Salut les passionnés, cette semaine on va parler des maisons d’éditions à compte d’auteur. Ce qu’il faut savoir, pourquoi elles font tant parler d’elles… Bref, on fait le tour.

La semaine dernière j’ai parlé des maisons d’édition à compte d’éditeur. L’appellation est importante, car elle définit qui fait le chèque pour lancer la machine. Avec une maison d’édition à compte d’éditeur, l’éditeur assume tous les frais. Si vous voulez en savoir plus sur ce type de maisons, c’est par ici.

Cette semaine, on parle donc des maisons à compte d’auteur. L’auteur doit donc payer pour être édité.
C’est un autre système de fonctionnement. Voyons ça en détail.

Avant de commencer !

Tout comme la semaine dernière, je mesure mes propos. Les informations que je donne ici ne sont que le fruit de mon expérience personnelle associée à mes propres recherches.

Ça signifie que certaines maisons peuvent avoir un système de fonctionnement sensiblement différent de ce que je vais expliquer.
Le but n’est pas de faire un procès mais seulement de savoir où on met les pieds avant d’envisager de faire un chèque. Car oui, comme je l’ai dit, dans les maisons d’éditions à compte d’auteur, l’auteur doit mettre la main à la poche.
Pas de chèque : pas d’édition. C’est la première règle.

Si vous avez déjà un peu surfé sur Internet …

En surfant sur Internet, il y a un conseil généreusement partagé, c’est le suivant : « Si une maison d’édition te demande de payer pour quoi que ce soit, c’est de l’arnaque, il faut fuir! »

Celui-là, j’imagine que vous l’avez déjà entendu. Mais quand on demande pourquoi, souvent cette information n’est pas très argumentée.
Je vais donc essayer d’argumenter et d’être le plus clair possible pour préciser cette idée. Il est clair que les maisons d’éditions à compte d’auteur ont très mauvaise presse. Je ne suis pas en train de dire que c’est vrai ou faux, je dis simplement que la réalité est plus nuancée.

Éditer un livre

Je le rappelle, il y a beaucoup à faire pour transformer un document texte en un joli livre prêt à être vendu en librairie. Voici quelques personnes ou sociétés qui vont intervenir dans cette transformation :

⦁ Le conseil éditorial.
⦁ L’illustrateur.
⦁ Le correcteur.
⦁ L’impression du roman.
⦁ La distribution.
⦁ La publicité
⦁ Les retours

(Et bien sûr, quand je dis intervenir, ça veut aussi dire qu’elles vont devoir être payées)

Le conseil éditorial

Déjà le conseil éditorial, de quoi s’agit-il ? C’est le fait de discuter de l’histoire. Ce dialogue se fait entre l’éditeur(ou un membre de l’équipe) et l’auteur.
L’idée est évidemment de lire l’histoire et ensuite de chercher à la rendre meilleure. Sans jamais travestir le travail de l’écrivain. Un texte peut toujours être amélioré, il est sage de se remettre en question pour progresser.
Mais attention encore une fois, se remettre en question pour progresser, ce n’est pas dénaturer l’œuvre pour qu’elle se vende mieux ou qu’elle rentre dans des cases préétablies.

Dénaturer l’œuvre ce n’est pas du conseil éditorial.
Pour faire simple, l’échange avec la personne qui va chercher à améliorer votre œuvre doit être très respectueux. Cette personne doit vous suggérer des passages à améliorer et si son travail est bien fait, il doit mettre le doigt sur des points où vous vous dites, en votre âme et conscience qu’il a certainement raison car vous avez peu approfondi ou même négligé ces passages.
Bref, il vous permet d’améliorer votre œuvre.

Méfiez-vous si …


Certaines maisons d’éditions à compte d’auteur ne font pas ce travail. Le message va être rassurant : Votre œuvre a été acceptée parce qu’elle est très bien comme ça. Il n’y a rien à redire.
Demandez à parler à la personne qui a lu votre œuvre. Qu’en a-t-elle pensé ? Qu’a-t-elle pensé de ce personnage ? De la chute ? De tel évènement ? Vérifiez si votre œuvre a bel et bien été lue.

Si vous ne pouvez pas parler à la personne qui a lu votre œuvre, demandez pourquoi. Là-dessus je vous invite vivement à garder votre bourse fermée si vous ne pouvez pas vérifier cette information car il est possible (Non pas probable, mais possible) que vous ayez affaire à un éditeur qui n’en veut qu’à votre argent.

L’illustration

L’illustration concerne la couverture de votre roman. C’est-à-dire la première et la quatrième de couverture. La mise en page, le placement d’une jolie photo ou d’un dessin.

Embaucher un dessinateur ou un photographe et acheter les droits de son dessin ou de sa photographie coûte de l’argent.
Le travail de l’illustrateur est de se procurer l’image et d’en faire une mise en page qui donne envie de saisir le roman pour commencer à le feuilleter.
Là encore, si vous avez affaire à un illustrateur qui n’accepte de travailler qu’avec des images libres de droits, c’est plutôt curieux. (Pour ne pas dire mauvais signe)

Peut-être avez-vous à faire à un illustrateur qui cherche à faire le minimum syndical tout en réduisant au maximum les frais, qu’importe si c’est moins joli.
Si tel est le cas, posez-vous la question, est-ce que la maison d’édition est réellement en train de prévoir de vendre votre livre ? Ou bien ne sont-ils pas par hasard uniquement intéressés par votre chèque ?

La correction.

Extraire toutes les fautes d’orthographe d’un roman ne peut pas être fait simplement par un correcteur automatique.
Il est inévitable de passer par une personne dont c’est le métier. Quelqu’un avec un niveau de Français bien assez bon pour tout corriger. Les accords, la syntaxe, les conjugaisons.

Même s’il peut suggérer de modifier certaines tournures de phrases trop longues ou trop vagues, le correcteur ne fait pas de conseil éditorial, il ne s’intéresse vraiment qu’à la formulation des phrases.
Là encore, il s’agit d’une prestation payante qui est assumée certes par la maison d’édition mais comme l’auteur doit payer au départ, on peut dire qu’il y participe.

L’impression

Faire imprimer un roman engendre des frais. Ces frais varient évidemment en fonction de la qualité du papier, du nombre de page etc.
Les maisons d’éditions passent par des imprimeurs avec lesquels ils ont l’habitude de travailler afin de ne pas avoir de surprises.
L’imprimeur lui doit être payé, autant pour le produit rendu que pour sa prestation.

Une maison d’édition à compte d’auteur assume ces frais mais encore une fois, compte tenu que l’auteur a envoyé un chèque au départ, il participe à ces frais.

Les inscriptions

Tout comme l’imprimeur, l’illustrateur et le correcteur, faire référencer son roman auprès des librairies partenaires à la maison d’édition demande du travail, et donc de l’argent.

Ces démarches et ces frais sont assumés par la maison d’édition à compte d’auteur même si encore une fois, l’auteur a mis la main à la poche.

La distribution

Entre l’imprimeur et le client, il y a un monde. L’emballage, l’expédition, le transport, les retours. Le carton de protection … en un mot, toute la logistique pour faire parvenir votre livre d’un point A à un point B demande de l’argent.

C’est la raison pour laquelle les maisons d’éditions travaillent avec des réseaux de distribution pour s’occuper de cette logistique.
Ils permettent de faire en sorte que les magasins, les libraires et les clients puissent commander et recevoir le livre dans un délai raisonnable.
Un réseau de distribution, comme toujours, ça se finance, et comme pour les autres domaines, c’est assumé par la maison d’édition, mais l’auteur y participe toujours en ayant signé le premier chèque.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Intriguer le lecteur dès la première page…

La publicité

Faire parler de son roman via la publicité est une affaire de gros sous, mais ce n’est pas réellement qu’une question d’argent.
Le budget publicité est à prendre en compte dans l’équation et évidemment, une publicité doit déclencher des ventes, sinon elle ne génère pas d’argent et la maison d’édition n’a aucune raison d’investir de l’argent dans quelque chose qui ne rapporte rien ou trop peu.
En d’autres termes, ce n’est pas exactement une question d’argent, c’est plutôt une question de retour sur investissement.

Comme toujours, tout cet investissement est assumé par la maison d’édition … En théorie.
Parfois ici que les maisons d’éditions à compte d’auteur font de belles promesses qui ne seront pas assumées.
Ce qui est sûr, c’est que si votre maison d’édition ne fait pas la publicité du roman, ce sera à l’auteur de le faire. Et s’improviser agent de communication n’est pas simple, pour preuve, c’est un métier à part entière.

La gestion des retours.

En effet, un libraire n’a aucune raison de stocker vos romans s’il n’espère pas les vendre. Pour les grandes surfaces c’est exactement la même chose.
Une maison d’édition sérieuse associée à un réseau de distribution digne de ce nom acceptera de récupérer les romans qui n’ont pas été vendus.
Ce qui vous permet d’effectuer des séances de dédicaces sans vous préoccuper de compter les sous, rendre la monnaie, transporter votre stock de livres etc.

Le magasin s’en occupe et vous touchez votre part à l’issue.

(Cher lecteur, merci de visiter mon site. Si tu as l’envie d’écrire un roman, n’oublie pas de t’inscrire pour que je t’envoie ma feuille de route claire et synthétique pour attaquer l’écriture d’un roman. Clique ici si ça t’intéresse. )

Et l’auteur, combien il paye ?

Payer
Payer

Avant d’envisager de gagner de l’argent avec une maison d’édition à compte d’auteur, il faut déjà savoir qu’un chèque a été fait au départ.
Le contrat ne peut pas être accepté autrement : pas de chèque, pas de livre.

Le montant du chèque peut varier d’une maison d’édition à une autre. Pour toutes les maisons d’éditions à compte d’auteur que je connais, les sommes demandées se situaient entre 800€ et 3000€.

Je vous donne ici uniquement mes connaissances personnelles. Je suppose que d’autres prix sont possibles mais ça vous donne une base.

Et maintenant, l’auteur il gagne combien ?

Dans une maison d’édition à compte d’auteur, le pourcentage promis est beaucoup plus alléchant. Entre 15% et 30% du prix hors taxes sont promis à l’auteur.

Comment ne pas se faire plumer ?

Oui vous l’avez certainement senti venir, au milieu de tout ça, il est à craindre de faire un chèque pour une prestation qui sera médiocre. (Voire inexistante)

Dans mon article sur les maisons d’éditions à compte d’éditeur, c’est l’éditeur qui engage les premiers frais et il va se décarcasser pour ne pas avoir édité à perte.

Mais ici, c’est l’auteur qui assume les premiers frais, ce qui fait que l’éditeur quant à lui n’est pas préoccupé s’il ne fait aucune vente. Seul l’auteur sera déçu. Et pour se défendre, il y a un argument tout trouvé … « Écoutez, s’il ne se vend pas, c’est certainement qu’il n’est pas bon votre livre ».

Voilà, après vous être fait détroussé, vous vous faites ensuite briser le moral et peut-être même votre vocation à cause d’une personne sans scrupule.

Ce qu’il faut faire :

Au moment où vous aurez un contrat vous promettant monts et merveilles, contactez-les par téléphone, écoutez bien leur discours et analysez-le avec soin.
Si votre manuscrit est accepté en un mois ou moins, c’est étrangement court. En général les maisons reçoivent beaucoup de manuscrits, tout lire provoque du retard c’est presque inévitable. Un livre très/trop vite accepté est suspect (Quoique ça peut arriver sur une maison récente). Mais si en plus vous ne pouvez pas parler à la personne qui a lu votre livre, c’est encore plus bizarre. S’il n’y a pas de conseil éditorial, méfiez-vous.

Si on vous promet un budget publicitaire de 10’000€, 20’000€ ou plus formidable ! Mais demandez à avoir cette promesse sur le contrat. Si ce n’est pas possible, ça commence à faire vraiment beaucoup de bizarreries ! C’est même très probable que le budget pub tombe alors à 0€.
Toutes les jolies promesses faites par téléphone qui ne figurent pas sur le contrat n’ont que très peu de chances d’être tenues. N’espérez pas qu’elles le soient si vous signez dans ces conditions.

Si la personne que vous parvenez à avoir au téléphone est très élogieuse mais qu’il vous empêche toute vérification c’est suspect. S’il vous garantit que vous allez devenir un grand auteur, que vous allez vendre des tonnes de livres et que la richesse vous attend …

… Alors j’ai très envie de vous ramener à la morale de Jean de La Fontaine « Le Corbeau et le Renard »
« Mon bon Monsieur, apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. »

Pour finir :

Mon but dans cet article n’est pas de vous inviter à vous méfier outre mesure des maisons d’éditions à compte d’auteur. J’ai foi en l’humanité et je suppose qu’il existe des personnes bien intentionnées qui travaillent à compte d’auteur tout en cherchant avec détermination et intégrité à vendre votre œuvre.

Mais je préfère être clair : tous les retours que j’ai concernant les maisons à compte d’auteur ne sont pas bons. C’est la raison pour laquelle j’insiste là-dessus : Vérifiez toujours et demandez à ce que les promesses figurent sur le contrat.

N’oubliez pas qu’une maison d’édition à compte d’auteur qui est clairement mal intentionnée ne cherchera pas à gagner d’argent sur les ventes de romans. Elle cherche à en gagner sur le dos des auteurs. Pour ça l’objectif est d’avoir un maximum de contrats (Et donc de chèques) puis un minimum de frais. (Et donc pas de pub ni d’impression)

Dernier détail

Dernier détail, ne vous laissez pas berner par des abus de langage. Les maisons d’éditions à compte « participatif », sur lequel l’auteur doit « participer » aux frais ne sont rien d’autre qu’une maison d’édition à compte d’auteur qui ne veut pas assumer la mauvaise réputation du nom. Soyons réalistes : elles pourraient s’appeler « Maison d’édition à compte du voisin d’en face », si c’est l’auteur qui paye, ça reste du compte d’auteur.

Mais une fois encore, j’ose croire qu’il existe des directeurs de maisons d’édition à compte d’auteur bien intentionnés. N’hésitez pas à partager vos témoignages dans les commentaires si vous avez des expériences bonnes comme mauvaises.

Encore une fois, tout ceci est non exhaustif mais ça vous donne une base et des armes pour ne pas vous faire voler d’une façon légale.

La semaine prochaine

La semaine prochaine on va s’intéresser à Amazon KDP. La maison d’édition par Amazon.
Là encore, il y a pas mal de petites choses utiles à connaître.

  •  
  •  
  •