l’avez vu venir ?

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