Un adjuvant ? Quel est ce terme barbare ? Il désigne simplement un personnage qui va aider le héros dans sa quête.

Tous les personnages qui vont aider le héros d’une manière ou d’une autre sont des adjuvants. Un ami d’enfance, un agent double qui sabote le travail de l’ennemi, un guerrier solitaire qui va intervenir ponctuellement pour tirer d’affaire le héros … Ils sont tous des adjuvants et on va voir comment les utiliser.

Intro

Salut les passionnés, cette semaine on va faire le tour des adjuvants. Comme toujours, on va commencer par une petite définition afin de bien comprendre de quoi parle.

« En littérature, un adjuvant est un personnage, une chose ou un évènement qui aide le personnage principal à accomplir l’action. » Merci Wikipédia !

Cette semaine

Mais puisqu’on est sur une série d’articles qui parle des personnages, on ne va s’intéresser cette semaine qu’aux adjuvants-personnages.

On va déjà faire un petit tour d’horizon sur les trois types d’adjuvants que l’on va évoquer aujourd’hui.

  • Le fidèle serviteur.
  • L’idiot du village.
  • Le nouvel allié.

Oui les termes sont assez fracassants, mais c’est pour que ça soit bien parlant.

Le fidèle serviteur

Nous commençons donc par le fidèle serviteur. Celui-ci peut-être un ami d’enfance, un frère d’armes, un employé ou … trop souvent souvent hélas … un personnage-outil.

S’il n’est pas assez approfondi sur ses motivations, on obtient un personnage-outil qui n’a ni cerveau, ni âme, ni libre arbitre. Il n’est là que pour aider le héros à des moments où l’auteur a besoin qu’il intervienne. C’est probablement la pire chose à faire.

Si vous constatez que vous êtes en train de créer un personnage-outil, je vous suggère de lui trouver des raisons qui le poussent à aider le héros. Est-il amoureux ? Est-ce qu’il est là pour des intérêts cachés ? Fait-il ça pour un but philosophique ou religieux ?

Peu importe les raisons, il faut qu’il y en ait. S’il n’a aucune raison d’agir comme ça, vous n’avez pas un personnage, mais un outil, et c’est la chose que je vous suggère d’éviter à tout prix.

À l’inverse

S’il a des motivations bien expliquées, même des motivations simples, comme une affection amicale, ça suffit tout à fait pour faire un adjuvant crédible.

Sam Gamegie est le jardinier de Fraudon dans l’univers du Seigneur des Anneaux. Il en fait ainsi un très bon adjuvant de type « serviteur fidèle ». Leur relation d’employeur-employé laisse vite la place à une amitié très fraternelle.

Faites les souffrir …

(Je ne vous rappellerai jamais assez l’importance de faire souffrir vos personnages. Si ça vous semble saugrenu, je m’explique en détail dans cet article.)

Si bien que lorsque Fraudon doit partir au péril de sa vie traverser la terre du milieu, Sam Gamegie l’accompagne et le défend avec tout son cœur. Il lutte même pour défendre Fraudon lorsque celui-ci se met à faire confiance à des personnes mal intentionnées.

Hélas, il n’y parvient pas toujours et ça lui joue des tours ! Reconnaissons que c’est déchirant de voir ce bienveillant Sam Gamegie être considéré comme un traitre alors qu’il est certainement le plus loyal de tous les amis.

Notez que vous n’êtes pas obligé d’avoir un humain en tant que fidèle serviteur. Vous pouvez tout à fait avoir un animal, un être surnaturel ou même un robot. Si leurs motivations sont bien définies, vous pouvez en faire des personnages très attachants.

« TARS » le robot !

« TARS » le robot d’Interstellar est un fidèle serviteur réussi.

C’est un robot autonome au service des humains. Son intelligence artificielle lui permet de prendre des initiatives et il arrache ses « maîtres » des griffes de la mort à plusieurs reprises.

Là où aucun humain n’aurait eu les capacités physiques de le faire, lui c’est un robot, il analyse les situations à la vitesse de l’éclair et réagit avec un sang froid surhumain et sans se laisser biaiser par la peur, le doute ou la panique … Après tout, c’est un robot.

Mais le voir lutter pour servir la cause des héros le rend très attachant. Si vous n’avez pas vu Interstellar, je vous suggère vivement ce film.

Gwenwyvar

La panthère magique nommée « Gwenwyvar » dans « la légende de Drizzt » est aussi un fidèle serviteur intéressant. L’animal avoisine les 300 kilos de muscle et il est présenté au départ comme un tueur contraint de massacrer les civilisations gnomes.

Lorsque Gwenwyvar montre des signes de regrets suite à ses attaques qu’elle est obligée de faire, Drizzt(Le héros) comprend qu’elle n’a rien d’un monstre assoiffé de sang. Il la libère de son ancien maître et ils se lient d’une profonde amitié. Même si elle n’est pas capable de parler, l’auteur laisse supposer qu’elle est dotée d’une très grande intelligence et qu’elle comprend les sentiments complexes de son nouveau maître.

Pour finir sur les fidèles serviteurs

Bref vous l’avez compris, les fidèles serviteurs peuvent être des adjuvants très intéressants, à condition de les animer d’émotion et de leur donner à eux aussi du fil à retordre. Ça va les rendre attachants et les humaniser ! (Même s’ils ne sont pas des humains)

L’idiot du village

L’idiot du village est un personnage sous-estimé. Autant par les personnages que par le lecteur (et hélas, par les auteurs également)

Considérez l’idiot du village comme un moyen de dédramatiser votre histoire en lui donnant une touche légère, voire humoristique et vous obtiendrez un adjuvant classique. Pas mauvais, mais pas particulièrement bon non plus.

Comment bien s’en servir ?

Néanmoins il est tout à fait possible de déclencher une émotion et une surprise très fortes chez votre lecteur avec ce genre de personnage.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  L'importance des personnages

Prenez ce genre de personnage que l’on ridiculisera à plusieurs reprises, autant par un comportement foufou que par sa compétence douteuse. On ne se méfie pas de ce genre de type, il est gentil, il est fidèle et pas particulièrement malin … On s’attend à ce qu’il ne réalise rien de glorieux.

Un exemple concret

Et pourtant ! Même le plus idiot des idiots peut réaliser de grandes choses. Imaginez que durant une guerre terrible, vos personnages principaux sont engagés sur des combats, voire ils sont blessés ou tués. Malgré toute leur force, ils ne parviendront plus à repousser l’envahisseur.

Les ennemis ont réussi à entrer dans la ville et les ruelles paisibles sont devenues un champ de bataille. Une autre armée vient à la rescousse des gentils, néanmoins ces derniers ne pourront pas entrer dans la ville à cause d’un pont-levis qui est levé.

Vous n’avez qu’à donner à ce personnage, sous-estimé par tout le monde, l’occasion de prouver son courage et d’aller actionner le levier. Une action toute simple, qui ne nécessite aucune compétence particulière, mais dont la portée des actions a des conséquences salutaires pour le héros. Voilà un moyen de surprendre votre lecteur. Une action décisive, réalisée par un personnage totalement sous-estimé.

Dans le cinéma …

Vous souvenez-vous de la trilogie Matrix ? Avez-vous remarqué que dans l’un des trois films, les réalisateurs(réalisatrices?) utilisent très exactement cette méthode pour surprendre ? Et c’est réussi !

Le nouvel allié

Le nouvel allié a un côté à la fois rassurant et angoissant. Ce personnage, comme son nom l’indique, n’a rejoint les rangs du héros que récemment. Soit il n’est présenté dans l’histoire que sur le tard, soit il a été un opposant auparavant

(Cliquez ici pour lire l’article sur les opposants)

Le nouvel allié présenté récemment

Ce qui est sûr, c’est que s’il est présenté que récemment, c’est que ça cache quelque chose. Peut-être a-t-il des intentions hostiles ? Peut-être possède-t-il un objectif annexe ? Ce qui est sûr, c’est que ça entretient le mystère, et ce mystère a besoin d’être bien travaillé pour qu’il fasse son effet lorsqu’il est révélé.

Ne présentez pas un personnage sur le tard sans aucune raison, ça sera ressenti comme la création d’un personnage outil improvisé et le lecteur aura toutes les raisons de trouver ça bâclé.

L’ancien ennemi

Dans le cas où il s’agit d’un personnage qui a été un opposant, il a un rôle plus rassurant cette fois-ci. En effet il a été craint, la lutte a été rude contre lui et il a été un redoutable adversaire …

Par conséquent et en toute logique, lorsque ce personnage-là se bat aux côtés du héros pour un objectif commun et avec conviction, il y a de quoi se sentir en confiance n’est-ce pas ?

Demonwars

Si vous avez lu le roman DemonWars, écrit par R.A. Salvatoré, le personnage de Quintall occupe plusieurs rôles au fil de l’histoire. Il s’agit d’un Moine-Assassin méthodique et brutal. Lorsqu’il occupe le rôle du nouvel allié, il défend le héros avec une redoutable efficacité, il est même prêt à tuer pour lui. Et même si on sait que c’est un personnage profondément malsain, ça a un côté plaisant de le savoir prêt à se battre pour défendre notre héros qui est un brin trop gentil. Un côté rassurant qui ne dure qu’un temps… Mais le roman DemonWars est plein de surprises !

Voilà pour le tour d’horizon

Voilà pour le tour de présentation des adjuvants. Comme vous pouvez le voir, il y a beaucoup de différence d’un adjuvant à l’autre et il est possible d’avoir des hybrides ou encore des adjuvants qui passent d’un archétype à un autre au fil d’une histoire.

Deutéragoniste

Notez également qu’un adjuvant peut devenir un deutéragoniste !

(Whow c’est quoi ce terme ?!)

Rien de compliqué, rassurez-vous. Un deutéragoniste est simplement un antagoniste secondaire. Un adjuvant qui se retrouve sur le devant de la scène pendant un certain temps.

Si votre héros est blessé par exemple, ou s’il est déjà occupé sur un autre enjeu, alors vous pouvez avoir un adjuvant qui se retrouve à avoir toute la responsabilité d’une situation sur ses épaules.

En faisant ça, vous allez surprendre votre lecteur, car le lecteur peut s’attendre à voir un héros tout blanc tout propre et indestructible qui finit par l’emporter. Or là, vous permettez à un personnage secondaire d’avoir son moment de gloire.

Comment rendre ça crédible ?

Si vous voulez réussir l’intervention d’un déutéragoniste, je vous suggère de faire en sorte qu’il soit toujours moins fort et moins doué que votre héros. Il devra faire preuve de beaucoup plus d’astuce pour atteindre des résultats acceptables. Mais encore une fois, leur lutte les rendra attachants.

Et Ils plairont !

Tout comme dans la réalité, on ne peut pas plaire à tout le monde. Et votre héros ne plaira peut-être pas à tous vos fans, même s’ils apprécient votre roman et son scénario.

Permettre à un personnage secondaire d’avoir un rôle plus important et une personnalité plus riche rendra votre histoire beaucoup plus vaste et permettra à vos lecteurs les plus exigeants de trouver des personnages auxquels s’identifier. C’est la raison pour laquelle je vous suggère de soigner vos adjuvants.

Pour finir …

Votre histoire, ce n’est pas juste les aventures de votre héros, c’est l’aventure de tous vos personnages.

N’oubliez pas, vos personnages ne demandent qu’à vivre !

Et votre lecteur ne demande qu’à être surpris, alors, que demande le peuple ?

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