Cette semaine on va parler des défis. Écrire un roman est un défi, c’est vrai. Mais on va s’éloigner un peu de la technique d’écriture pour s’intéresser aux défis d’une manière plus générale.
C’est séduisant d’être capable d’écrire un roman, de réaliser des performances sportives extraordinaires. Être capable de tenir ses régimes pour atteindre son poids idéal. Bref tous les tours de force qu’on peut envisager font rêver. On passe pour des gens extraordinaires. Ça flatte l’égo il faut bien l’avouer.
Mais encore faut-il les réussir, ces fameux défis.

Un défi, qu’est-ce que c’est ?

Si on veut réussir un défi, c’est intéressant de savoir précisément de quoi il s’agit.
En s’intéressant à la définition d’un défi, Larousse.fr nous indique que c’est « L’action de provoquer quelqu’un en combat singulier, à une compétition »
Linternaute.fr quant à lui nous donne deux définitions :
⦁ Au sens 1 C’est un appel à se mesurer.
⦁ Au sens 2 C’est le fait de refuser de se soumettre.

Toutes ces définitions sont intéressantes. On va y revenir en détail.

Dans le cas présent

Ici on va passer les duels, les oppositions et les confrontations. Tout ça c’est plus de l’ordre de la compétition. Même si ça peut être rattaché au défi ça ne va pas être le sujet de la semaine.

On va surtout parler du défi qu’on se lance à soi-même. J’ai cité les plus communs mais il en existe plein d’autres. Le sport, l’écriture d’un livre, la perte de poids, créer son entreprise, supprimer ses mauvaises habitudes … Bref la liste est presque infinie et très variée.

La résolution

C’est souvent au jour de l’an qu’on se décide à relever un défi. C’est la bonne résolution qui arrive quelques minutes après le « 5, 4, 3, 2, 1, bonne année ! Bonne santé ! Oui surtout la santé c’est super important ! »

À propos de la santé, faut que je me remette au sport ! Bon bah c’est le moment ou jamais ! Je relève le défi de m’y mettre ! Demain je vais courir ! Et je vais faire ça bien, trois séances par semaine. Pas besoin d’être un athlète, course à pied un jour sur deux et repos le week-end. Voilà le programme. Tout le monde peut le faire n’est-ce pas ?

(Hé bien non figurez-vous !)

Juste après …

Motivé par cette résolution et les promesses d’une bonne santé et d’un poids idéal, on espère même ressentir l’ivresse du coureur. Vous savez ? C’est ce plaisir sain que ressentent les sportifs, ils en sont presque drogués !

Mais avant d’atteindre l’ivresse du coureur, il faut déjà être régulier dans la course, or là on en est qu’au jour où on prend la résolution.

Quand on commence.

Quand arrive le jour J, on est motivés, déterminés. Il tombe quelques gouttes ? Ce n’est pas grave ! Rien n’entrave notre blanche détermination !
Nous voilà parti, nous courrons, nous réalisons que notre performance de coureur n’est pas extraordinaire, nous avons perdu notre cardio d’il y a quelques années mais ce n’est pas grave, ça va revenir.

Les premières félicitations.

Après avoir annoncé à toute la famille, les amis, les collègues du travail et les voisins que nous avons repris le sport, nous avons eu droit à de chaleureux encouragements. « Oh comme tu es fort d’oser t’y mettre, moi je n’y arrive pas! »
Nous voilà flattés, on est le sportif du groupe. On est la personne qui ose aller courir et qui suscite l’admiration.

Les jours passent.

Puis le temps passe, les séances commencent à s’accumuler et les premiers bienfaits du sport tardent à montrer le bout de leur nez.
Les compliments de notre entourage se font plus rares, l’effet d’annonce est passé. Certains nous demandent de temps à autre si on court toujours, et à ceci on répond fièrement « oui ! »

Les semaines passent

Et soudain, d’une manière aussi prévisible que progressive, nous voilà seul. Seul face à notre résolution d’il y a quelques semaines. Quelle idée avons-nous eue d’envisager d’aller courir ainsi comme un acharné ?
Il n’y a personne avec qui partager cette difficulté. Le feu sacré du départ se fait plus discret, la rage de vaincre semble loin derrière nous … Continuer devient de plus en plus difficile.

Pourtant nous nous sommes engagés dans ce défi … Nous étions motivés au départ, pourquoi la motivation passe ?

On manque une première séance.

Cette semaine est très chargée au travail, avec en plus les enfants à aller récupérer le soir où on avait notre séance de prévue …
On ne peut quand même pas abandonner nos enfants pour aller courir ça serait irresponsable ! Bon hé bien exceptionnellement cette fois-ci, on va faire l’impasse sur la séance de sport.

Puis une deuxième …

Puis une deuxième séance est annulée pour un motif tout aussi légitime. C’est vrai nous devions faire des heures supplémentaires au travail, c’est important le travail ! Puis impossible de reporter car ce week-end c’est les courses le samedi et repas de famille le dimanche.
On ne peut quand même pas abandonner sa famille pour aller courir en solitaire, ça serait malvenu.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Défi - Dix-septième histoire - Annaëlle la marathonienne.

Et on abandonne …

Voilà deux semaines qu’on n’a pas enfilé les chaussures de sport. Sans même qu’on s’en aperçoive, le défi de début d’année qui nous tenait tellement à cœur est devenu synonyme de douleur.

L’idée même d’aller courir remplace nos muscles par des poids. Notre motivation disparait aussitôt et si toutefois on parvient à s’y mettre, c’est au prix d’un effort colossal. Effort qu’on pourra peut-être faire deux ou trois fois … mais guère plus.

Et quand on nous demande des nouvelles


Lorsqu’un proche bienveillant nous pose la question « Alors la course à pied, tu continues ? »
C’est pour nous un véritable coup de poignard dans notre honneur. Comment lui dire que nous avons manqué de volonté ? Comment lui avouer que nous avons échoués ?

Peut-être vaut-il mieux éluder la question, ou même ne plus croiser le chemin de ce proche qui nous pose ces questions qui nous font tant de mal !
Notre honneur est en miettes ! Maudit soit cette résolution débile de début d’année, on n’a pas terminé le mois de janvier et déjà nous voilà rangés au rang de ceux qui échouent …


À l’avenir…


Désormais, nous savons à quoi s’en tenir ! Prendre des résolutions est une mauvaise chose !

Ça apporte quoi au final ? De la difficulté ? De la souffrance ! Et surtout une image de nous-mêmes qui est catastrophique !

Ça nous rappelle combien nous sommes incapables de tenir nos engagements ! Si c’est pour que notre nom soit traîné dans la boue, couvert de honte, maudit sur des générations, merci mais les défis, ce n’est pas pour moi !
Je n’ai vraiment aucune volonté, plus jamais je ne me fixerai à nouveau un défi !

Et voilà …

Voilà exactement la méthode miracle pour échouer un défi.

Peut-être avez-vous déjà connu ces étapes ? Est-ce que je vous ai ravivé de douloureux souvenirs ?
Car j’ai pris la course à pied comme exemple, mais pour tous les défis ça se passe exactement de la même manière avec les mêmes étapes.

L’écriture d’un roman aussi connaît précisément ces mêmes étapes.

Si vous envisagez d’écrire un roman et que vous êtes sur le point de vous lancer de cette manière-là, je vous en conjure, ne faites pas cette erreur.

Ceux qui réussissent …

Des défis, beaucoup de gens en prennent et la plupart sont échoués … Au pifomètre, on peut estimer que 80 ou 90% des personnes échouent leurs défis … Mais il existe pourtant 10 à 20% des défis qui sont réussis. Alors quelle différence entre eux et nous ?

La réussite est-elle réservée à une élite ? Une classe supérieure ?

Qui est capable de réussir ses défis ?

Si vous imaginez que la réussite des défis est réservée aux personnes qui sont prédisposées, laissez-moi vous dire : absolument pas.
Ce n’est ni une question de force de volonté, ni de muscles, ni de détermination ni même de personne.
C’est une question de stratégie. Ceux qui se lancent des défis avec la bonne approche, le bon état d’esprit et la bonne méthode arrivent au bout.
Et ceux qui se lancent à l’aveuglette comme nous l’avons vu dans cet article connaissent toujours les mêmes difficultés jusqu’à l’abandon.

Comment réussir ?

Avant de vous lancer tête baissée dans la bonne méthode que je vous fais miroiter depuis le début de l’article, dites-moi si vous avez déjà connu cette situation. Et si c’est le cas, pour quelle résolution ? Le sport ? Le poids ? L’écriture ?

La semaine prochaine j’aborderai la bonne méthode. Celle qui est utilisée par ces fameux 10% des challengers. Celle qui permet de réussir ses défis. Mais encore une fois, je tiens à insister là-dessus : Si vous avez échoué des défis et que ça vous a brisé le moral, c’est très certainement à cause de votre mauvaise approche.

Vous n’êtes ni nul, ni incapable ni sans aucune volonté ni tout ça. Ne vous blâmez pas ! Vous avez eu le courage de vous lancer ! Ça mérite largement un compliment.

Pour conclure …

J’aimerais finir cet article un brin déprimant sur une citation d’Oscar Wide que je réprouve totalement …


« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles. »

Pour moi, il n’y a pas plus grosse erreur ! Si vous visez la lune sans être correctement préparé, c’est le crash au décollage qui vous attend.


Vous n’arriverez pas parmi les étoiles, vous ne rencontrerez que la dureté du sol et la souffrance qui vous attend quand vous allez vous écraser.
Chers passionnés, je vous dis à la semaine prochaine. Car la semaine prochaine je compte bien faire quelque chose de plus joyeux pour vous donner la motivation et surtout la méthode pour réussir vos défis.

  •  
  •  
  •