Salut les passionnés ! Je vous propose aujourd’hui une présentation que j’ai fait dans la médiathèque de Villabé (Dans l’Essonne) où j’ai gentiment été invité pour parler d’écriture face à plus de 20 personnes. C’était un peu intimidant mais les gens semblent avoir apprécié. Voici la vidéo :

Si la vidéo ne s’affiche pas, retrouvez-la sur YouTube à cette adresse : https://www.youtube.com/watch?v=DMmrLkcTT8g&feature=youtu.be

Voici la retranscription texte :

Vous l’avez certainement remarqué, tout ne se vaut pas. On a tous déjà lu des livres dont on se souvient même des années plus tard alors que d’autres on s’ennuie. Ça peut être une question de gout et d’affinité avec l’écriture proposée. Même si c’est vrai, pour moi tout ne se vaut pas. Pour moi certaines œuvres sortent du lot.

Pour moi, une histoire réussie peut séduire quelqu’un qui n’aime pas le registre en question. Par exemple, un adepte de Science-Fiction peut lire une histoire d’amour et apprécier tout le long. C’est ce que j’ai essayé de faire. J’ai écrit une histoire d’Amour dans le but de plaire à n’importe qui.

Donc comment rendre une histoire extraordinaire ?

Comment faire en sorte que ça fasse « Whaou »! À cette question, certains écrivains sont assez frileux de donner leurs conseils, soit parce qu’ils craignent de se faire copier, soit parce qu’ils arrivent à faire de très bons livres mais sans trop réussir à expliquer leur méthode. Ils préfèrent dire que c’est dans l’ADN, c’est inné.

Moi je vous partage mes astuces, qui sont simples et tout à fait accessibles à n’importe qui, même pour quelqu’un qui n’a jamais rien écrit.

Règle numéro 1.

Donc la règle numéro 1 pour écrire un roman dans le but d’être lu, c’est quoi d’après vous ? Quelle est le truc le plus important à garder en tête tout le long de l’écriture d’un roman ? La fluidité ? Le style ? La motivation ? La cohérence ? Le suspense ? L’intérêt qu’on arrive à créer chez le lecteur ?

La règle N°1, bien au-dessus de tout ça c’est d’être distrayant.

À mon sens, quand vous ouvre un livre, vous attendez de l’auteur qu’il vous distraie. Si vous vous ennuyez c’est raté. Donc si vous écrivez dans le but d’être lu, je vous recommande de toujours garder ça en tête. Distraire votre lecteur.

Il y a un contrat moral entre le lecteur et l’auteur. Les lecteurs donnent leur temps, leur confiance et peut-être leur argent pour lire une histoire. Ne pas le distraire, c’est ne pas honorer ce contrat moral.

Comment être distrayant ?

Comment rendre son récit distrayant ? La méthode consiste simplement à donner de l’émotion. Mais attention, pas de donner de l’émotion à vos personnages, il que ce soit votre lecteur qui vive ces émotions.

Dire « Mon personnage est triste ou heureux » ne va pas émouvoir votre lecteur. Il faut bien distinguer les deux. D’accord, des émotions pou le lecteur mais, quelles émotions ? D’après-vous, quelles sont les quatre émotions qui sont vitales à inclure dans votre récit pour le rendre captivant ? Des idées ?

La joie ? La tristesse ? Le stress ? La colère ? Le désespoir ? L’amour ? L’angoisse ? Le suspense ? La peur ? L’empathie ?

Pour moi, les quatre émotions vitales à avoir sont les suivantes :

Joie – Tristesse – Surprise – Frustration !

Quand je dis ça, tout le monde est surpris. Deux minutes plus tôt je parle d’un contrat moral qui lie le lecteur à l’auteur et j’insiste sur le fait qu’il faut chouchouter le lecteur, et là j’annonce qu’il faut le frustrer ? Oui tout à fait, et j’assume ce point de vue. Je vous explique pourquoi à travers l’histoire de la balle de tennis noire.

L’histoire de la balle de tennis noire.

C’est l’histoire d’un enfant qui approche de son 10e anniversaire. Son père vient lui demander ce qu’il veut comme cadeau. L’enfant lui annonce qu’il veut une balle de tennis noire. Le père surpris lui demande pourquoi mais l’enfant refuse d’expliquer pourquoi. Tout ce qu’il dit c’est que le seul cadeau qui lui ferait vraiment plaisir c’est une balle de tennis noire.

Le père résigné lui achète, lui offre et l’enfant est très content. Le père ne comprend vraiment pas pourquoi mais bon, il a réussi à satisfaire son fils.

20ans

À son 20ème anniversaire il revient le voir, alors quel cadeau tu veux ? Son fils lui demande à nouveau une balle de tennis noire ! Encore une fois, le père ne comprend pas et son fils refuse d’expliquer pourquoi mais là encore, tout ce qu’il veut c’est bel et bien une balle de tennis noire.

À nouveau il lui achète une balle de tennis noire, il lui offre et son fils est content.

30ans

Les années passent et à son 30ème anniversaire, ça recommence ! Quel cadeau ? Balle de Tennis noire ! Encore ? Mais pourquoi ? Enfin pourquoi ? L’enfant répond qu’il y a bien une raison mais il ne peut pas l’expliquer. Mais que vraiment, vraiment le cadeau qui lui ferait plaisir c’est bel et bien une balle de tennis noire.

Désarmé, le père lui offre, et son fils est content.

Révélation

Puis vient un jour où le père approche de la fin de sa vie, il vient voir son fils et il lui demande. Mon fils tu ne m’as jamais expliqué ! Pourquoi voulais-tu que je t’offre une balle de tennis noire tous les dix ans ? J’aimerais bien comprendre ! Ah oui c’est vrai que je ne t’ai jamais expliqué ! La vraie raison, c’est parce que … Et là le père il meurt.

Fin de l’histoire.

Voilà ça, c’est de la frustration ! En principe là, vous avez envie de me tuer. C’est de la mauvaise frustration car je vous ai fait croire tout le long qu’il allait y avoir une révélation qui explique tout, et je ne vous l’ai pas donné. Ça crée de la mauvaise frustration. Ce que je vous recommande de faire c’est de la bonne frustration. C’est-à-dire que vous faites tout pareil, sauf qu’à la fin vous révélez et vous expliquez tout.

Vous expliquez pourquoi la balle de tennis noire. Pourquoi tous les dix ans et pourquoi l’enfant ne pouvait rien dire. Et dans ce cas-là ça vaut le coup de parcourir le livre pour obtenir la réponse.

La frustration fait tourner les pages

Donc bonne ou mauvaise, ça vous prouve que la frustration emmène votre lecteur à la fin de votre histoire. Ça le pousse à tourner les pages. Voilà pourquoi il faut frustrer. Encore une fois, moi je suggère vivement de toujours mettre de la bonne frustration et de toujours tout expliquer. Personnellement c’est ce que je fais dans toutes mes histoires.

Commencez par le dénouement.

Moi je vous suggère de commencer par là. Commencez par l’idée que vous allez cacher tout le long et que vous révèlerez à la fin. Avec ça, vous n’avez plus qu’à construire votre scénario autour de cette idée et raconter par quoi on passe pour révéler ce mystère.

De cette manière-là, vous n’avez plus de panne d’inspiration car vous savez toujours vers où vous allez.

Dosez l’intrigue.

Si vous dosez bien le mystère et la frustration qui va avec, vous allez donner à votre lecteur l’envie de lire plus que quoi que ce soit d’autre. Il préfèrera lire plutôt que de regarder la télévision ou même dormir ! Donc vous avez le dénouement et sa surprise, mais ça ne suffit pas, à mon sens il faut aussi surprendre tout le long de votre histoire.

Pour ça il faut doser l’intrigue. Si vous révélez tout votre mystère immédiatement, vous n’avez plus rien à raconter et vous tuez votre intrigue. À l’inverse, si vous ne révélez rien, vous risquez de décourager votre lecteur. Avec le bon dosage de frustration, vous pouvez faire en sorte que ce soit très fluide.

Les trois autres émotions

Joie/tristesse/surprise vont ensemble, quand vous écrivez une scène je vous suggère d’appliquer le « pile ou face émotionnel »

Quand votre lecteur va lire votre scène, il va avoir une émotion de départ, et je vous suggère d’arriver vers une direction opposée. Commencez dans la joie pour finir dans la peine, ou peine vers joie.

Mais il est possible de faire plus subtil, commencez dans la joie, annoncez une catastrophe, donc peur, puis sauvez vos personnages donc on finit sur de la joie. Alors évidemment il ne faut pas faire ça à chaque fois, il faut varier les émotions. Mais surtout, restez imprévisible. Si vous commencez triste pour finir triste, vous allez être monocorde et vous allez ennuyer votre lecteur. Faire ça, c’est oublie pas la règle numéro 1 : Distraire.

Arrivé là, vous avez des surprises tout le long de votre récit avec en prime, la fin qui est un extase de révélations. Vous avez donc vos quatre émotions. Joie, tristesse, surprise, frustration. Il vous faut inclure une morale.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Écrire un article et faire passer une idée

La morale

La morale est importante car elle fait passer un message. Une pensée philosophique ou religieuse libre à vous, mais votre histoire doit faire passer une idée. Mais attention, il ne s’agit pas d’une leçon de morale, simplement d’une idée qui est proposée.

Cette idée, je vous suggère de la mettre en avant tout le long de votre histoire mais de ne jamais l’expliquer. Particulièrement si vous écrivez pour un public adulte, ne l’expliquez pas. Avec des enfants, expliquer la morale je trouve ça normal, car le message doit être clair, mais avec des adultes n’expliquez pas, car ils risquent de se sentir infantilisés.


En plus, il est bien de laisser le lecteur faire sa propre idée de sa lecture. Il va forcément interpréter ce que vous avez écrit. Il va l’analyser et peut-être y adhérer, ou au moins partiellement. Mais il faut qu’il se fasse sa propre morale d’après votre récit et ne surtout pas le contraindre à votre vision des choses.

Votre morale est donc très importante et son message doit être respecté, même si votre scénario se termine mal.

Le héros, le protagoniste.

Il est temps de le travailler. Mais avant ça, qu’est-ce qui différencie un héros d’un autre personnage ? C’est quoi la règle ?

Celui qu’on suit ? Ce n’est pas forcément le narrateur.

À mon sens, le protagoniste répond à ces trois règles :

  • Il est sur le devant de la scène.
  • C’est le personnage qui souffre le plus
  • C’est le personnage qui défend votre morale.

Pour intéresser votre lecteur à votre histoire, il faut que votre protagoniste lutte contre quelque chose. Et surtout contre quelque chose de plus fort que lui. Il faut donc un conflit inégal.

Sans ça, il n’y a rien à raconter et on s’ennuie. Par contre, si on a un héros assez faible, petit, qui sait à peine tenir une épée et qui doit traverser le pays à pied pour apporter un anneau maudit dans un volcan pour le détruire, là on se dit « whow, comment il va faire ? Surtout qu’il a une flopée de cavaliers à sa recherche. » Là ça donne envie de savoir comment ça va se passer !

Donc rappelez-vous de toujours créer un personnage principal moins fort que ce contre quoi il s’oppose.

Faire vibrer la corde sensible

Ensuite, une autre astuce pour attacher votre lecteur à vos personnages, c’est de mettre votre personnage dans des situations que votre lecteur a vécues. Vous avez déjà ressenti ça en lisant des livres, c’est de vous dire « Whouah, ça c’est tellement vrai ! J’ai l’impression de l’avoir vécu! »

Même si on est dans une fiction, il y a toujours des rapports humains que l’on peut présenter. Et pour faire ça efficacement, il y a une technique simple, elle consiste à ouvrir son cœur.

Ouvrir son cœur

Il s’agit de dire ce que l’on ressent vraiment, en tant que personne. Si vous avez dans votre vie privée par exemple un chef qui vous mène la vie dure, ou un amour impossible, une personne qui ne vous remarque pas, n’hésitez pas ! Racontez-le ! Racontez ce que vous vivez et présentez votre héros dans votre situation.

Déjà d’une, vous ça vous fera du bien de l’exprimer, mais en plus ça sera criant de vérité pour votre lecteur. Il va dire « Whoaou ! C’est tellement bien décrit! »

Ensuite libre à vous de l’enlever de votre récit si c’est trop personnel, libre à vous. En tout cas ce genre de choses, ça marche bien.

Un antagoniste fort !

Plus votre méchant va être fort, plus le combat va être inégal. Et là encore, ça va provoquer l’attachement au héros. Avec l’antagoniste, vous n’avez pas de limites. Il peut être super riche, il a autant de complices qu’il veut, il peut violer la loi sans jamais se faire arrêter. Pour lui vraiment tout roule.

Sauf qu’il n’apprend pas de ses erreurs.

Là où votre personnage principal apprend et évolue au fil des épreuves, votre antagoniste lui n’apprend pas et ne change pas. Ce qui fait qu’à un moment donné, au moment de la confrontation finale, ça devient un combat toujours en faveur du méchant, mais pendant lequel votre héros peut l’emporter grâce à une astuce que vous avez prévu.

Distinguez l’adversité de l’antagoniste.

L’adversité c’est la chose contre laquelle le héros lutte. Par exemple une tornade qui a détruit la ville. Et le héros lutte pour retrouver sa femme dans les décombres d’une ville ravagée.

L’antagoniste c’est par exemple la personne de sa famille qui fait tout pour le dissuader d’aller retrouver sa femme. Par exemple sa maîtresse qui espère profiter de la situation pour se débarrasser de sa rivale.

Happy Ending ou Sad Ending ?

Et avec ça vous avez le choix, vous pouvez faire en sorte que votre héros gagne sur l’un des deux et perde sur l’autre. Mais si vous faites gagner votre héros sur tous les points, on est sur un scénario de film Holywoodien avec la happy end. C’est quelque chose qui fait rêver, ça marche bien donc pourquoi pas ?

Si vous faites perdre votre héros sur les deux, là c’est beaucoup plus sombre, vous aurez une morale très noire. Mais pourquoi pas ? C’est beaucoup moins répandu mais vous allez surprendre donc, c’est une possibilité.

Mais personnellement je préfère toujours que le héros gagne sur l’un des deux et qu’il perde sur l’autre. Ça apporte une victoire plus nuancée, plus de surprise aussi.

Les liens

Avec tout ça, vous êtes déjà bien avancé dans votre scénario. Et c’est là que je vous suggère de mettre des liens. Liez vos scènes entre elles. Faites en sorte que des choses qui se passent dans certaines scènes ont des conséquences importantes dans les scènes suivantes.

Si je dois prendre un lien simple à deux points. C’est que le personnage principal se fait tirer dessus, il tombe par terre. Les personnages et le lecteur pensent qu’il est mort et pourtant, il survit parce qu’il avait dans la poche un livre qui lui a été donné et la balle s’est arrêtée pile à cet endroit là.

Même si les livres n’arrêtent pas les balles, il ne s’agit pas d’être précis sur la cohérence technique, ce qui compte surtout c’est d’être distrayant et surprenant. Avec ça vous êtes surprenants et distrayant donc malgré l’incohérence, ça se voit souvent.

Et quand vous écrivez la scène 1 de cette situation, quand le personnage reçoit ce livre, vous pouvez donner quelques détails, du genre « Ce livre est extraordinaire, il va changer votre vie ! »

Ça c’est un lien à deux points. Cause-effet.

On peut faire plus, mais ça devient vite compliqué et on peut vite se mélanger les pinceaux. Par exemple un lien à trois points : Vous avez une histoire d’un enlèvement d’enfant et le père recherche son enfant et le kidnappeur.

Le premier point c’est que le père capture un homme qu’il trouve suspect, persuadé que c’est l’auteur de l’enlèvement. Il le torture et l’interroge pour savoir où est sa fille. Sauf que le type capturé, ce n’est pas l’auteur, c’est juste un proche de l’auteur.

Le deuxième point ça va faire que le vrai auteur, comme il n’a plus son proche avec lui, il va changer une habitude, par exemple il va rechercher son ami qui lui a été enlevé. Et ce changement d’habitude va lui faire commettre une erreur.

Cette erreur va être remarquée par la police et il va se faire arrêter. Donc un fait, une conséquence et un résultat logique suite à cette conséquence.

Le lien à trois points.

Donc un lien à trois points ça peut être puissant mais il faut bien maîtriser ce qu’on fait, il faut surtout rester clair dans les évènements qui se passent. Si on perd le lecteur parce que c’est trop compliqué, vous perdez en surprise.

Les liens sont importants, et je vous suggère que toutes vos scènes soient liées les unes aux autres. Et si vous avez une scène liée à aucune autre, alors ça signifie qu’elle est hors sujet et qu’elle n’a pas d’utilité à être racontée. Mieux vaut faire en sorte que tout ce que votre lecteur lit va avoir une importance sur le scénario global.

  • Avec ça vous avez tout votre plan qui est en train de se faire.
  • Toutes vos scènes sont listées, qui mènent à votre dénouement.
  • Vous avez vos personnages.
  • Vous avez les liens ajoutent du piment à vos scènes.

Bref une fois que vous avez ça vous ne pouvez plus vraiment être confronté à une panne d’inspiration car vous n’avez plus rien à créer. Tout ce qu’il vous reste à faire c’est de raconter comment les choses se déroulent.

C’est à la porté de quelqu’un qui n’a jamais écrit.

Et vous remarquez que ça, vous pouvez le faire peu importe votre niveau d’écriture. Tout ce que j’ai expliqué jusqu’à maintenant vous pouvez tout à fait le faire sans jamais avoir une plume raffinée.

Donc vous avez un scénario pertinent, bien ficelé avec ses surprises, son lot de joie, de tristesse de surprise et une frustration parfaitement dosée. Bref avec ça vous emmenez votre lecteur jusqu’à la fin de votre histoire. Il ne vous reste plus qu’à écrire …

Mais pour revenir à la question du départ : Qu’est-ce qu’un écrivain ?

Pour moi, un écrivain ce n’est pas quelqu’un qui écrit, c’est surtout quelqu’un qui est capable de susciter l’émotion chez son lecteur.

Voilà les passionnés ! Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Qu’est-ce qu’un écrivain pour vous ? N’hésitez pas à laisser votre avis dans les commentaires et à donner vos impressions sur ces astuces. À la semaine prochaine 20h00 ! 😉

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