Salut à vous les passionnés !

Il y a cinq jours je vous ai demandé de me donner votre avis sur la couverture de mon futur roman. Vous avez été nombreux à le faire et je vous en remercie.

J’ai pris en compte les résultats de mon entourage personnel ainsi que ceux qui m’ont donné leur avis par divers biais.

Au total, 27 votes.
– 16 pour la montagne et la fille.
– 6 pour la montagne seule.
– 3 pour la fille à contre-jour.
– 2 pour la fille qui écrit.

La fille qui écrit se retrouve en dernière position et c’est pourtant sur elle que je comptais partir au départ ! Comme quoi, j’ai bien fait de vous demander plutôt que de me planter dans les grandes largeurs !

Donc je vous ai demandé, vous m’avez répondu. Je vous en remercie et je vais suivre votre recommandation ! Merci à tous les votants ! Voici la couverture complète et définitive.

Et pour vous remercier de votre implication, je vous offre en avant-première la toute première scène de mon roman ! Je ne sais pas si la maison d’édition est d’accord mais c’est pas grave, on ne leur dira pas. 😉

Je vous souhaite une bonne lecture !

Chapitre 1 – Antoine

Scène 1 – Dimanche 12 avril 1970. 21 h 50.

Cher journal, je m’appelle Valentine, j’ai dix-neuf ans. Je suis née à Lyon, j’habite à Lyon et j’y travaille. Pour ainsi dire, je suis une vraie Lyonnaise et ce, depuis toujours. Dans le quartier de la Croix-Rousse, j’y ai à la fois mon travail et mon appartement. Aujourd’hui, j’ai acheté ce carnet et je commence à rédiger… mon journal intime !

Qui l’eût-cru ? J’ai toujours trouvé ridicule d’écrire un journal. Quand j’étais encore à l’école, certains enfants le faisaient, souvent sur recommandation de leurs parents. Soi-disant que ça aide à mieux se comprendre, à évacuer la frustration et même que ça aiderait à trouver des solutions. Écrire pour trouver des solutions ? Franchement ? Je trouvais ça aussi logique que de questionner un mur, en espérant qu’il réponde. Un point de vue stupide et fermé d’esprit, car c’est ce que je tente à présent, après avoir cherché en vain des réponses et du soutien auprès de mes proches. Je n’ai pas grand-chose à perdre à essayer ceci, n’est-ce pas ? Qui sait ? Peut-être que ça marchera ? Je n’y crois pas vraiment.

Néanmoins, je vais pouvoir expliquer combien je suis prise de culpabilité. Je vais pouvoir le faire sans que mon interlocuteur ne me coupe la parole, sans être jugée pour ce que j’ai fait et sans rien avoir à craindre. Alors, voilà ce qu’il m’arrive : je suis dans une situation qui me met mal à l’aise et je peine à croire que quelqu’un puisse comprendre ma détresse. J’ai abordé le sujet auprès de ma mère et celle-ci ne m’a pas aidée, au contraire : elle m’a vivement ordonné de revenir dans le droit chemin. Faute de soutien de sa part, j’ai poussé les portes de l’église du faubourg. Dans le confessionnal, le prêtre m’a répondu « Vade retro, Satana ! ». Je ne suis pas certaine de comprendre exactement. Mais son regard noir ne laissait aucun doute : je n’étais pas la bienvenue dans la maison de Dieu. Je suis donc partie.

Tout ça, c’était il y a plus de trois semaines. À présent, je n’en parle à personne, même mes amis ne le savent pas. Je préfère ne plus rien dire car je crains d’être critiquée, et à juste titre ! J’ai moi-même sévèrement blâmé quelqu’un qui s’est retrouvé dans ma situation, il y a deux ans. Comment pourrais-je demander aujourd’hui que les gens soient cléments avec moi ? S’agit-il d’un juste retour des choses ? Je n’ai que ce que je mérite ? Peut-être … Mais avant de faire de la philosophie, je vais expliquer ce qu’il m’arrive. J’ai rencontré un garçon durant les fêtes de fin d’année, il s’appelle Antoine. Il m’a tout de suite trouvée séduisante. J’étais seule et j’appréciais sa compagnie. Nous avons commencé à nous fréquenter et il m’a vite déclaré sa flamme. Au début j’étais un peu mal à l’aise face à une telle démonstration d’amour. Mais il était gentil avec moi, souriant et pas désagréable à regarder.

Ça fait maintenant trois mois que nous nous voyons régulièrement. Ça ressemble à une belle histoire d’amour qui commence. Eh bien ! non, en vérité, car je n’avais aucune fichue idée de ce que le mot Amour, avec un grand A, signifiait vraiment. Il m’a demandé de devenir sa femme. Je lui ai sans doute fait beaucoup de mal mais je n’ai pas répondu tout de suite. En fait, je suis restée trois jours sans répondre. Trois jours à réfléchir sur le fait de devenir l’épouse de quelqu’un. La femme de quelqu’un ! J’étais perdue face à cette décision cruciale, et comme toute gamine perdue, j’ai demandé à ma mère ce que je devais faire. Après ça, comme toute gamine qui cherche à être aimée… j’ai fait ce qu’on attendait de moi, et j’ai dit oui à Antoine. Je pense vraiment que je ne mesurais pas l’ampleur de cette question quand j’y ai répondu. Je sais à présent que j’ai eu tort. Ma mère accorde beaucoup trop d’importance à la situation d’Antoine. Elle est influencée par sa richesse et pour la protection qu’il peut m’offrir. Certes, il fait partie d’une famille de médecins et lui même poursuit des études afin de devenir cardiologue.

Plus je grandis, plus je trouve que ma mère a une vision étroite de la vie de couple. Elle ne s’intéresse pas aux valeurs de la personne, elle n’a rien à faire de ses rêves ou de son humanité. La seule chose qui compte, c’est la situation financière. Riche signifie épousable, pauvre signifie à éviter. C’est aussi simple que ça. Pourtant, il existe une infinité de possibilités entre les deux ! Il existe des hommes vivant modestement, honnêtes, respectueux et sincères qui pourraient faire des maris formidables. Tout comme de riches personnes peuvent tout perdre et se retrouver fauchés comme les blés… Il existe aussi des hommes gagnant peu, mais qui, au contact d’une femme, se transforment en audacieux gestionnaires pour finalement devenir de riches chefs d’entreprises. Dans ce cas-là, je trouve plus légitime d’accepter la richesse et la protection qu’un homme pourrait m’offrir, car j’aurais activement participé à sa progression sociale. Je ne serais pas une simple profiteuse. Mais pour ma mère, il n’y a que blanc ou noir. Aucun gris n’existe. A propos, je me demande bien comment elle réagirait si elle était avec un homme riche qui deviendrait ensuite pauvre, une fois marié avec elle. Est-ce qu’elle le verrait alors comme quelqu’un à éviter ? Est-ce qu’elle divorcerait ?

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Quoi qu’il en soit, même si je sais que ma mère m’a recommandé ça, en pensant bien faire, je n’adhère pas à son point de vue. Contrairement à elle, je n’ai que faire d’avoir beaucoup d’argent. Je n’ai pas besoin d’un homme qui possède dix voitures et qui m’emmène au restaurant tous les soirs. Ce dont je rêve, c’est d’une petite maison recouverte de neige isolée dans les montagnes, avec un mari qui rentre après sa journée de travail. Un mari que j’aime et que j’attendrais avec un repas chaud, dans notre foyer chauffé au feu de cheminée. Qu’il ait plaisir à regagner ce havre de bonheur dans lequel il trouverait nos enfants en train de chahuter… Un rêve simple et plein de charme, un rêve dans lequel je n’inclus pas Antoine.

Le tracas arrive quand nous avons célébré nos fiançailles. Pendant cette fête, de nombreux amis d’Antoine étaient là. Je connaissais déjà la plupart d’entre eux, mais pas tous. Parmi eux, il y avait son ami d’enfance, Patrice. Quelqu’un qui, en un simple regard m’a fait vibrer d’amour. En un seul mot il a déclenché chez moi tant de rêves et de fantasmes que soudain, je ne voulais plus qu’être avec lui. C’est là que j’ai compris ce que voulait dire « avoir des papillons dans le ventre ». C’est là que j’ai compris le véritable sens du mot « amour ». J’ai discuté avec lui, c’est un homme charmant, érudit et intelligent. Notre conversation était très enjouée. Comme il savait que je n’étais pas disponible, il avait l’air de me parler sans chercher à prouver quoi que ce soit. Et moi, comme je n’avais pas l’impression de m’adresser à un prétendant potentiel, j’étais assez décomplexée, je riais à gorge déployée, je disais des choses débiles et il riait tout autant que moi.

Finalement, nous avons passé la soirée à rire tous les deux. Comme si nous étions hors du temps, hors du monde et hors de cette malheureuse célébration de mes fiançailles ! Antoine n’a rien remarqué de la complicité que j’ai eue avec son ami. Ils se sont rencontrés à l’école primaire, puis à son adolescence, la famille de Patrice est partie vivre à Annecy. Antoine et Patrice n’ont pu continuer de se voir que pendant les vacances, mais ils n’ont jamais perdu le contact et ils sont toujours restés complices, malgré la distance. C’est pour cette raison que je n’ai fait sa connaissance que maintenant. J’aurais aimé le rencontrer avant d’être fiancée. Ça aurait simplifié les choses. Hélas, c’est maintenant que Patrice est entré dans ma vie, dans ma tête et dans mon cœur… À présent, je suis piégée ! Je dois me marier avant la fin de l’année et j’aime quelqu’un d’autre.

Je suppose que je ne mérite aucune clémence car à l’âge de dix-sept ans, j’avais un amoureux. J’étais très attachée à lui, mais il a fini par me quitter pour ma meilleure amie. Je les ai tous les deux maudits. Je les ai jugés et insultés. Je leur ai souhaité tout le malheur du monde. J’ai fini par me fâcher avec elle. Ce jour-là j’ai perdu à la fois ma meilleure amie et mon petit ami. Elle a tenté cent fois de m’expliquer que l’amour lui était tombé dessus sans qu’elle ne puisse rien faire. Elle m’avait dit qu’elle était désolée, qu’elle n’avait pas choisi de tomber amoureuse de lui, elle s’était cent fois excusée, mais jamais je ne lui ai pardonné. J’ai toujours rejeté ses arguments. Jeunesse sévère et entêtée car les arguments qu’elle m’a donnés à l’époque prennent tout leur sens aujourd’hui. À présent, j’aimerais être jugée avec plus de douceur que je n’en ai offert. Mais je suppose que c’est beaucoup demander. À propos, on dirait que saint Matthieu détenait la vérité en disant que de la façon dont vous jugez, vous serez jugés. Si seulement j’avais écouté ces sages paroles, est-ce que ma situation actuelle serait moins pénible ? J’espérais que ce problème trouve un dénouement simple. Patrice habitant loin, je pensais que je finirais par l’oublier. Même si au fond de moi, je n’en avais aucune envie. Je me disais que c’était ce qu’il y avait de plus simple et de plus probable. Mais le destin semble en avoir décidé autrement. Patrice déménage la semaine prochaine, il quitte la Haute-Savoie avec son frère, sa sœur et ses parents pour venir habiter à Lyon.

Mon cher journal, à toi je ne veux pas mentir : je suis ravie que Patrice vienne à Lyon, j’ai envie de le revoir. Mais d’un autre côté, je suis terrifiée des situations qui vont se présenter. J’imagine qu’à un moment donné, je vais devoir prendre une décision. Renoncer à l’amour ? Ou bien renoncer à mon mariage ? À la bénédiction de l’église ? À celle de ma propre mère ? À l’image de la famille ? L’amour… ou l’honneur… À chaque fois que j’ai vu quelqu’un confronté à ce choix, j’ai toujours recommandé l’amour. J’avais la prétention de croire que si je me retrouvais moi-même un jour face à ce choix, la décision serait facile à prendre. C’est faux. Maintenant que j’y suis, je trouve ça terriblement difficile. L’amour c’est l’oxygène ! L’amour est enfant de bohème ! C’est loin d’être aussi facile.

Pour en revenir à ma situation actuelle, depuis que j’ai rencontré Patrice, j’ai beaucoup de mal à être proche d’Antoine, je le délaisse complètement. Comme il sent que je lui échappe, il se transforme en mari idéal. Il l’était déjà mais disons qu’il va encore plus loin et encore plus vite. Il s’occupe des préparatifs du mariage avec ses parents, il m’offre des fleurs, il veut me présenter toute sa famille pendant que moi, je fais tout pour l’éviter. Moi qui rêvais de me marier dans une belle robe blanche avec un mari gentil qui m’aime… Aujourd’hui ce rêve est accessible, et je n’en veux plus. Je me sens affreuse. Suis-je devenue un monstre ?

En commençant ce chapitre, je parlais du fait qu’écrire un journal intime me permettrait de trouver des réponses.

Je n’en ai trouvé aucune.

***

Et voilà, fin de la scène 1 ! J’espère qu’elle vous aura plu et qu’elle vous donne envie de lire la suite. Le roman entier fera 170 pages découpées en 42 scènes.

Comment cette histoire se finira-t-elle d’après vous ? Rendez-vous fin octobre pour la sortie en librairie !

Vous pensez pouvoir deviner la fin ? Je vous souhaite bien du courage ! N’hésitez pas à donner votre avis. Je suis curieux de connaître vos pronostiques !

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