Salut les passionnés, cette semaine on va parler d’un personnage charismatique, on va parler du Mentor ! Un personnage haut en couleur et très intéressant pour plusieurs raisons.

Qui est-il ?

Le mentor, qui est-il ? Voyons en détail les caractéristiques de ce personnage en commençant par une définition.

La définition

Le mentorat (mentoring en anglais) désigne une relation interpersonnelle de soutien, une relation d’aide, d’échanges et d’apprentissage, dans laquelle une personne d’expérience, le mentor, offre sa sagesse acquise et son expertise dans le but de favoriser le développement d’une autre personne, le mentoré, qui a des compétences ou des connaissances à acquérir et des objectifs professionnels à atteindre.

(Merci Wikipédia!)

Plus simplement …

Si on simplifie au maximum, on obtient une relation de prof à élève. Mais ça va souvent beaucoup plus loin que ça, car les deux personnages sont amis. Il y a donc un lien affectif qui ne doit pas être négligé.

Que ce soit dans la littérature, au cinéma, dans les séries et dans tous types de scénarios d’une manière générale, le mentor offre non seulement un enseignement technique, mais également un apprentissage philosophique.

Le mentor

Ce n’est pas obligatoire d’avoir un mentor dans toutes les histoires. Certains scénarios s’y prêtent mieux que d’autres. Néanmoins, avoir un mentor peut apporter énormément de positif … S’il est bien utilisé !

(Gare aux pièges!)

Un adjuvant ?

J’aurais pu le mettre parmi les adjuvants, car il en est un. En effet, il va aider le héros dans sa quête.

(Voir l’article sur les adjuvants)

Mais le mentor possède des subtilités intéressantes donc il mérite bien un article entier rien que pour lui.

Le mentor est le personnage expérimenté, bienveillant et vertueux qui transmet son savoir à un autre personnage qui va devenir le protagoniste de l’histoire. En d’autres termes, le personnage qui va souffrir le plus.

(Voir l’article sur le protagoniste)

L’appel de l’aventure

Il doit disparaitre !

Ce qui est sûr, c’est que le personnage du mentor doit céder sa place. Il doit disparaitre. Soit il s’en va pour une raison légitime dans le scénario, soit il meurt dans des circonstances qui peuvent orienter l’affection du lecteur.

Il peut être tué par l’antagoniste ?

(Voir l’article sur l’antagoniste)

Ou bien par un opposant ?

(Voir l’article sur les opposants)

D’une manière ou d’une autre, le héros va être amené à se retrouver seul. C’est inévitable.

Pourquoi donc ?

Mais pourquoi donc ? me direz-vous ? Ce professeur vertueux, bienveillant, stylé et compétent, pourquoi s’en débarrasser ? On l’aime bien !
Oui on l’aime bien, mais il doit pourtant quitter le devant de la scène afin de créer quelque chose de vital : une tension dramatique.

La tension dramatique.

En effet si le protagoniste reste éternellement sous l’aile bienveillante de son maître, il reste un disciple, et il le restera éternellement. Et un disciple n’a aucune raison d’être pris en affection par le lecteur, car il n’est pas amené à souffrir.

S’il veut devenir le protagoniste, il doit se confronter à la réalité et à la solitude. Il doit apprendre à faire face pour mettre ses compétences à contribution.
Sans ça, le scénario ferait que le héros ne souffre pas (Voir l’article qui en parle du sujet) donc il n’aurait rien d’un protagoniste.

Pourquoi pas ?

Oui c’est vrai, pourquoi pas ? En vérité il est possible de laisser ce professeur sur le devant de la scène. Mais si vous décidez de faire ça, alors l’enseignant devient votre protagoniste, et le disciple est un simple adjuvant.

C’est jouable, mais il faut bien le définir dès le départ si on ne veut pas se mélanger les pinceaux.

Lorsque le mentor part…

Néanmoins, si on reste dans un schéma classique, le mentor disparaît. Ce qui va pousser le héros à être terriblement triste. Il va également considérer que son apprentissage n’est pas encore terminé !

Mais l’aventure ne lui laissera pas le temps de s’apitoyer. Le protagoniste devra mettre à contribution ses compétences sans attendre.

Lorsque le héros prend la relève

Et lorsque celui-ci sera confronté au danger, il réalisera toute l’utilité de son apprentissage. Comme on peut s’y attendre, ses compétences martiales vont lui permettre d’affronter ses adversaires, réussir ses objectifs voire même sauver la vie de personnages secondaires.

Mais plus important que ça, il va mettre à contribution l’enseignement philosophique qu’il a reçu. Et c’est même cette sagesse qui se révèlera être la plus précieuse.

Ça rappellera et ça reconfirmera les valeurs morales du mentor. Ahh c’est beau !

Le faire revenir ?

Il est tentant de faire revenir le mentor pour tirer d’affaire le protagoniste lorsque celui-ci est dans une situation inextricable. Ça peut faire son effet, surtout qu’on est à la fois agréablement surprit et rassuré par sa présence, néanmoins attention.

Si vous décidez de sauver votre héros de cette manière, je vous suggère de ne le faire qu’une seule fois. Si vous répétez l’opération, alors le héros aura un filet de sécurité qui tuera toute tension dramatique.

Aucune raison d’avoir peur !

En effet, il n’y a aucune raison d’avoir peur si le protagoniste se fait sauver quoi qu’il arrive, n’est-ce pas ?
Donc ma suggestion est de ne faire intervenir le mentor qu’une seule fois, et à ce moment-là, il se retrouve dans une situation irréversible. Soit il meurt, soit il se fait emprisonner. Mais l’important est que le lecteur ressente clairement que ce sauvetage sera le dernier.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Les personnages secondaires

Faire mourir un personnage

Il s’agit donc d’envisager de faire mourir un personnage est une décision difficile. C’est notre petit chouchou, il a vécu des aventures, le lecteur y est attaché. Pourtant, parfois le scénario exige que ce personnage casse sa pipe.

Dans ce cas-là, vous allez obtenir une situation triste et surprenante, autant pour les personnages que pour le lecteur.

Vivre le deuil

Bref, vous allez faire vivre le deuil à vos personnages et d’une certaine manière, à votre lecteur également. Car oui, votre lecteur peut être peiné par la perte d’un personnage ! Vous pouvez même lui tirer quelques larmes.

(Voir l’article « Faire pleurer le lecteur »)

C’est le rôle d’un écrivain à travers le roman : faire vivre des émotions au lecteur.

Quelques exemples de mentors

Zaknafein Do’Urden

Zaknafein Do’Urden est le père et mentor de Drizzt Do’urden dans la saga La Légende de Drizzt. Il lui offre des valeurs morales et fait de lui le meilleur bretteur de Menzoberranzan, la ville des Drows.

Un père et un fils tous les deux profondément bienveillants, dans une ville où l’amour est considéré comme de la faiblesse et où les trahisons sont monnaie courante …

Va-t-il mourir ? Va-t-il partir ? Va-t-il revenir ? Je vous laisse la surprise.

Seijuro Hiko

Kenshin

Seijuro Hiko est le mentor Kenshin dans le manga du même nom. Lui aussi lui apprend l’art du sabre le plus redoutable du nom de « Hiten Mitsurugi-Ryu »

Albus Dumbledore

Simplement appelé « Dumbledore » il est lui aussi le mentor et ami de Harry Potter dans les romans et les films du même nom. Lui aussi possède les caractéristiques du mentor …

Gandalf le gris !

Ah le charismatique magicien Gandalf le gris ! Il est le mentor et ami de Fraudon Sacquet. Il est aussi le donneur de quête, c’est-à-dire celui qui missionne le héros de partir à l’aventure.

Obi-wan Kenobi

Obi-Wan Kenobi

Obi-wan Kenobi est lui aussi le personnage qui enseigne à Luke Skywalker le maniement du sabre laser et son apprentissage de Jedi. Bon Luke est aussi entraîné par Maître Yoda, mais Star Wars a le luxe d’avoir plusieurs mentors dans un scénario un scénario aux personnages variés.

Dans le roman Demonwars !

Dans le roman Demonwars, l’auteur, Robert Anthony Salvatore, va encore plus loin. Il choisit d’avoir non pas un, mais trois protagonistes ! Oui oui, trois héros dans un seul roman. Et en plus, chaque protagoniste possède son propre mentor ! C’est dire que c’est détaillé !

En même temps, avec ses 840 pages, le roman a de quoi raconter. Mais ne vous détrompez pas, 840 pages certes, mais pas une seconde d’ennui !


Dans ce roman extraordinaire, vous trouverez Avelyn Debris qui a comme mentor Maître Jojonah, un moine du monastère de Sainte-Mère-Abelle.

Mais vous trouverez également Elbryan qui est entraîné par l’elfe Juraviel afin de devenir un rôdeur.

Le troisième personnage se nomme Jilly, une jeune femme amnésique recueillie par un couple d’aubergistes. C’est sa mère adoptive qui occupe le rôle de mentor et qui en a aussi toutes les caractéristiques.

Vous l’aurez remarqué …

Vous l’aurez remarqué, les mentors trouvent une place idéale dans les scénarios d’aventure, particulièrement quand on a des combats à l’épée.

Mais ils sont plus rares, voir inexistants dans les histoires d’amour. Connaissez-vous une romance avec un mentor ? Moi non, c’est la raison pour laquelle j’ai tenu tenter ma chance.

(Découvrir l’histoire d’Epix l’Amoureux)

ATTENTION ALERT SPOIL !

Je vais raconter ici les détails sur Game of Throne saison 1. Si vous ne l’avez pas vu, je vous suggère d’arrêter la lecture de cet article ici. Je vais dévoiler des évènements très importants de l’intrigue. Lire le prochain paragraphe sans avoir terminé la saison 1 de Game of Throne vous gâchera la surprise. Vous voilà prévenus !

Ned Stark est présenté pendant toute la saison 1 comme le héros, et pourtant, il n’est en fait que le mentor de ses enfants.

Son meurtre est terriblement traumatisant. Non seulement le lecteur/spectateur est attaché à ce personnage, mais en plus le fait de voir ce protagoniste supposé mourir montre clairement que l’auteur s’éloigne des scénarios classiques. À partir de ce moment-là, le sait que n’importe quel personnage peut mourir !

Un choix récompensé !

Et GRR Martin ne manque pas d’assassiner sauvagement ses personnages, même les personnages importants. Game of Throne est devenu célèbre grâce à la cruauté de son auteur. Mais ça va encore plus loin que ça, car lorsqu’un personnage tant aimé se retrouve dans un combat, le lecteur a réellement peur pour lui. À chaque attaque, il joue réellement sa vie ! Quel plaisir de le voir vaincre ! Et quel choc de le voir mourir.

Mais Game of Throne est une suite de romans, et le but d’un roman est de distraire son lecteur. Je ne le dirai jamais assez, ça passe par les émotions. La surprise, la joie, la tristesse et la frustration. GRR Martin fait ça d’une main de maître et fait de son œuvre une référence mondiale.

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