Les personnages secondaires dans un roman, à quoi servent-ils ? Comment bien les utiliser ? Comment éviter les clichés et les pièges ? Voyons un peu comment s’en servir efficacement et même les rendre émouvants !

Salut les Passionnés ! On continue dans la lancée des personnages, décidément il y a beaucoup à dire sur eux. Cette semaine, on s’intéresse aux personnages secondaires d’une manière globale. Pour moi ils sont super importants, mais hélas, beaucoup trop négligés.

Pourquoi ?

Pourquoi sont-ils si importants ? Après tout, l’histoire concerne surtout le protagoniste et l’antagoniste n’est-ce pas ? Alors, pourquoi s’embêter ?

Hé bien parce que tous vos lecteurs ne vont pas forcément s’attacher à votre héros. Même si vous avez fait de votre mieux pour que votre protagoniste soit attachant, certains de vos lecteurs seront plus sensibles au combat de l’un de vos personnages secondaires plutôt qu’à celui de votre personnage principal.

C’est inévitable, car vous allez être lu par des personnes différentes, et toutes ces personnes ont leur propre ressenti, leur propre éducation et leurs traumatismes bien à eux. Ce qui fait qu’ils s’attacheront plus facilement à un personnage secondaire qui leur ressemble vraiment ou qui lutte pour une cause qui les touche, plutôt qu’à un personnage principal qui part simplement sauver le monde.

L’erreur fatale

L’erreur fatale consiste à avoir des personnages secondaires « outils ». Entendez par là des personnages qui ne sont là que pour remplir une fonction. Ils sont utilisés quand on a besoin d’eux à un moment précis du scénario et après, ils sont rangés dans leur boite (à outil). En faisant ça, vous créez des personnages « outils » qui attendent simplement d’être réutilisés ou de mourir bêtement. Je pense que c’est une erreur à éviter, car vos lecteurs qui se sont attachés à eux risquent d’être déçus.

En plus, le lecteur « classique », celui qui est attaché à votre protagoniste, remarquera l’inutilité d’un personnage secondaire et n’aura donc aucun intérêt à s’intéresser à lui.

Surtout que ces personnages, ils ne demandent qu’à vivre ! Faites-les donc vivre ! Donnez-leur une âme, donnez-leur des rêves à poursuivre et des difficultés à surmonter. En plus, c’est très facile à faire.

Pour bien s’en servir ?

L’avantage est que, comme leur nom l’indique, ce sont des personnages secondaires. Ainsi vous n’avez pas besoin d’aller très en profondeur pour raconter leurs histoires. Vous pouvez simplement mentionner de quelle manière ils affrontent leurs destins.

Pour simplifier encore, vous pouvez faire en sorte qu’ils racontent eux-mêmes leurs histoires.

Un exemple

Par exemple : un personnage secondaire est une connaissance du héros. Le héros est un militaire qui enchaîne les missions super dangereuses, c’est un commando, blablabla, bref, il est occupé à sauver le monde.

Vous avez donc votre personnage secondaire qui est un autre militaire, lui aussi engagé dans des fonctions importantes, sauf que la narration ne raconte pas ses aventures.

Avec plus de détails

Vous pouvez créer un attachement pour ce personnage secondaire en détaillant les conversations qu’il partage lorsqu’il mange à la base en présence de votre protagoniste.

Votre personnage secondaire peut raconter ses propres missions dans un premier temps, puis progressivement raconter sa propre vie. Son affection pour sa femme enceinte, les inquiétudes de celle-ci vis-à-vis de la guerre.

Les complications dans la grossesse, sa déception partagée à de la joie lorsqu’il apprend qu’il devient père alors qu’il est absent le jour de l’accouchement. Vous voyez ? Simplement en évoquant des évènements, on peut d’ores et déjà créer un intérêt pour ce personnage secondaire.

Concrètement

Tout ça peut facilement être intégré à votre histoire principale. En faisant de la sorte, vous créez un univers beaucoup plus complet que si vous ne racontiez que les évènements liés à votre protagoniste.

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En plus, vous pouvez utiliser ces moments du récit pour changer le rythme. Si vous racontez une histoire de guerre très rythmée et orientée action, votre lecteur aura plaisir à souffler avec les personnages lorsqu’ils retrouvent une atmosphère plus calme à la base. Vous cassez le rythme est c’est voulu.

Vous pouvez même changer le style de narration et évoquer des évènements extérieurs à l’intrigue principale, ce qui donne un sentiment de pause dans votre récit. Alors que techniquement, votre récit continue !

(C’est pas beau ça ?)

Dramatisons !

Avec les personnages secondaires, vous avez aussi le loisir de dramatiser votre histoire. Supposons que vous racontiez une histoire d’amour qui se déroule pendant la guerre. Les armes, la famine, les bombes et tout ce que l’humanité a de pire à offrir … Néanmoins, vous décidez que pour votre personnage principal et son épouse, l’aventure se termine bien. Ils ont surmonté des difficultés et ont survécu. Ouf !

Néanmoins, vous désirez donner une atmosphère dramatique à votre univers, en effet, on parle tout de même de guerre. Malgré la fin heureuse de votre protagoniste, il est sage de rester crédible.

Dans ce cas, vous pouvez apporter une fin triste à votre personnage secondaire. Même si on l’a suivi tout le long et qu’il a lutté pour sa survie, si vous désirez déclencher l’émotion, alors soyez cruel et faites de lui une victime de la guerre. Si vous avez réussi à créer un lien affectif entre votre lecteur et ce personnage, alors offrir une fin tragique pourrait bien bouleverser votre lecteur.

Attention ! Cruel ne veut pas dire sadique ! Ne le faites jamais souffrir pour rien ! Si vous voulez plus de détails pour bien distinguer la cruauté et le sadisme, je vous invite à voir l’article qui en parle en détail en cliquant ici.

Dédramatisons !

Fort de cette technique, vous avez tout le loisir de l’utiliser d’une manière opposée. Vous pouvez par exemple créer un scénario avec une fin malheureuse pour votre protagoniste, mais heureuse pour votre personnage secondaire.

Concrètement, vous avez votre héros qui casse sa pipe à la fin, c’est triste, mais ça fonctionne bien. Ça change de l’ordinaire, j’approuve toujours les innovations.

Néanmoins vous désirez tout de même insuffler l’espoir ? Vous désirez prouver que votre héros n’a pas surmonté tout ça pour mourir bêtement ? Alors encore une fois, les personnages secondaires sont vos amis.

Permettez-leur de survivre là où tant d’autres sont morts, simplement grâce à l’intervention de votre héros. Faites en sorte qu’ils passent à *ça* du drame, mais suite à l’action ou au conseil avisé du héros, ils décident d’éviter d’aller là où la mort les attendait.

En faisant ça, vous glorifiez encore plus votre héros décédé, mais en prime vous faites dire à votre personnage secondaire combien ce protagoniste a été héroïque. Il mériterait qu’on érige une statue à son effigie !

Si vous décidez de faire ça, vous conserverez votre fin triste, et ce sera d’autant plus émouvant de voir que ces survivants ont la joie de continuer de vivre !

Voilà pour mes suggestions concernant les personnages secondaires. Est-ce que vous les utilisiez déjà de cette manière ? Est-ce mes conseils vous semblent utilisables et facile à mettre en application ?

Plus globalement, est-ce que je parviens à stimuler votre imagination ? Car c’est surtout ça le but dans tout ça !

Dites-le-moi dans les commentaires.

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