Ahhh les personnages ! Un article que j’avais hâte d’écrire ! Il y a tellement à dire que je vais aborder ici les traits des personnages qui permettent de les rendre uniques.

Sachez que si vous voulez réussir votre histoire, il vous faut de bons personnages. Je dirai même qu’il vaut mieux avoir un personnage excellent et une histoire moyenne, plutôt que l’inverse.

La raison est simple : L’identification du lecteur !

Je vais vous donner les huit astuces que j’utilise pour rendre un personnage unique, marquant, touchant.

1 – Paradoxe.

Brienne de Torth dans Game of Thrones

Un personnage attirera l’attention de vos lecteurs s’il présente un paradoxe. C’est-à-dire qu’il se présente comme ceci, alors qu’en fait il est tout autre chose. S’il défend un secret ou un mensonge, ça marche tout aussi bien. Aussitôt, le lecteur aura envie de savoir comment ce personnage va se faire révéler, et quelles conséquences il aura.

Par exemple, un homme vantant l’importance du respect à avoir envers les femmes alors qu’il est lui-même sexiste, voir même qu’il bat son épouse.

Autre paradoxe, une femme cherchant à se faire passer pour
quelqu’un de fort et dénué d’émotion alors qu’au fond, elle brûle
d’envie d’être aimée et choyée comme une petite fille …

Mais il n’y a pas que Game of Throne dans la vie, on va parler de Vikings ! Dans
cette série digne de louanges, Laguertha se présente au départ comme une
épouse parfaite. Elle tient le foyer, elle s’occupe des enfants pendant
que son mari par en guerre. Et pourtant elle rêve de s’accomplir en
tant que guerrière et connaître elle aussi une gloire personnelle sur le
champ de bataille.

Ces paradoxes sont un excellent moyen de donner de la couleur à
vos personnages et de les faire progressivement évoluer vers quelque
chose d’autre. J’en arrive donc au point N°2 …

2 – Évolution.

Lagertha
Lagertha dans Vikings.

Un personnage qui connaît une évolution c’est important.
Comme dans la réalité, tout change, le monde lui-même change et vos
personnages doivent changer aussi. Ils doivent donc avoir leur propre
histoire dans votre histoire. Ce qu’ils sont au départ, et ce qu’ils
vont devenir à la fin de l’histoire, après toutes les épreuves.

 

N’êtes-vous pas curieux de savoir ce qu’à vécu un ami de longue
date ou un cousin quand vous le retrouvez après quelques années ? Ne lui
demandez-vous ce qu’il est devenu avec un brûlant intérêt ? Moi oui, et
c’est justement pour savoir ce qui a changé chez lui. Votre public
s’intéressera à vos personnages pour cette raison. Ils seront curieux de
voir comment ils vont évoluer.

 

Un adolescent au cœur brisé annonce
« C’est fini, je ne me ferai plus jamais avoir par les filles ! » Immédiatement, le public sera curieux de voir ses futures interactions avec la gent féminine. Est-ce qu’il va tenir son engagement ? Est-ce qu’il va reproduire les mêmes erreurs ? Forcément, ça gagne en intérêt.

 

Bien souvent, l’évolution des personnages est la suivante : Les
gentils finissent fort et heureux, les méchants meurent ou finissent en
prison. Ce vieil adage est usé certes, mais il plait au plus grand
nombre. Mais récemment, il est possible de remarquer des évolutions
différentes. Des idées qui vont à contre-courant. Comme un gentil qui
fait des erreurs et qui meurt. Un méchant qui ne recule devant rien et
qui triomphe.

 

Ou même, pourquoi pas, un personnage torturé et attachant. Qui
commet des erreurs quand il est influencé. Qui cherche à s’émanciper et
devenir l’homme qu’il est réellement. Qui y parvient même ! Qui est
capable de se mettre en danger pour sauver des vies ! Quelqu’un qui
souffre de manipulations qui est hélas rattrapé sans cesse par ces vices. L’évolution de ce personnage est vraiment subtile, n’est-ce pas ?

3 – Il a un problème à régler !

Ne vous êtes-vous jamais lié d’amitié avec une
personne qui avait un problème à résoudre ? Je ne vous parle pas de ces
personnes épuisantes qui passent leur vie à se plaindre, non. Je vous
parle de ces personnes confrontées à un vrai problème et qui cherchent
activement une solution.

Exemple :

Je suis amoureux, j’aimerai déclarer ma flamme mais je ne sais pas comment m’y prendre.
Je me trouve dans une relation malsaine. Ça me détruit, je ne sais pas comment m’en sortir.
Je viens de me faire virer, comment je vais payer la maison ?

 

Si ça vous est arrivé, je suppose que vous étiez curieux de voir
comment sa vie allait changer ensuite. Hé bien avec les personnages
c’est la même chose. Ce genre de situation sur le point de changer
suscite l’intérêt.

C’est proche de point n°3 sur l’évolution, mais l’évolution évoque un changement dans le personnage en lui-même, dans sa psychologie. Ici ce qui change c’est dans sa relation avec le monde autour de lui.

4 – Il commet des erreurs.

Lorsqu’il commet une erreur, un personnage gagne énormément
d’intérêt pour votre lecteur. Tout de suite, on va être curieux de ce
qui va suivre. Est-ce qu’il a réalisé son erreur ? Est-ce qu’il va
l’assumer ou bien fuir sa responsabilité ? Comment les autres vont
l’apprendre et que vont-ils en penser ? Au final, votre personnage
préfèrera-t-il assumer ou bien s’entêter ?

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Pourquoi ma méthode fonctionne ?

Peu importe la décision qu’il prend, l’intérêt du lecteur sera piqué au vif.
Il voudra savoir comment ce personnage se positionne face à ce choix
pour le moins embarrassant. Soyez cohérent avec l’attitude de votre
personnage, si c’est un lâche, faites-le agir en lâche. Il n’en sera que
plus intéressant. Souvenez-vous qu’il est rare de voir quelqu’un qui reconnaît et qui répare ses erreurs. Nombreux sont ceux qui préfèrent s’entêter en espérant que ça passe.

Et ça ne passe pas ! C’est ça qui est drôle. Donc jouez
là-dessus. Voici un personnage qui commet plein d’erreur, et qui parfois
les reconnaît pour les réparer, et qui d’autres fois persévère dans sa bêtise … Ça rejoint le point N°1, le paradoxe !

 

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Dwight ne laisse pas indifférent. N’est-ce pas ?

5 – Il exprime ses émotions

Pour qu’un personnage soit intéressant, il doit manifester ce qu’il ressent, s’il ressent des émotions négatives, il doit le faire savoir. Personne n’a envie d’aller prendre des nouvelles de quelqu’un qui fait la gueule dans son coin
n’est-ce pas ?

Avec les personnages c’est pareil, donc extériorisez-les ! Que ce soit en faisant des erreurs, en se mettant en colère ou encore en s’en prenant aux mauvaises personnes et vous allez leur donner de la profondeur.

Vous êtes libre de les faire employer un vocabulaire
irrespectueux même vulgaire. Mais donnez du relief, donnez du contenu.
C’est un moyen subtil de révéler les traumatismes profonds de vos
personnages au passage.

 

Walkt Kowalski dans Gran Torino.

N’avez-vous pas envie d’aller prendre une canette pour discuter avec ce bon vieux Walt ?

6 – Il agit d’une manière opposée à sa nature.

Voici une astuce que j’adore utiliser. Il s’agit de faire
commettre des actions méchantes par un personnage gentil. Avec ça, votre
lecteur habitué au héros tout propre sera bousculé ! Il va se dire « Ho purée, qu’est-ce qui lui arrive? »

Croyez-moi, cette subtilité marquera les esprits pendant longtemps ! En tant qu’auteur, c’est facile à mettre en œuvre.

N’avez-vous pas un souvenir impérissable de Marv de Sin City ?
Cette brute épaisse au grand cœur qui fracasse la moitié de la ville
pour venger sa Goldie ?

Marv dans Sin City

Mais l’inverse marche aussi ! Lorsque le méchant agit comme un gentil.

N’avez-vous pas le sourire aux lèvres quand vous voyez Negan, le tueur sans pitié, quand il cuisine des spaghettis au fils de son ennemi ?

Negan dans The Walking Dead.

7 – Il se retrouve confronté à des choix moraux.

Dans votre scénario, vos personnages cherchent à atteindre un objectif. Pour se faire, confrontez-les à des choix. Des choix difficiles. Offrez-leur la
victoire sur un plateau en échange du sacrifice de leur morale.

Dès que le pacte avec le diable est signé, votre lecteur est emporté dans
votre scénario. Il voudra savoir les conséquences d’une telle décision.

Proposition indécente mise tout son scénario de départ sur ce point précis.
La série What If reprend exactement la même méthode.

Mais la technique marche même sans avoir de choix aussi extrême. La série The Shield  joue là-dessus. Le héros (Vic Makey) qui est policier transgresse la loi pour arriver à ses fins. Moralement c’est discutable, mais tout de
suite, le public est curieux de savoir comment ils va se tirer d’affaire.

 

Vic Mackey – Curtis Lemansky – Shane Vendrell – Ronnie Gardocki
The Strike Team dans The Shield.

“Pour avancer, l’homme doit sacrifier quelque chose” disait Isaac Newton, et c’est repris dans Interstellar !

Si vous avez vu ce film, vous savez exactement de quoi je
parle. Cette scène culte évoque précisément un choix moral. Un enjeu important en échange d’un sacrifice important. Ça marque les esprits et le personnage prend du relief.

8 – Une apparence unique.

Inventez un langage et une apparence unique à votre personnage.
Il faut qu’il ne ressemble à aucun autre. Pour ça, vous avez carte
blanche. Jouez en force les idées qui vous viennent.

Tics nerveux, manies malsaines, membre manquant, manière de parler, bégaiement, tous les moyens sont bons ! Pourvu qu’il ne ressemble à personne d’autre.

Dark Vador dans Star Wars

Dark Vador est certainement le personnage le plus frappant de l’histoire du cinéma. Presque toujours masqué. Son visage hideux choque lorsqu’il apparait à l’écran. Sa voix est gutturale. Même sa respiration suffit pour qu’il soit tout de suite reconnu ! Franchement chapeau !

La réussite d’une telle personnification se remarque quand,
lorsque vous écrivez des dialogues, vous n’avez plus besoin de dire “Dit
untel” ou “Répond untel”. Sa manière de parler lui colle tellement à
la peau qu’on comprend immédiatement qui est en train de parler.

Voilà chers écrivains, nous avons fait le tour des 8 astuces que j’aime à utiliser pour créer des personnages intéressants.

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