Salut les passionnés, cette semaine on va s’intéresser aux personnages.
Je vous avais déjà parlé des méthodes pour créer des personnages intéressants …

(Cliquez ici pour lire ces conseils)

Cette fois on va s’intéresser vraiment aux mécanismes du scénario et vous allez voir que les personnages y occupent un rôle central.

Vous serez d’accord avec moi (j’imagine) pour dire que sans personnage, une histoire va avoir beaucoup de mal à être intéressante.
En fait, dans ma vision des choses, je pense que les personnages sont plus importants encore que le scénario lui-même.
En effet mieux vaut avoir des personnages extraordinaires et un scénario qui présente quelques défauts, plutôt qu’un scénario parfait avec des personnages fades.

Pensez à votre film préféré, votre roman préféré ou votre série préférée. N’avez-vous pas un attachement particulier pour l’un des personnages de cette œuvre ? Le scénario aurait-il autant d’intérêt sans votre personnage fétiche ? Probablement pas.

Pourquoi les personnages sont-ils si importants ?

Pour l’identification du lecteur ?
Oui, c’est vrai, l’identification est importante.

Mais il y a d’autres raisons qui font que vos personnages sont importants. On va voir tout ça.
Mais déjà, rappelons-le : être écrivain, c’est distraire son lecteur.
Et pour réussir à le distraire, raconter des évènements ne suffit pas.

(On a tous eu ce mauvais prof d’histoire qui se contentait d’évoquer des faits précis, des lieux et de dates exactes sans jamais donner une once de vie)

Pour éviter ça, il faut justement donner de la vie ! Et pour donner de la vie, il faut donner de l’émotion !

Racontez de quelle manière vos personnages subissent les évènements. Si vous racontez une guerre, expliquez comment votre personnage apprend qu’il va être envoyé au front. De quelle manière il réagit, par quelle situation déchirante il passe lorsqu’il se sépare de sa famille.
Pire, le fait qu’il sache pertinemment qu’il ne rentrera peut-être jamais chez lui.

(Vous voyez ? On n’évoque ni lieu, ni guerre, ni date et déjà, on peut commencer à créer de l’émotion.)

Donner de l’émotion !

Continuez de la sorte pendant qu’il a enfin rejoint le front. Évoquez de quelle manière il subit la discipline autoritaire de ses officiers qui lui ordonnent de cribler de balles ses semblables du camp d’en face sous peine de cour martiale.

Ensuite, vous n’avez plus qu’à raconter comment votre personnage surmonte toutes ces difficultés. Comment il affronte les évènements et surtout, comment il parvient à y survivre.

C’est simple comme bonjour, pourtant tout est là. Racontez plutôt comment les choses sont vécues plutôt que les évènements en eux-mêmes.
Dès que votre lecteur est touché par la souffrance faite à votre personnage, vous avez gagné.

Pourquoi ?

Parce qu’en ayant obtenu l’empathie du lecteur pour votre personnage, vous avez réussi à créer un lien émotionnel.

Soudainement, le lecteur désire savoir comment votre personnage va réagir à cette difficulté. Il va alors s’intéresser au conflit et enfin se sentir engagé dans cette lutte.
Votre lecteur voudra savoir comment le personnage surmonte et surtout s’il va réussir à s’en sortir.

En d’autres termes, votre lecteur terminera votre histoire.

Est-ce là une recette miracle ? J’ai bien envie de dire que oui, à condition d’être prêt à utiliser l’ingrédient indispensable … La cruauté !

Oui ! Il vous faut être cruel !

(Comment ? Cruel ?! Mais enfin, Thibault tu es devenu fou ?)

Non non, je pèse mes mots, faites preuve de cruauté !
Pour que ça fonctionne, vos personnages doivent souffrir. Sans souffrance, il n’y a pas d’enjeu, et donc pas d’intérêt.

(Mais seuls les fous sont cruels !)

Justement pas ! Un auteur doit être cruel envers ses personnages. Il doit les confronter à de la souffrance et vraiment, j’assume mes propos.

Par contre, distinguons bien la cruauté et le sadisme !

Être cruel, c’est créer de la souffrance.
Être sadique, c’est prendre plaisir à faire souffrir.

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Vous l’avez compris, ça n’est pas la même chose.

Donc, faire souffrir inutilement vos personnages pour finir par les achever lors d’une interminable séance de torture, c’est du sadisme. Si une œuvre de la sorte apparaît, j’aurais de sérieux doutes sur la santé mentale de son auteur. Personnellement je suggère d’éviter ça à tout prix.

Par contre, la cruauté, c’est très différent ! La cruauté permet non seulement d’intéresser votre lecteur, ça je l’ai déjà expliqué, mais pas seulement. Elle permet surtout à votre personnage de réagir, de s’adapter et de surmonter les épreuves.
Pour faire simple : la souffrance fait évoluer votre personnage.

(Oui, car votre personnage doit évoluer, c’est indispensable)

Ne pas être cruel est souvent l’erreur N°1 d’un écrivain débutant.
En faisant ça, il permet à son personnage de tout gagner tout de suite. S’il n’est confronté à aucune réelle difficulté et qu’il emporte haut la main le combat final sans même avoir versé une petite goute de sueur alors vous avez la certitude que votre histoire sera oubliée à peine le livre refermé.

Car en faisant ça, il n’y a pas de souffrance. Donc il n’y a pas non plus de tension dramatique. Pas d’enjeu, pas d’intérêt … Bref, on s’ennuie.

Comment être cruel sans être sadique ?

Voilà la bonne question !

En vérité, c’est assez simple à faire. À partir du moment où on accepte de ne pas créer de souffrance inutile, il y a peu de chance de tomber dans le sadisme. Il suffit d’apporter une utilité à toutes les épreuves que votre personnage va rencontrer.

Il souffre mille morts en quittant sa famille ?
Il apprendra alors la valeur de l’amour et chérira son épouse et ses enfants avec le plus grand soin lorsqu’il rentrera enfin chez lui.

Il est malmené par la discipline de fer présente dans son régiment ?
Il apprendra à fraterniser avec ses compagnons d’armes et développera une merveilleuse amitié.

Il est traumatisé par toutes les horreurs de la guerre ?
Il apprendra la valeur de la vie et épargnera un soldat ennemi qui à son tour épargnera l’un de ses compagnons d’armes.

Apprendre et évoluer.

J’aimerais terminer mon explication sur le fait d’apprendre et d’évoluer. Ne créez jamais de souffrance inutile, transformez-la toujours en une opportunité. Permettez à votre personnage d’en tirer un enseignement et d’évoluer.

En utilisant la souffrance pour faire évoluer votre personnage, vous ne tomberez jamais dans le sadisme.

Utilisez ensuite cette expérience pour permettre à votre personnage de surmonter des défis de plus en plus grands.

Qu’en pensez-vous chers passionnés ? Pensez-vous que je suis bon pour l’asile à faire souffrir mes personnages ? Ou bien est-ce que ce que je vous propose vous semble utilisable ?
Laissez un commentaire ci-dessous, votre avis m’intéresse.

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